» S'identifier
Mercredi 22 février, 22:01
Accueil > Actualité > Faits divers > Contre la lenteur judiciaire, Gilbert Collard attaque l’Etat

Contre la lenteur judiciaire, Gilbert Collard attaque l’Etat

Faits divers

Publié le 30 décembre 2010 à 09h25
Mis à jour le 30 décembre 2010 à 09h29

Avocat d’un homme condamné deux fois pour un crime qu’il nie avoir commis, Me Gilbert Collard veut faire réviser ce jugement. Un an après la demande, le dossier n’est toujours pas arrivé à Paris.

24 février 2000, en début d’après-midi. Au premier étage du 8, boulevard Philippon, dans le IVe arrondissement de Marseille, gît un homme. Mort, le crâne fracassé par 22 coups, touché mortellement d’un coup de couteau à la poitrine. C’est Philippe Polge, un ingénieur en informatique de 53 ans. Non loin de lui, un chandelier brisé en deux, ne portant pas d’empreintes. Sur le balcon attenant, un homme de 37 ans interpelle les voisins à la cantonade pour qu’ils appellent les secours. Lui, c’est Patrice Claustre, l’« ami » de Philippe, chez qui vit ce dernier en échange de menus services : le ménage, la cuisine, nourrir la tortue. Ensemble, ils vivent au second étage de la maison, tandis que la sœur de Philippe habite au premier, là où Philippe a été tué.

Très rapidement, les enquêteurs tiennent un suspect qu’ils ne lâcheront plus : Patrice Claustre. Malgré l’absence de preuve, la théorie de l’accusation repose sur deux éléments : d’une part, le témoignage de Stéphane B., un jeune prostitué – qui n’est jamais venu s’expliquer devant les assises – que Patrice aurait surpris avec Philippe quelques minutes avant le meurtre, et les expertises psychologiques et psychiatriques de Patrice Claustre. Aux assises des Bouches-du-Rhône en juin 2006, Patrice est condamné à douze ans de réclusion. Une peine confirmée en appel, un an plus tard.

Des cris d’innocence et l’« indifférence » de la justice

Mais entre-temps, Gilbert Collard, l’avocat de Patrice, a poursuivi ses recherches, confiant à l’écrivain et journaliste Yves Hilmann le soin d’enquêter. Celui-ci, à la lecture du dossier, y découvre « des énormités » : « Par exemple, l’enquête de voisinage des policiers tient sur une page… » Lui retrouve une femme, Magali F., une habitante d’Ile-de-France en visite le jour du meurtre chez une parente. Elle déclare avoir vu, à l’heure des faits, un jeune homme s’enfuir, un sac de sport à la main, par l’arrière de l’immeuble. Avec ce témoignage, le défenseur de Patrice tient la clé d’un éventuel nouveau procès en révision. Le 26 novembre 2009, il dépose une requête faisant état de cet « élément nouveau » – indispensable à l’ouverture d’une nouvelle procédure. Un an après, cherchant à savoir où en était l’examen de ce recours, il se voit répondre par la chambre de révision des condamnations pénales que « nous sommes toujours en attente du dossier d’assises ».

Il y a quelques jours, l’avocat marseillais a assigné l’Etat, représenté par l’agent judiciaire du Trésor, en justice. « C’est un scandale, s’indigne Gilbert Collard, on a un type qui se dit innocent et on met un an pour transmettre le dossier de Draguignan à Paris ; ça dit toute l’indifférence de la justice… Dans quel pays de droit est-on ? » L’Etat, dans cette procédure civile, ne risque qu’une amende « symbolique ». Pendant que Patrice Claustre, s’il se révélait innocent, croupit en prison, inaudible malgré ses cris.



Par F. D.
C'est sur France Soir !
 

Réactions à cet article4 commentaires

  • Simeléonte, le 30 déc à 16:51

    Simeléonte
    Heureusement......

    Heureusement qu'il existe des avocats de qualité pour défendre les pauvres justiciables .........



  • Marie-France GUILLOTON91, le 30 déc à 18:29

    Marie-France GUILLOTON91
    Cet Avocat a un Humour Certain.

    Cet avocat a un humour certain de se plaindre des lenteurs de la Justice.

    Lui qui démissionne de ses dossiers après avoir encaissé de confortables honoraires, délaisse et abandonne les clients.

    COMMENT a-t-il ENCORE le droit d'exercer.

    HONTE à cet HOMME sans moralité ni courage qui déleste de leurs économies de " pauvres justiciables".

    Comment aussi peut-il exercer sur RMC, alors qu'il avait porté plainte contre eux et Monsieur Bernard TAPIE, courte mémoire, il avait retiré cette plainte au décès de mon Papa.


    Marie-France GUILLOTON.



  • Anonyme2, le 30 déc à 20:25

    Anonyme2
    "avocat"

    En argot dans le milieu (qui nous entoure de plus en plus), on appelle cela un:

    "MENTEUR". C'est son travail...

    Je dirais , a 75% des" malhonnetes legaux", bien assistes en cela

    par un bataillon de jugeaillons et de jugeaillonnes laxistes,

    le tout enveloppe et rendu inintelligible par le jargon de leur

    caste, un" mur" pour le citoyen lambda, permettant d'arranger

    chaque (juteuse) affaire a leur sauce.

    Et le temps travaille pour eux...

    Je n'en n'ai jamais vu dans le besoin...Ni responsable....

    Et ils se permettent d'arborer des decorations, que moi, je n'ai

    pas gagne dans les bureaux ou les trafics d'influence...

    Certaines se cachent sous le voile...

    D'autres sous la "robe".



  • Anonyme, le 31 déc à 07:19

    Anonyme
    l'accusation

    il en faut peu pour etre accusé , une fois dedans faut attendre la lenteur des juges , puis l'été sans justice , et les mois passent a attendre ainsi .



Réagissez à cet article

Réagissez avec votre compte Francesoir.fr :

* Champs obligatoires
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR


PureShopping

Plus d’articles


Dernières vidéos

Génération Hollande

» Voir toutes les vidéos
France-Soir sur Facebook

Les membres les plus actifs