Salma Hayek: bomba latina, actrice reconnue, femme engagée (DIAPORAMA)

Elle est à l'affiche de "Tale of Tales"

Salma Hayek: bomba latina, actrice reconnue, femme engagée (DIAPORAMA)

Publié le :

Jeudi 02 Juillet 2015 - 02:01

Mise à jour :

Jeudi 02 Juillet 2015 - 10:15
L'actrice libano-mexicaine Salma Hayek, à l'affiche du film "Tale of Tales", est reconnue comme une bonne actrice. Au début de sa carrière à Hollywood, c'est surtout son physique de "bomba latina" qu'on remarquait.
©Benoît Tessier/Reuters
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Jean-Michel Comte

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Quand elle était jeune et qu'elle a débuté à Hollywood, Salma Hayek n'aimait pas qu'on lui dise qu'elle était sexy. Elle voulait qu'on reconnaisse ses talents d'actrice plutôt que de s'extasier sur ses décolletés. Aujourd'hui, à 48 ans, elle a changé d'avis: comédienne reconnue, elle trouve "très cool" qu'on la considère comme l'une des plus belles femmes du monde.

Dans son dernier film Tale of Tales (Le conte des contes), du réalisateur italien Matteo Garrone, sur les écrans français depuis le 1er juillet après avoir été présenté à Cannes, elle a un rôle pas vraiment glamour: celui d'une reine qui, obsédée par son désir d'enfant, se met à suivre les conseils d'un sorcier. Pour cela, dans l'une des scènes les plus fortes du film, on la voit manger à pleines dents, bouche et mains recouvertes de sang, l'énorme coeur cru d'un monstre marin posé sur son assiette au bout d'une longue table. Pas très appétissant...

Au début de sa carrière, c'est son physique avantageux qui lui a ouvert les portes du succès. Elle le reconnaissait dimanche 28 juin, invitée du Journal de 20h de France-2: "Lorsque j'ai commencé, j'étais quelque peu confuse à ce propos. J'avais ce rêve d'être une bonne actrice, d'avoir du talent, d'explorer différents personnages et le côté sexy me distrayait, me perturbait quelque peu. Mais en même temps, pour être tout à fait honnête, dans les circonstances qui étaient les miennes aux Etats-Unis, si on n'avait pas été intéressé par le côté sexy qui était le mien, on ne m'aurait pas engagée".

Aujourd'hui qu'elle a gagné ses galons d'actrice respectée, elle laisse dire: "Maintenant, à 48 ans, c'est très cool de s'entendre dire qu'on est sexy... Je suis très heureuse. Après 40 ans, c'est très agréable d'être traitée de sexy".

C'est la même réaction qu'elle avait exprimée, le mois dernier, quand elle avait reçu le titre annuel de "femme la plus torride de la décennie" décerné par les téléspectateurs de la chaîne de télévision américaine Spike TV: "Vous appréciez vraiment qu’on vous qualifie de +torride+ après vos 40 ans".

Il faut dire qu'elle a toujours été "torride". Fille d'un magnat du pétrole libanais et d'une mère mexicaine, elle a passé la plupart de son enfance et de son adolescence au Mexique, où elle a débuté dans des pubs et des séries télé qui lui ont valu une petite notoriété là-bas.

A 25 ans, elle a décidé de tenter sa chance à Hollywood, et c'est le réalisateur américain d'origine mexicaine Robert Rodriguez qui lui a donné son premier rôle notoire dans Desperado, en 1995. Il tournera deux autres films avec elle, et son image de "bomba latina" la suivra dans de nombreux films suivants: Wild Wild West en 1999, Bandidas (avec Penelope Cruz) en 2006, etc.

Ses galons d'actrice reconnue, elle les obtiendra en interprétant l'artiste peintre mexicaine Frida Kahlo dans le film Frida, de Julie Taylor, en 2002, qui lui valut d'être nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice. "Il a fallu que je devienne Frida, que je produise le film moi-même pour pouvoir jouer un rôle qui était vraiment le rêve de toute actrice", explique-t-elle.

Hors plateaux, Salma Hayek est une femme de caractère qui se bat pour de nobles causes. Au Festival de Cannes 2014 elle avait arboré, devant les photographes sur le tapis rouge, le panneau "Bring Back Our Girls" en soutien aux lycéennes nigérianes enlevées par les insurgés islamistes de Boko Haram.

En avril dernier, elle s'est rendue au Liban pour la première fois et a visité un camp de réfugiés syriens mis en place par l'Unicef. Et avec l’aide de la chanteuse Beyoncé, elle a fondé le mouvement "Chime for Change" ("Sonnez l'alarme pour changer"), une ONG qui œuvre pour l'éducation et la santé des femmes à travers le monde.

Mais elle n'a pas attendu d'être célèbre pour s'intéresser au sort des plus démunis. "J'ai toujours fait cela", dit-elle. "Bien avant d'être une star, et bien avant de savoir que je voulais être une star. Et à un moment donné, j'étais un petit peu hippie, d'ailleurs. J'ai fait beaucoup de choses, et je pensais que c'était extrêmement important que personne ne sache que je les avais faites. J'ai fait beaucoup de choses sans les ONG".

Mariée à l'homme d'affaires français François-Henri Pinault depuis 2009 (ils ont eu ensemble une fille, Valentina Paloma, en septembre 2007), Salma Hayek, qui partage sa vie entre Londres et Paris, dit se sentir à l'aise partout: "Lorsque j'étais au Mexique, on n'a jamais pensé que j'étais mexicaine, on disait +elle est libanaise+. Lorsque j'étais aux Etats-Unis, on disait +elle est mexicaine+. Lorsque je suis venue en France, on a dit +elle est américaine+. Et maintenant à Londres on dit +elle fait partie de ces familles françaises qui sont venues vivre à Londres+. J'ai toujours été une immigrante, partout où je suis allée. Mais pour moi j'ai toujours ressenti que je viens de tous ces endroits extraordinaires, qui m'ont ouvert les portes. Je me sens un peu française, bien entendu je me sens très mexicaine, mais pour moi je me sens citoyenne du monde".

Et la France, apparemment, elle l'aime. Elle l'a confié à la fin de son interview sur France-2: "Quand vous venez d'ailleurs, quelquefois vous pouvez voir les choses que les gens ne peuvent pas voir de l'intérieur. Je pense que c'est l'un des pays les plus étonnants au monde. J'ai voyagé dans tellement de pays. Ici l'éducation est extraordinaire, les programmes de santé sont extraordinaires, on vous offre tellement de possibilités, les salaires sont bons, il y tellement d'opportunités, il y a de la beauté partout où l'on tourne son regard, il y a la culture, et je pense que c'est le pays le plus extraordinaire au monde. Mais je constate que les Français ne pensent pas la même chose: ils sont toujours en train de se plaindre! Bien entendu, rien n'est parfait, mais si vous allez ailleurs, vous verrez que la France est l'un des meilleurs pays au monde".

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film Tale of Tales):

 

Salma Hayek au Festival de Cannes en mai dernier.

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