"Les aventures de Spirou et Fantasio": Ramzy Bedia, méchant Zorglub du désert (vidéo)

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"Les aventures de Spirou et Fantasio": Ramzy Bedia, méchant Zorglub du désert (vidéo)

Publié le :

Mardi 20 Février 2018 - 00:56

Mise à jour :

Mardi 20 Février 2018 - 16:52
Adaptation des bandes dessinées de Franquin parues dans les années 50 et 60, le film "Les aventures de Spirou et Fantasio" sort ce mercredi. Les deux compères y sont interprétés par Thomas Solivérès et Alex Lutz, aux côtés de Ramzy Bedia dans le rôle du méchant Zorglub.
©Fidélité Films
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Jean-Michel Comte

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Le dessinateur Franquin (1924-1997) est une source d'inspiration pour le cinéma, ces temps-ci. Après Le petit Spirou l'an dernier et avant Gaston Lagaffe le 4 avril, voici Les aventures de Spirou et Fantasio (ce mercredi 21 sur les écrans), adaptation au grand écran de ses BD parues dans les années 50 et 60.

Lire la critique – Le petit Spirou: jeux d'enfants

Spirou et Fantasio, qui n'avaient rien pour se rencontrer et devenir amis, font connaissance dans un palace. Le premier (Thomas Solivérès) est déguisé en groom pour jouer les pickpockets, le second (Alex Lutz) est un journaliste un peu frustré en mal de scoop. Après une conférence de presse dans ce palace pour l'annonce d'une découverte scientifique, le comte de Champignac (Christian Clavier), inventeur génial et excentrique, disparaît.

Spirou et Fantasio se lancent à sa recherche, bientôt accompagnés de Seccotine (Géraldine Nakache), journaliste rivale de Fantasio pour laquelle celui-ci a le béguin. Le trio, flanqué d'un petit écureuil nommé Spip, va découvrir que Champignac a été enlevé par les sbires d'un scientifique dévoyé et maléfique, l’infâme Zorglub (Ramzy Bedia), qui le retient prisonnier dans son bunker souterrain en dessous d'un volcan dans le désert africain, pour lui extorquer ses secrets afin de devenir le maître du monde…

Le scénario s'inspire de plusieurs BD de Spirou, sans s'attacher à un album particulier. "Pour moi, c’était intéressant de puiser dans les différentes BD afin d’utiliser ce qui semblait le plus riche, le plus intéressant pour faire un film. Il était bien de retrouver Spirou, Fantasio et Spip l’écureuil, mais aussi les autres", explique le réalisateur Alexandre Coffre, spécialisé dans la comédie, dont c'est le quatrième film après Une pure affaire en 2011 (avec François Damiens), Eyjafjallajökull en 2013 (avec Dany Boon) et Le Père Noël en 2014 (avec Tahar Rahim).

Les courses-poursuites ne manquent pas (à pied, en voiture, en scooter, en avion, en hélicoptère individuel –le "Fantacoptère"), on passe rapidement d'un lieu à l'autre, parfois l'écran se divise en plusieurs plans: le film ne manque pas de rythme. "Que le spectateur sorte un peu fatigué du film ne serait pas pour me déplaire", dit le réalisateur.

Pour les décors et l'atmosphère du film, il a choisi à la fois l'intemporalité et le modernisme, sans s'attacher aux années 50-60. Il y a certes cette capitale du Gantagwa, mélange de Maroc et d'Afrique noire (les scènes ont été filmées à Marrakech), dans laquelle les héros se retrouvent avant de continuer dans le désert. Mais le reste n'est pas explicitement situé dans le temps ou l'espace: "c’était notre volonté esthétique dès le départ", explique Alexandre Coffre. "Quand vous adaptez une bande dessinée, vous vous posez énormément de questions. Je voulais que le film fasse référence au passé de la bande dessinée tout en étant au mieux dans son époque. Dans Spirou et Fantasio, les pays, les villes où se passent les histoires n’existent jamais vraiment. Tout ressemble à ce qui nous entoure mais on est dans un monde parallèle assez ludique. (…) Nous y avons beaucoup réfléchi à l’écriture en nous imposant d’être le plus intemporel possible. Cela veut dire par exemple pas de téléphones portables, pas de rue avec des parcmètres, pas de figurants +sauvages+".

Autre exemple de ces choix esthétiques en décalage avec le réalisme, les deux personnages principaux gardent la même tenue tout le film, du palace au désert: veste bleue et nœud papillon rouge pour Fantasio, costume de groom rouge pour Spirou.

Fantasio est plus sympa, Spirou plus voyou, Christian Clavier cabotine au second degré dans son rôle de scientifique, et Ramzy Bedia s'amuse à en faire des tonnes dans le rôle du méchant, parodie du Docteur No des James Bond qui fait penser à la dernière pub pour la MAAF.

L'intérêt du scénario et l'humour sont presque exclusivement à destination d'un public d'enfants et d'adolescents, à l'exception peut-être de deux personnages inventés pour le film et aux dialogues drôles et décalés, un jumeau et une jumelle au service de Zorglub, interprétés par Vincent Desagnat et Charlotte Gabris, maladroits, chamailleurs et comiques malgré eux.

Et Spip, le petit écureuil? Il est adorable mais on le voit peu. Il faut dire que pour le réalisateur, en plein désert, c'était l'acteur le plus difficile à diriger, interprété par trois animaux: "Muriel Becq, ma dresseuse, a récupéré trois écureuils à la naissance, elle les a élevés, éduqués pour le film, mais elle ne pouvait pas contrôler toutes leurs réactions ou les lâcher dans la nature, au risque de les voir s’enfuir (…). Cela représente 5 à 6 mois de travail avant le tournage".

Thomas Solivérès (à gauche) et Alex Lutz interprètent Spirou et Fantasio.


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