"La passion Van Gogh": quand les tableaux se font une toile (VIDÉO)

Peinture animée

"La passion Van Gogh": quand les tableaux se font une toile (VIDÉO)

Publié le :

Mardi 03 Octobre 2017 - 01:59

Mise à jour :

Mercredi 11 Octobre 2017 - 18:13
"La passion Van Gogh", dessin animé polonais sur le peintre néerlandais (1853-1890) qui sort ce mercredi, est un film pas comme les autres: il a été peint à la main image par image à la manière du peintre, avec intégration de la plupart de ses tableaux et des personnages de ses portraits.
©La Belle Company

Auteur : Jean-Michel Comte

 
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Les derniers mois de Vincent Van Gogh racontés dans un film d'animation entièrement peint à la main à la manière du peintre et avec l'intégration de ses tableaux: c'est l'étonnant film polonais La passion Van Gogh, prix du public du dernier Festival du film d'animation d'Annecy en juin dernier, qui sort dans les salles ce mercredi 11.

L'histoire commence à Arles en 1891, un an après le suicide de Van Gogh d'une balle en pleine poitrine à Auvers-sur-Oise. Joseph Roulin, maître des Postes à Arles où le peintre séjourna en 1888-1889 et devint son ami, charge son fils Armand Roulin de remettre en mains propres une lettre de Vincent Van Gogh à son frère Theo.

Peu enthousiaste, Armand Roulin se rend à Paris, où Theo est introuvable. Et pour cause: il est mort lui aussi, quelques mois après son frère aîné. C'est Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, qui lui apprend la nouvelle. Armand Roulin décide alors de se rendre à Auvers-sur-Oise, pour remettre la lettre à quelqu'un qui a connu Van Gogh, par exemple le Dr Paul Gachet, l'ami des peintres qui fut l'un des derniers à s'occuper de lui.

Commence alors une enquête dans laquelle le jeune homme va recueillir les témoignages de ceux qui ont croisé la route du peintre et dont celui-ci a fait le portrait: Adeline Ravoux la jeune fille de l'aubergiste, un batelier sur la rivière, un villageois, le chef des gendarmes, un médecin local, l'idiot du village, la gouvernante du Dr Gachet, le Dr Gachet lui-même, sa fille Marguerite. Autant de témoignages qui vont permettre à Armand Roulin de comprendre ce qui s'est passé dans les derniers mois de Vincent Van Gogh, sans pour autant éclaircir le mystère de sa mort…

Le film est très didactique sur la fin de la vie du peintre, sur sa personnalité tourmentée, sur sa peinture, avec des flashbacks en noir et blanc (et le fameux épisode de l'oreille coupée, à Arles en 1888), une espèce de suspense et un peu d'émotion sur la fin. Mais surtout, c'est une prouesse technique: chacun des 62.450 plans est une huile peinte à la main par 90 artistes professionnels du monde entier qui ont travaillé dans des studios situés en Pologne et en Grèce.

Le film a d’abord été tourné comme un film en prises de vue réelles avec des acteurs en chair et en os, puis chaque plan a été peint à l’huile. Par exemple les jeunes actrice et acteur britanniques Eleanor Tomlinson pour Adeline Ravoux ou Douglas Booth pour Armand Roulin (à qui Pierre Niney prête sa voix dans la version française).

Les comédiens ont joué dans des décors spécialement construits pour évoquer des toiles du peintre ou sur des fonds verts, dans lesquels des tableaux de Van Gogh ont ensuite été incrustés puis animés. On retrouve ainsi dans le film 94 toiles du maître presque à l’identique et 31 autres reproduites en grande partie ou partiellement, précise le dossier de presse.

"Nous avons réalisé le premier long métrage de peinture animée au monde", s'enthousiasme la jeune réalisatrice polonaise du film, Dorota Kobiela, qui avait réalisé cinq courts métrages d'animation de 2005 à 2011 avant de se lancer dans ce projet, aussi passionnée par la peinture que par le cinéma et, explique-t-elle,"profondément marquée par les lettres de Vincent Van Gogh adressées à son frère Theo: ce sont elles qui ont été le premier déclencheur du projet; le second a été la découverte de ses toiles. Je me suis rendu compte qu’il avait abordé de nombreux thèmes différents qui pouvaient facilement donner lieu à un récit. Dans ses tableaux, on voit où il a vécu, qui étaient ses interlocuteurs, où il passait son temps".

Le film devait être un court métrage mais s'est transformé en long métrage quand Dorota Kobiela a rencontré le Britannique Hugh Welchman, Oscar comme producteur du meilleur court métrage d'animation en 2008 pour Pierre et le loup (réalisé par la Britannique Suzie Templeton). "Je suis d’abord tombé amoureux de Dorota –nous sommes aujourd’hui mariés– et ensuite je suis tombé amoureux de son projet", raconte-t-il, lui qui n'y connaissait rien à la peinture mais qui est devenu producteur, coréalisateur et coscénariste de cette étonnant dessin animé pictural en forme d'hommage à l'un des pères de l'art moderne.

Auteur : Jean-Michel Comte

 
Une reproduction, pour le film, du tableau "La nuit étoilée" peint par Van Gogh à Saint-Rémy-de-Provence en 1889.

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