Critique- "Frères ennemis": flic et voyou (vidéo)

Critique- "Frères ennemis": flic et voyou (vidéo)

Publié le :

Mardi 02 Octobre 2018 - 08:29

Mise à jour :

Mercredi 03 Octobre 2018 - 11:44
©David Koskas/One World Films/Bac Films
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Jean-Michel Comte

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CRITIQUE – Reda Kateb et Matthias Schoenaerts étaient amis lors de leur jeunesse passée en banlieue parisienne. Mais l'un est devenu policier et l'autre trafiquant de drogue dans le film "Frères ennemis", qui sort ce mercredi.

SORTIE CINÉ – Ils ont grandi ensemble chez les voyous de banlieue parisienne, mais l'un est devenu flic alors que l'autre est trafiquant de drogue. Ils sont les deux personnages principaux de Frères ennemis, film policier du réalisateur David Oelhoffen qui sort sur les écrans ce mercredi 3 octobre.

Driss (Reda Kateb), Manuel (Matthias Schoenaerts) et Imrane (Adel Bencherif) étaient inséparables quand ils étaient jeunes, originaires de la même cité. Mais Driss a quitté ce milieu pour s'engager dans la police et a fait carrière à la Brigade des stupéfiants, car il connaît bien les bandes de dealers. Manuel et Imrane, eux, sont restés dans la cité et prospèrent dans le trafic de drogue.

Ce que tout le monde ignore, c'est qu'Imrane est un indic de Driss, qui en échange le protège. Alors, quand Imrane est abattu par une bande rivale, Driss cherche non seulement à trouver les coupables mais aussi à le venger.

Manuel, lui, est coincé entre deux feux. Dans la cité, les rumeurs de la communauté d'origine maghrébine –qu'il a toujours fréquentée mais dont il ne fait pas partie– le rendent responsable de la mort d'Imrane. Et il a à ses trousses la Brigade des stup et la Brigade criminelle. Driss lui propose son aide, mais il n'en veut pas et préfère se cacher…

Ce polar chez les dealers beurs de banlieue est le troisième film du réalisateur David Oelhoffen après Nos retrouvailles (2007, avec Jacques Gamblin) et Loin des hommes (2014, avec Viggo Mortensen et Reda Kateb).

Dans ce film, explique-t-il, "les personnages ont à lutter contre le groupe qui est censé les définir, leur donner une identité. Le policier est en confrontation avec la sienne. Il a rejeté ses origines maghrébines et banlieusardes. Le voyou est un personnage quasiment jumeau puisque c’est quelqu’un qui a trouvé son identité dans une famille qui n’est pas la sienne. J’aime traiter de cette tension entre la liberté individuelle et les cercles auxquels on appartient: familiaux, amoureux, sociaux, politiques".

Même si l'idée de départ est assez simpliste et pas nouvelle (le flic confronté à ses amis d'enfance devenus voyous), il y a un beau suspense tout au long de l'histoire, ainsi qu'une intéressante description de ces milieux de trafiquants de drogue qui tissent leur toile familiale dans les cités de banlieue, imposant leur loi par la violence et l'intimidation.

Les dealers, semble expliquer le réalisateur, sont des hommes comme les autres, avec famille, parents, enfants, femmes et sens de l'amitié et de la communauté. Driss a une fille adolescente, Manuel a un jeune fils, Imrane avait un fils et une fille. On a cependant du mal à s'apitoyer sur sa mort et le chagrin de sa famille, sur fond de musique sirupeuse. Et les femmes, dans l'histoire, sont réduites aux rôles d'épouses ou de mères.

Dans ce monde très masculin, Manuel porte tout le suspense sur ses épaules et est interprété avec force par Matthias Schoenaerts, révélé par De rouille et d'os avec Marion Cotillard (2012) et vu plus récemment dans Red Sparrow (2018) avec Jennifer Lawrence. Mais c'est le personnage de Manuel, écartelé entre passé et présent, qui est le plus intéressant et son interprète, Reda Kateb, est au-dessus du lot, bien plus convaincant que dans son précédent rôle dans Django l'an dernier.

Lire les critiques:

Django: Reinhardt, le guitariste de jazz aux doigts d'or

Red Sparrow: Jennifer Lawrence, l'espionne rouge

Driss (Reda Kateb) a grandi parmi les voyous de la cité mais est devenu policier à la Brigade des stupéfiants.

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