"La mécanique de l'ombre": François Cluzet, espion malgré lui (VIDÉO)

"La mécanique de l'ombre": François Cluzet, espion malgré lui (VIDÉO)

Publié le :

Lundi 09 Janvier 2017 - 16:55

Mise à jour :

Mardi 10 Janvier 2017 - 16:16
François Cluzet est un comptable au chômage engagé pour un mystérieux travail d'espionnage à base d'écoutes téléphoniques dans "La mécanique de l'ombre", qui sort ce mercredi sur les écrans. Un film à suspense et à l'atmosphère sombre.
©Océan Films
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Jean-Michel Comte

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Jusqu'où obéir avant de se révolter? François Cluzet se pose la question dans le film La mécanique de l'ombre (ce mercredi 11 sur les écrans), un thriller dans lequel il est mêlé à de sombres histoires d'espionnage, de magouilles politiques cachées et d'écoutes téléphoniques clandestines.

Il y interprète un personnage nommé Duval, comptable dans une société d'assurances qui, après un burn-out, a du mal à retrouver du travail. Deux ans après, il est toujours au chômage, il fréquente les Alcooliques anonymes, sa femme l'a quitté, il n'a ni famille ni amis, et entre deux recherches d'emploi infructueuses le jour il fait des puzzles, le soir, sur la table en formica de sa petite cuisine.

Alors, quand un homme d'affaires inconnu lui téléphone pour lui proposer un emploi à 1.500 euros la semaine, il n'hésite pas. Il rencontre ce personnage mystérieux (Denis Podalydès), qui lui explique qu'il dirige "un organisme de surveillance et de contrôle qui défend les intérêts de notre pays" et qu'il a besoin d'un homme de confiance pour un emploi particulier.

Le travail, payé en liquide, est en effet un peu spécial. Il s'agit de retranscrire sur une machine à écrire traditionnelle (pas de numérique, surtout) des bandes d'écoutes téléphoniques. Pour cela Duval doit se rendre chaque jour, de 9h à 18h, dans un appartement vide situé dans un immeuble, sans sortir et sans ouvrir ni parler à personne, et laisser chaque soir sur la table le texte des écoutes.

Machinalement, sans réfléchir et sans prêter attention à ce qu'il entend, Duval s'exécute, jour après jour. Conversations privées, discussions politiques, échanges journalistiques: il est question de campagne électorale, de libération d'otages français à l'étranger, d'affaires plus ou moins louches. Duval ne se pose pas de questions, il écoute et tape à la machine ce qu'il entend. Jusqu'au jour où…

"La toile de fond du récit s’inspire librement de plusieurs crises ou complots, avérés ou supposés, qui ont eu lieu en France ces trente dernières années: la crise des otages du Liban dans les années 80, les carnets de Takieddine. Et plus largement le soupçon d’instrumentalisation des services secrets à des fins politiques qui flotte dans l’actualité du pays", explique le jeune réalisateur Thomas Kruithof, dont c'est le premier long-métrage.

"Mais surtout, de la même manière que le genre policier permet d’aborder des problèmes sociaux, le film d’espionnage donne un cadre pour parler de l’état du monde et des coulisses du pouvoir", ajoute-t-il. "Ce qui me plait, c’est de voir un individu se débattre contre le système, chercher à enrayer une mécanique opaque et plus forte que lui".

Au début, Duval est en effet broyé par la machine économique, le chômage, l'alcoolisme, la solitude. Ensuite, c'est dans les rouages d'une autre mécanique, plus secrète, qu'il se trouve imbriqué. Dans les deux aspects du films (la vie privée du personnage et son nouveau job mystérieux), l'atmosphère est sombre, les décors dépouillés, les personnages rares et mystérieux (même si apparaissent, au bout d'un moment, deux acteurs qu'on aime voir, Sami Bouajila et Simon Abkarian), et flotte la même impression que Duval ne pourra s'en sortir.

Au fur et à mesure que des événements imprévus se produisent, le scénario perd un peu de vraisemblance et, quand certains aspects mystérieux de l'histoire commencent à s'expliquer, le film commence à perdre de son charme. Sans pour autant qu'on comprenne tout: ça se complique pour Duval, ça se complique aussi pour le spectateur. Mais le suspense reste entier, le réalisateur maintient jusqu'au bout l'atmosphère sombre et inquiétante dans laquelle baigne l'histoire et l'on se demande comment tout cela va finir: bien, mal, ni bien ni mal?...

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film): 

 

Denis Podalydès (à droite) propose un travail très particulier à François Cluzet.


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