"Jeunesse sauvage": petits délinquants sétois (vidéo)

"Jeunesse sauvage": petits délinquants sétois (vidéo)

Publié le 19/06/2020 à 07:34 - Mise à jour à 09:33
©Fratel Films
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Auteur(s): FranceSoir

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SORTIE CINÉ – Cela ressemble parfois à un documentaire mais c'est une fiction avec suspense et rebondissements: le film Jeunesse sauvage, qui sort sur les écrans ce lundi 22 juin, décrit une petite bande de délinquants à Sète.

Ils sont sept, vivent de vols à l'arraché, de braquages de camions, de revente de voitures volées, de petite délinquance dans la ville et ses environs. Leur chef est Raphaël, gueule d'ange et expérience de la rue, que toute la bande écoute et respecte.

Baston facile

Raphaël a la baston facile mais c'est un garçon sensible. Il vit en colocation avec une copine et d'autres adolescents "normaux" (pas des délinquants comme lui), ce qui lui apporte un certain équilibre. Surtout, il s'occupe de son père, veuf et SDF, ancien docker au chômage, au mental instable et qui traîne sur le port: il l'invite au restaurant, lui coupe les cheveux et la barbe, lui paye une douche, lui achète ses médicaments et essaye même de lui retrouver du travail.

Des voleurs, pas des criminels

Le receleur de voitures volées incite Raphaël à faire de plus gros coups, par exemple des vols importants sur les docks. Mais c'est dangereux, le jeune homme ne veut pas entraîner sa bande sur les chemins de la grande délinquance et toucher aux armes. Ce sont des voleurs, pas des criminels. Mais Kevin, le fidèle bras droit de Raphaël, n'est pas d'accord et conteste son autorité…

C'est le premier long-métrage du réalisateur Frédéric Carpentier, qui connaît son sujet: Il a été scénariste, a réalisé des courts-métrages et un téléfilm, mais surtout a animé des ateliers de cinéma dans les banlieues et quartiers difficiles et a rencontré beaucoup de ces petits délinquants. Son film, dit-il, "est nourri d’un important travail d’enquête qui lui donne son ancrage dans cette réalité que vivent certains jeunes de nos sociétés contemporaines".

Naturaliste mais pas documentaire

Mais, même si la réalisation est très naturaliste, le film ne cherche pas à ressembler à un documentaire: "Je tenais à m'approcher le plus possible de cette réalité. Garder la même distance qu’un documentaire, tout en insufflant l’esprit de la fiction et ses ressorts dramatiques. Je voulais atteindre un équilibre entre ce réalisme et une construction narrative que je souhaitais proche de la tragédie grecque", explique le réalisateur.

"Ce choix m'a permis d'éviter une forme de complaisance ou de voyeurisme de la violence. Je ne suis pas fasciné par la violence. Je suis fasciné par ces jeunes, à la fois capables de violences comme de comportement plus doux, plus mesurés. Ils incarnent les contradictions de notre époque".

Relations amoureuses et filiation

Les petits délinquants sont effectivement violents et ont un vocabulaire de voyous, mais dans cette histoire il est aussi question de relations amoureuses entre Raphaël et sa copine, et surtout de filiation au travers des rapports, compliqués et émouvants, avec son père.

Dans ce film âpre et rythmé il y a aussi pas mal de suspense, sur la fin, et un bel équilibre entre le jeu des jeunes acteurs amateurs (dont les deux qui interprètent à la perfection les personnages de Raphaël et Kevin: Pablo Cobo et Darren Muselet) et des quelques acteurs professionnels (la copine Léone François, le père Jérôme Bidaux). "Cette manière de mixer acteurs professionnels et non-professionnels a aussi un grand avantage, c’est qu’à un moment, les jeux se mélangent", explique le réalisateur. "Les acteurs prennent en naturel et les non-acteurs se prennent au jeu. C’est un bel échange qui sert la mise en scène".

Auteur(s): FranceSoir


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Kevin (Darren Muselet, à droite) défie le chef de la bande, Raphaël (Pablo Cobo).

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