Homme préhistorique

Cheddar Man: le premier Anglais était noir

Cheddar Man avait la peau noir et les yeux bleus selon les examens ADN. - ©Justin Tallis/AFP

Des analyses ADN ont permis de démontrer que le plus ancien squelette découvert en Grande-Bretagne est celui d'un homme à la peau sombre voire noire. "Cheddar Man" est vieux de 10.000 ans et donne donc de nouveaux indices sur l'aspect des hommes préhistoriques et sur le voyage de nos ancêtres depuis l'Afrique.

Il s'appelle Cheddar Man, vivait en Grande-Bretagne il y a environ 10.000 ans, et il avait la peau "sombre voire noire". Un changement radical, révélé par la presse britannique ce mercredi 7, pour cet homme préhistorique, le plus ancien habitant de l'île jamais découvert et qui pendant plus d'un siècle a été présenté comme blanc.

Mais les progrès de la science ont permis de découvrir la vérité à propos de l'aspect de cet ancêtre dont les restes avaient été découverts en 1903 dans les gorges de Cheddar, au sud de Bristol. Les scientifiques ont en effet pu trouver un échantillon d'ADN bien conservé en forant un minuscule trou dans l'os temporal du squelette.

Son analyse a confirmé que Cheddar Man avait la peau foncée voire noire, des cheveux également foncés et frisés ainsi que des yeux bleus. Une description qui donne de nouvelles pistes de réflexions aux scientifiques, notamment sur les circonstances de la colonisation de la Bretagne par l'homme.

La région a en effet été inhospitalière, trop froide pour nos ancêtres jusqu'à environ 10.000 ans avant notre ère. A l'époque, il éait possible de s'y rendre à pieds secs depuis le Danemark, les Pays-Bas ou la Belgique et certaines tribus ont donc pu s'y établir, peut-être temporairement avant de repartir vers le Sud. Il est donc difficile de définir quelle population est à l'origine des peuples bretons.

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La couleur de peau de Cheddar Man dresse en tout cas le portrait d'un homme dont les origines se trouvent en Afrique et passé par le Moyen-Orient pour enfin atteindre la Bretagne. Une information précieuse alors que le parcours des premiers hommes depuis le "berceau de l'humanité" comporte encore des zones d'ombres.

Son aspect semble également prouver que les gènes de la peau blanche sont apparus chez les populations européennes plus tard que ce qui était jusque là supposé, mais aussi que la couleur de la peau n'était à l'époque pas forcément représentative des origines géographiques. La représentation populaire d'hommes préhistoriques présentant des traits liés au pays où ont été découvert les ossements semble donc à revoir.


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