"Suite française": passion interdite dans la France occupée (VIDEO)

Adaptation du Prix Renaudot 2004

"Suite française": passion interdite dans la France occupée (VIDEO)

Publié le :

Mercredi 01 Avril 2015 - 01:10

Mise à jour :

Mercredi 01 Avril 2015 - 16:37
Tiré du roman d'Irène Némirovsky, morte en déportation à Auschwitz et Prix Renaudot 2004 à titre posthume, le film "Suite française" −sur les écrans ce mercredi 1er avril− raconte une histoire d'amour interdite pendant la débâcle de 1940.
©Steffan Hill/UGC Distribution
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Jean-Michel Comte

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Une jeune Française qui tombe sous le charme d'un jeune officier allemand en 1940 dans la France occupée: c'est l'histoire d'un amour interdit, pas vraiment inédite mais tirée du Prix Renaudot 2004, que raconte le film Suite française.

En juin 1940, c’est la débâcle, l'occupation allemande, l’exode des Parisiens sur les routes. Dans un village de province, les habitants reçoivent l'ordre de loger chez eux tout un bataillon allemand, pendant plusieurs semaines.

Lucile Angellier (Michelle Williams), dont le mari a été fait prisonnier, a fui Paris et trouvé refuge chez son austère belle-mère, Madame Angellier (Kristin Scott Thomas). Les deux femmes sont obligées d'accueillir sous leur toit un jeune officier allemand, Bruno von Falk (Matthias Schoenaerts).

Il est jeune, beau, poli et joue du piano. Avant la guerre, il était compositeur. Lucile et lui vont tomber amoureux, et cacher cette idylle. Jusqu'au jour où la guerre reprendra le dessus...

Pas une cour de ferme, pas une poule, pas une traction avant, pas un uniforme nazi ne manquent dans les décors et costumes de ce film tourné en anglais, à la reconstitution historique très soignée et à la réalisation très sage.

La langue et la nationalité des acteurs dérange un peu, on a du mal (dans la version originale sous-titrée) à croire françaises Kristin Scott Thomas et Michelle Williams (remarquée en 2011 dans My Week with Marilyn), même si l'acteur belge Matthias Schoenaerts (César 2013 du meilleur espoir pour De rouille et d'os) est plus crédible en officier allemand.

Le réalisateur britannique Saul Dibb (réalisateur de The Duchess en 2008 avec Keira Knightley, Ralph Fiennes et Charlotte Rampling) n'évite pas les oppositions classiques Français/Allemands, pauvres/riches, résistants/collabos, gentils/méchants, même s'il y a toujours des exceptions dans chaque camp et si la description des lâchetés humaines et des actes de courage est assez subtile.

Mais l'histoire est émouvante et le suspense parfois bien entretenu, dans cette adaptation fidèle du roman d'Irène Némirovsky, qui mourrut à Auschwitz en 1942 à 39 ans. La romancière juive d'origine ukrainienne n'avait pu achever que deux des cinq récits qu'elle projetait d'écrire, et une partie du troisième.

Ce sont ces cahiers manuscrits, confiés par leur père Michel Epstein, le mari d'Irène Némirovsky, que les soeurs Denise et Elizabeth Epstein ont gardés pendant des années avant de les confier à l'éditeur Denoël en 2004, regroupant les textes dans un roman, Suite française, qui obtiendra le Prix Renaudot. Denise Epstein est décédée à 83 ans deux mois avant le début du tournage du film, et deux ans jour pour jour avant sa sortie, le 1er avril 2013.

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

 

Michelle Williams et Matthias Schoenaerts: ils s'aiment, mais il ne faut pas.

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