"Gloria Bell": Julianne Moore combat la solitude et la vieillesse (vidéo)

"Gloria Bell": Julianne Moore combat la solitude et la vieillesse (vidéo)

Publié le :

Lundi 29 Avril 2019 - 11:09

Mise à jour :

Mardi 30 Avril 2019 - 10:53
©Mars Distribution
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Jean-Michel Comte

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CRITIQUE – Dans "Gloria Bell", qui sort ce mercredi sur les écrans, Julianne Moore interprète une quinquagénaire divorcée qui ne se résout pas à la solitude et décide de refaire sa vie.

SORTIE CINÉ – Julianne Moore assume son âge (58 ans) et, en femme forte, combat la solitude et les années qui passent dans le film Gloria Bell, qui sort ce mercredi 1er mai dans les salles.

Gloria, divorcée depuis 12 ans, vit seule, sans chat, travaille dans une compagnie d'assurances et s'inquiète pour sa retraite. Elle participe régulièrement aux séances de yoga collectives que donne sa fille, amoureuse d'un surfeur suédois, et voit de temps en temps son fils, qui élève seul son bébé car sa femme vient de le quitter. Gloria n'est pas déprimée, elle chantonne en conduisant ou en lavant ses soutiens-gorge dans le lavabo, et pour tromper l'ennui elle fréquente les soirées dansantes pour célibataires quinquagénaires et plus.

"Parfois j'ai la pêche, parfois non", dit-elle à Arnold (John Turturro), un homme de son âge qu'elle rencontre dans une de ces soirées. "Comme tout le monde", lui répond-il. Ancien Marine qui possède un parc d'attractions pour adeptes du paintball, il est divorcé depuis un an mais s'occupe de ses filles de 27 et 31 ans qui accaparent beaucoup de son temps et de son énergie. Il est gentil et prévenant, lui aussi souffre de la solitude, il ne tarde pas à déclarer sa flamme à Gloria. Qui se jette dans cette passion avec l'espoir de refaire sa vie et de s'épanouir complètement…

Ce 7e film du réalisateur chilien Sebastián Lelio, 45 ans, est le remake américain de son 4e film Gloria (voir ici la bande-annonce), tourné en espagnol avec des acteurs chiliens en 2013 et qui racontait la même histoire. Depuis, le réalisateur a remporté en 2017 l'Oscar du meilleur film étranger pour Une femme fantastique (histoire d'une jeune serveuse transgenre qui veut devenir chanteuse), ce qui lui a ouvert les portes d'Hollywood pour son film suivant, Désobéissance (avec Rachel Weisz et Rachel McAdams).

"J’ai bien entendu tourné Gloria sans me douter que j’allais en réaliser une nouvelle version cinq ans plus tard", explique-t-il. "Avec le recul, j’ai aujourd’hui l’impression qu’en 2013, Gloria était un peu en avance sur son temps et qu’il préfigurait, en quelque sorte, la place centrale des femmes dans notre société. Et j’ai le sentiment que cette nouvelle version est totalement ancrée dans son époque parce que nous avons eu cinq ans de débats et que l’aspiration des femmes d’un certain âge à être entendues, vues et respectées –et leur revendication à jouir de la vie– a soudain un caractère d’urgence".

Ce film doux-amer, qui tire un peu en longueur mais s'intéresse à ses personnages, même secondaires, est un beau portrait de femme forte qui doit beaucoup à son actrice principale Julianne Moore, Oscar 2015 de la meilleure actrice pour son rôle de mère de famille souffrant d'Alzheimer dans le film Still Alice. Elle se montre forte et indépendante sans vouloir cacher ses moments de faiblesse et de déprime, n'a pas peur des scènes de nudité, aime danser sur les tubes disco Boogie Wonderland, September ou Never Can Say Goodbye. Et bien sûr la reprise par Laura Branigan (à écouter ici) de Gloria, le tube d'Umberto Tozzi de 1979.

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"Je dirais que Gloria Bell est l’histoire d’une femme d’un certain âge en quête de sens ou d’amour en dehors d’elle et qui, à la fin de son périple, est prête à fouiller en elle-même", dit le réalisateur. "Du coup, au début, on la voit danser en observant les hommes autour d’elle, et à la fin, elle danse dans un tout autre lieu, seule. Cette évolution résume la simplicité et la complexité de sa trajectoire". Gloria Bell décide de vivre l'instant présent car, comme le lui dit sa mère à un moment du film, "la vie passe comme un éclair".

En matière de séduction -comme ici Juliane Moore-, c'est fou ce que certains quinquas génèrent.

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