Critique – "Asako I&II": l'amour en double (vidéo)

Critique – "Asako I&II": l'amour en double (vidéo)

Publié le :

Lundi 31 Décembre 2018 - 09:30

Mise à jour :

Mercredi 02 Janvier 2019 - 11:24
©Art House
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Jean-Michel Comte

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CRITIQUE – Après une rupture sentimentale à Osaka, une jeune Japonaise part pour Tokyo et, deux ans plus tard, tombe amoureuse du sosie de son premier amour: c'est l'histoire originale du film "Asako I&II", qui sort ce mercredi.

SORTIE CINÉ – Asako I&II: le titre explique que c'est une double histoire d'amour. Subtil et délicat, ce film du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, sort ce mercredi 2 sur les écrans français.

Asako, étudiante d'Osaka sage et réservée, rencontre un beau jeune homme, Baku, lors d'une exposition de photos. Tous les deux ont une vingtaine d'années, c'est le coup de foudre immédiat. Mais au bout de six mois, Baku disparaît sans laisser de nouvelles.

Deux ans plus tard, Asako, qui tente de se remettre de son chagrin d'amour, s'est installée à Tokyo où elle travaille dans un café. Un jour, elle croise dans un bureau, en face de son café, un jeune homme qui est le sosie parfait de Baku. Il s'appelle Ryôhei et, bientôt, lui déclare son amour.

Sans lui raconter son premier amour, Asako se met en ménage avec Ryôhei. Sans se douter qu'une surprise va secouer, un jour, cette nouvelle vie…

Inconnu en France, le réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi raconte avec une jolie sensibilité cette histoire à la fois sentimentale et énigmatique, simple mais originale, jouant de l'ambiguïté propre au cinéma asiatique, alternant ton mélancolique et moments plus joyeux.

Il s'intéresse ici aux mystères de l'âme humaine et aux tourments amoureux, à un âge de la vie où l'on se cherche: les deux acteurs, Erika Karata (Asako) et Masahiro Higashide (Baku/Ryôhei), sont solides et d'une grande finesse, contribuant à ce qu'on s'intéresse vraiment aux personnages.

On se demande à un moment ce que veut vraiment Asako, confrontée à un amour en deux épisodes. Et l'on s'interroge sur les personnalités différentes des sosies Baku et Ryôhei: le premier est un esprit libre et indépendant mais qui garde les choses pour lui et reste mystérieux, tandis que le second est plus conventionnel et plus ouvert, plus proche de l’idée qu’on peut se faire de "l’homme japonais", explique le réalisateur.

Le film est un peu longuet et la narration, dans la seconde moitié, subit une nette baisse de rythme. Mais le suspense sentimental dure jusqu'au bout –et fait qu'on se demande comment cela va finir et si l'on connaîtra le fin mot de l'histoire…

Asako (Erika Karata) est amoureuse de Baku puis de son sosie Ryôhei (Masahiro Higashide)


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