États-Unis - Les amateurs de roquefort sont soulagés
Les deux parties sont revenues in extremis sur une taxe d’importation touchant le roquefort à destination des Etats-Unis qui allait atteindre les 300 % samedi 9 mai. Propriétaire d’une fromagerie à Los Angeles, Norbert Wabnig se dit à la fois soulagé mais peu surpris : « Je me doutais qu’ils ne passeraient pas la hausse. » Derrière son étal de plusieurs centaines de variétés de fromages, le quinquagénaire soutient qu’« avec cette nouvelle ère de réconciliation entre les Etats-Unis et l’Europe la mesure n’avait aucun sens ». Même son de cloche dans la brasserie chic Joan’s on Third, à quelques pas de là. Joan McNamara se dit rassurée de ne pas avoir à tripler le prix de vente du roquefort L’Aigle Noir, qu’elle vend déjà pour quelque 40 dollars (environ 30 euros) la livre.
Une demande en hausse
Et pourtant, l’annonce de la taxe avait suscité une curiosité aux Etats-Unis, dynamisant les ventes de roquefort jusque-là réservées à un cercle restreint d’amateurs. « La demande a beaucoup augmenté ces derniers mois car les détaillants ont fait savoir à leurs clients que le produit allait bientôt coûter beaucoup plus cher », indique Steve Grandjean, de Gourmet Imports. Cet importateur de produits fins dans la banlieue de Los Angeles avait, comme d’autres revendeurs, fait des stocks de roquefort afin de se préparer à la hausse. Steve Grandjean se réjouit de l’accord passé entre Bruxelles et Washington, mais ajoute qu’il n’aurait pas cessé d’importer le roquefort même si la taxe était passée. Un point de vue que ne partage pas Conny Andersson, chef cuisinier dans un restaurant branché.
La hausse du roquefort aurait tout simplement eu pour conséquence de doubler le prix de certains plats composés du précieux bleu français. Idem pour Joan McNamara qui confie que la taxe de 300 % l’aurait forcée à retirer le fromage au lait cru de ses rayons. De leur côté, les producteurs de roquefort sont rassurés, mais ne crient pas victoire : « Les Etats-Unis maintiennent une taxation à 100 % sur une liste de produits européens dans laquelle figure toujours le roquefort », nuance Gérard Casemajor, de Roquefort Société.
© Joan McNamara, propriétaire de la brasserie Joan's on Third, pourra toujours proposer du roquefort à un prix raisonnable. Photo France USA Media/Cécile Gregoriades
France Soir
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