Crise du lait: Lactalis cède face à la pression des producteurs

Crise du lait: Lactalis cède face à la pression des producteurs

Publié le :

Mardi 30 Août 2016 - 20:32

Mise à jour :

Mardi 30 Août 2016 - 20:32
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Après la mobilisation nationale lancée contre les sites de Lactalis et ses marques dans les grandes surfaces, les producteurs ont réussi à faire plier le géant laitier. Ce mardi, "nous avons réussi à trouver un point d'accord avec l'entreprise sur une rémunération de producteur de lait d'ici à la fin de l'année qui est de 290 euros en moyenne les 1.000 litres", a annoncé le vice-président de l'Organisation de producteurs Normandie Centre et président de la FDSEA de la Manche.

Un accord sur le prix du lait, contesté par les syndicats minoritaires, a été trouvé ce mardi 30 entre Lactalis et les organisations de producteurs qui ont fait céder le géant laitier après une mobilisation nationale lancée lundi 29 contre ses sites de production et ses marques dans les grandes surfaces. "Nous avons réussi à trouver un point d'accord avec l'entreprise sur une rémunération de producteur de lait d'ici à la fin de l'année qui est de 290 euros en moyenne les 1.000 litres", a déclaré mardi 30 à la fin de la réunion de négociation Sébastien Amand, vice-président de l'Organisation de producteurs Normandie Centre et président de la FDSEA de la Manche, qui participait aux discussions. Le prix d'achat de Lactalis était de 256,90 euros en juillet, l'un des prix les plus bas du marché. Après accord, le prix du lait pour août sera de 280 euros la tonne et augmentera de 5 euros tous les mois pour parvenir à 300 euros en décembre. La moyenne annuelle 2016 sera d'environ 275 euros.

M. Amand a précisé que l'accord prévoyait aussi l'arrêt des actions menées depuis lundi par les syndicats agricoles contre les sites et la marque Lactalis dans les grandes enseignes. La FNSEA a ainsi appelé peu avant 14h00 ses militants à cesser les actions. La Confédération Paysanne (CP) et la Coordination Rurale (CR), deux syndicats qui représentent à eux deux près de 40% des voix aux élections aux chambres d'agriculture et n'étaient pas conviés aux discussions, dénoncent cet accord. Pour la CP, il "dissimule mal le gigantesque plan de licenciement en cours" dans les campagnes, et, pour la CR, il "condamne les exploitations les plus fragiles à cesser leur activité".

Cet accord "n’est pas forcément suffisant pour nous. Toutefois, il permet de ramener Lactalis au niveau des autres opérateurs sur le marché du lait" et "va dans le bon sens", a commenté pour sa part Damien Cantaloube, président des producteurs de lait du Tarn et Garonne. Le Premier ministre Manuel Valls a salué sur Twitter cette "sortie de crise positive pour le secteur laitier". "Après, il faut continuer à faire en sorte qu'on redresse le marché qui s'est beaucoup dégradé et qui fait que les prix pour les producteurs sont trop bas pour assurer la pérennité des exploitations", a expliqué le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll à l'AFP.

Pour Philippe Jéhan, le patron de la FDSEA de la Mayenne qui a été à la pointe de la mobilisation, "c'est un accord équilibré qui tient compte de la conjoncture". "Bien sûr, on est toujours en crise à 280/290 euros, ça ne suffit pas à renflouer nos trésoreries. Néanmoins, la perspective d'avoir 300 euros à la fin de l'année permet de donner de meilleurs signes pour janvier", a-t-il considéré. Présent devant la préfecture de Laval quand l'accord a été annoncé, Alain, un producteur mayennais installé depuis 36 ans, s'est dit "plutôt content mais il y a encore du chemin à faire".

L'Organisation des producteurs de lait Lactalis du Grand ouest (OPLGO), qui réclamait une plus forte augmentation du prix, a considéré pour sa part que cet accord est au final "peu glorieux", évoquant une moyenne annuelle de 271 euros "selon les déclinaisons régionales". Mais selon Michel Nalet, porte-parole de Lactalis, "le prix du lait négocié par le groupe Lactalis pour les prochains mois est largement supérieur à son environnement économique et à ses principaux concurrents coopératifs, dont la répartition d'activités est proche de la nôtre".

Les producteurs avaient multiplié depuis lundi les actions de blocage des sites Lactalis et les opérations de sensibilisation des consommateurs sur tout le territoire national. Cette mobilisation intervenait après le blocage la semaine dernière du site de production du géant du lait à Laval. Parallèlement à cet accord, le ministre de l'Agriculture doit présenter mardi aux professionnels du secteur laitier le plan de régulation de la production française demandé par la Commission européenne en juillet, en contrepartie de nouvelles aides financières.

 

 

Cet accord va "dans le bon sens", ont admis les syndicats.

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