"Dheepan": la Palme d'or, d'amour et de violence de Jacques Audiard (VIDEO)

Sur les écrans ce 26 août

"Dheepan": la Palme d'or, d'amour et de violence de Jacques Audiard (VIDEO)

Publié le :

Mardi 25 Août 2015 - 11:39

Mise à jour :

Mardi 25 Août 2015 - 16:28
"Dheepan", le film de Jacques Audiard qui a obtenu la Palme d'or au dernier Festival de Cannes, sort sur les écrans ce mercredi 26 août. Il raconte la vie d'une famille de Sri-Lankais qui entament une nouvelle vie en France.
©Yves Herman/Reuters
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Jean-Michel Comte

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Une histoire de guerre, une histoire d'amour, une histoire sociale, une histoire familiale: Dheepan, le dernier film de Jacques Audiard, mélange des genres différents pour faire naître une émotion et une humanité qui lui ont valu la Palme d'or au dernier Festival de Cannes.

Ça commence par des images qu'on voit tous les deux jours sur les chaînes d'info en continu: des migrants embarquent dans un bateau pour aller se réfugier en France. Ce sont des Sri-Lankais, qui fuient la guerre civile et la misère économique de leur pays.

Dheepan est un guerrier tamoul, un Tigre qui s'est battu pendant des années pour l’indépendance mais qui a décidé d'arrêter de combattre après avoir perdu femme et enfants. On lui trouve un faux passeport, et surtout une femme et une enfant de 9 ans: aucun des trois ne connaît les deux autres, mais ils se font passer pour une famille, pour obtenir l'asile politique.

En France, on leur trouve un appartement dans une banlieue de Paris, et pour Dheepan un emploi de gardien de l'immeuble où ils habitent. La fillette va à l'école, la femme trouve du travail comme femme de ménage, tous trois s'adaptent à leur nouvelle vie, apprennent le français.

Mais la banlieue dans laquelle ils vivent est une zone de non-droit, où les voyous blacks-blancs-beurs et trafiquants de drogue font régner la terreur. Quand Dheepan va sentir sa "famille" et sa nouvelle vie menacées, il ne va pas rester sans réagir, lui l'ancien guerrier qui en a vu d'autres…

La fin du film n'a pas plu à tout le monde, à Cannes, mais le film n'est pas qu'un film social, avec évocation de la guerre au Sri-Lanka et description de la vie d'immigrés dans une banlieue difficile de la région parisienne. C'est aussi une histoire d'amour et de solidarité entre les trois membres de cette famille qui n'en est pas une mais va le devenir, au fil des jours.

Jacques Audiard et ses coscénaristes n'y ont pas pensé tout de suite: "Je crois qu'au tout début du projet nous n'étions pas du tout conscient de cet objectif: former un couple, une famille. C'est pourtant quelque chose qui m'est apparu très clairement en cours de route et que le tournage n'a cessé de renforcer. Ce sont des personnages qui ne s'aiment pas. Et qui ne s'aiment pas sur une base très claire: lui était guerrier et elle était civile. Le guerrier révolté a le plus grand mépris pour la civile".

Le film a été tourné dans la banlieue de La Coudraie à Poissy (Yvelines), et Jacques Audiard a fait appel à des acteurs tamouls non professionnels, notamment Antonythasan Jesuthasan pour le rôle de Dheepan –qui est aujourd'hui écrivain après avoir été enfant-soldat à l'âge de 16 ans dans son pays puis a multiplié les petits boulots après son exil en France (employé de supermarché, cuisinier, homme de ménage, groom dans un hôtel d’Eurodisney).

Ce film fort et poignant a donc valu à Jacques Audiard la Palme d'or qu'il avait convoitée à deux reprises à Cannes. En la recevant en mai dernier, il a eu ce petit mot d'humour: "Je souhaiterais remercier Michael Haneke de ne pas avoir tourné cette année". Le réalisateur autrichien avait obtenu la Palme en 2009 (pour Le ruban blanc), année où Audiard avait présenté Un prophète, et une nouvelle fois en 2012 (pour Amour), année où De rouille et d'os était aussi en compétition.

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

 

Jacques Audiard entouré de ses acteurs, en mai dernier à Cannes.

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