"Jurassic World Fallen Kingdom": sauvez les dinosaures! (la critique garantie sans spoiler)

"Jurassic World Fallen Kingdom": sauvez les dinosaures! (la critique garantie sans spoiler)

Publié le :

Mercredi 06 Juin 2018 - 00:40

Mise à jour :

Mercredi 06 Juin 2018 - 11:23
CRITIQUE - Trois ans après "Jurassic World" qui avait relancé la saga "Jurassic Park", voici la suite: "Jurassic World: Fallen Kingdom", qui sort ce mercredi. Les dinosaures sont toujours là, mais menacés.
©UPI
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Jean-Michel Comte

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SORTIE CINÉ - "La vie reprend toujours ses droits", dit le slogan sur l'affiche. Laissés à eux-mêmes sur leur île il y a trois ans à la fin du film Jurassic World, les dinosaures sont toujours vivants. Mais, menacés par un volcan, ils risquent à nouveau l'extinction, 65 millions d'années après avoir été reconstitués par les hommes: c'est le point de départ de Jurassic World: Fallen Kingdom, qui sort ce mercredi 6 juin sur les écrans français.

Dans la jungle de l'île d'Isla Nublar, à 180km à l'ouest du Costa-Rica, les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont chassé les hommes –touristes et responsables du parc Jurassic World, désormais laissé à l'abandon depuis trois ans. Mais une éruption volcanique menace ces dinosaures et la question se pose: faut-il sauver ces créatures préhistoriques récréées par l'homme ou laisser faire la nature et les laisser mourir?

Un milliardaire philanthrope ami des bêtes et de la science, Benjamin Lockwood, opte pour la première solution: il envoie des équipes paramilitaires capturer ces dinosaures et charge l'ex-directrice du parc, Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), et son ex-petit ami Owen Grady (Chris Pratt), spécialiste du comportement animal et dresseur de vélociraptors, de les aider. But de l'opération: évacuer les dinosaures d'Isla Nublar et les mettre en sécurité dans une autre île, où ils pourront continuer à vivre en liberté. Mais, bien sûr, rien ne va se passer comme prévu…

C'est donc l'épisode-5 de la fameuse saga des dinosaures modernes imaginée par Michael Crichton dans son livre Jurassic Park en 1991 et portée à l'écran par Steven Spielberg dans une trilogie en 1993, 1997 et 2001 (il a réalisé les deux premiers et produit le troisième, réalisé par Joe Johnston). Il y a trois ans, c'est un réalisateur inconnu, Colin Trevorrow, qui avait relancé la série avec l'épisode-4, Jurassic World.

Lire la critique – Jurassic World: les dinosaures reviennent en force

Cette fois-ci, il se contente d'être co-producteur (avec Spielberg) et co-scénariste du film. "Je voulais que ce nouvel opus soit bien plus sombre que le précédent", dit-il. "Ces créatures ont été catapultées artificiellement dans un monde auquel elles n’appartiennent pas, et je voulais trouver un point de vue auquel les spectateurs pourraient s’identifier. Comment vous sentiriez-vous si on vous forçait à vivre en captivité juste pour le plaisir des touristes? C’est un domaine que nous n’avions pas encore abordé".

Pour mener à bien ce scénario, c'est le réalisateur espagnol Juan Antonio Bayona qui a été choisi. Il a réalisé l'an dernier Quelques minutes après minuit (mélodrame sur un garçon de 12 ans qui apprend à surmonter la maladie de sa mère) après avoir été remarqué en 2007 avec son premier film L'orphelinat (une jeune femme revient dans l'orphelinat de son enfance avec son mari et son fils de sept ans) puis en 2012 avec The Impossible, avec Naomi Watts et Ewan McGregor (l'histoire vraie d'une famille confrontée au tsunami qui a frappé l'Asie du Sud-Est en 2004).

Lire la critique – Quelques minutes après minuit: l'enfant, l'arbre et le deuil

Suspense, effets spéciaux, nouvelles créatures (stygimoloch, baryonyx, carnotaure, Indoraptor nouvel hybride mi-vélociraptor mi-T Rex créé de toutes pièces par les scientifiques), humains poursuivis par les dinosaures qui veulent en faire leur casse-croûte, combats entre monstres, gamine de 12 ans très Spielberg, petit génie informatique, investisseurs milliardaires qui ne pensent qu'à l'argent, mercenaires et anciens militaires, scientifiques du bon ou du mauvais côté de la ligne qui sépare l'éthique du profit: le réalisateur s'en tire honnêtement.

Mais la grosse déception vient du scénario, et donc à porter au débit de Colin Trevorrow: la seconde partie du film est invraisemblable (sans "spoiler": de vilains financiers veulent vendre aux enchères les dinosaures sauvés), et notamment la fin. Ce ne sont pas les deux personnages principaux, déjà héros du précédent film, qui sauvent le film, malgré leurs qualités: Owen Grady (Chris Pratt), ex-militaire devenu dresseur de raptors et qui use toujours de son charme, et Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), qui veut sauver les néo-dinosaures menacés de disparaître.

On retrouve dans ce nouvel épisode le raptor femelle Blue, dressé par Owen et dernier survivant de son espèce, et bien sûr la star de la série, le T-Rex, présent depuis le premier épisode, en mode "C'est qui le patron?". Mais on le voit peu, et les dinosaures dans ce film ne sont plus dans leur parc ni dans leur île, mais dans les sous-sols du château du milliardaire Lockwood: c'est décevant.

"Pour la première fois dans l'histoire de Jurassic Park, il s'agit de sauver les dinosaures, pas les gens", explique Bayona. Pas sûr que ce soit la meilleure idée. Un sixième épisode de la saga (Jurassic World-3, donc) est prévu pour juin 2021, annoncé dans la dernière image de ce Jurassic World-2. Il se rapprochera davantage du Jurassic Park original de 1993, affirme Colin Trevorrow qui le réalisera. On espère donc un retour aux sources, après ce Jurassic World: Fallen Kingdow raté –le moins bon des cinq épisodes, assurément. Sauvez les dinosaures! Sauvez Jurassic Park!

Chris Pratt sait parler aux dinosaures.


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