Revers

Protection des données: les internautes fuient Facebook

Facebook paye de plein fouet le scandale Cambridge analytica et perd des utilisateurs. - © Lionel BONAVENTURE / AFP/Archives

Facebook est dans la tourmente depuis la révélation du scandale Cambridge analytica. Selon une étude américaine, le réseau social de Mark Zuckerberg perdrait même massivement des utilisateurs aux Etats-Unis.

L'hégémonique Facebook verrait-il son modèle fragilisé? Une étude américaine conclut en effet que le réseau social paye de plein fouet les scandales récents sur son système de collecte des données personnelles ainsi que leur utilisation par des entreprises tierces, par exemple Cambridge analytica pour la campagne présidentielle de Donald Trump. Ainsi, plus d'un américain sur quatre aurait purement et simplement supprimé l'application Facebook de son smartphone au cours de l'année écoulée.

Cette étude* publiée mercredi 5 par le Pew Research Center (à consulter ici) avance que 74% des sondés utilisateurs du réseau social de Mark Zuckerberg auraient, au cours de l'année écoulé, pris des mesures pour mieux protéger leurs données personnelles.

Lire: Après le scandale Facebook, Cambridge Analytica se saborde

Dans le détail, 54% auraient modifié leurs paramètres de confidentialité pour les rendre plus restrictifs; 42% auraient fait "un break" dans leur utilisation de Facebook et 26% seraient allés jusqu'à supprimer l'application de leur téléphone portable. Certains, dont la part n'est pas précisée, ont même pris plusieurs de ces actions.

Surtout, l'hémorragie touche plus particulièrement les jeunes. En ce qui concerne la décision radicale de supprimer l'application Facebook, la part de répondants âgés de 18 à 29 ans explose ainsi pour atteindre 44%, contre tout juste 12% pour les utilisateurs âgés de 65 ans et plus.

Un problème de taille pour l'entreprise de Mark Zuckerberg car cette population est à la fois la mieux monétisable, notamment car elle est très connectée, mais aussi celle qui doit en priorité être fidélisée pour assoir le modèle économique dans la durée. L'appétence des jeunes pour les réseaux sociaux pourrait également les mener à fuir vers la concurrence, alors que Facebook (qui a pourtant racheté Instagram et WhatsApp) est menacé par Snapchat notamment.

Si les courbes ne s'inversent pas, le réseau social au petit fantôme, basé sur l'échange de messages vendus comme "éphémères", devrait ainsi dépasser le désormais antique Facebook dès 2019...

*Etude menée du 29 mai au 11 juin 2018 sur un panel de 4.594 répondants, marge d'erreur estimée à plus ou moins 2,4 points de pourcentage.

Lire aussi:

Cambridge Analytica a accédé aux données de 87 millions d'utilisateurs

Accusés de partialité, Twitter, Google et Facebook dans le collimateur de la justice américaine

Snapchat perd 3 millions d'abonnés (et beaucoup d'argent)


Voir la version optimisée mobile de cet article