"Tu ne tueras point": le grand retour de Mel Gibson (VIDEO)

Objection, votre honneur

"Tu ne tueras point": le grand retour de Mel Gibson (VIDEO)

Publié le :

Mardi 01 Novembre 2016 - 19:50

Dernière mise à jour :

Mercredi 09 Novembre 2016 - 09:48
Dix ans après son dernier film comme réalisateur, Mel Gibson revient derrière la caméra avec "Tu ne tueras point", qui sort ce mercredi. Présenté hors-compétition à la Mostra de Venise, le film raconte l'histoire vraie d'un objecteur de conscience américain décoré pour son courage lors des combats de la Seconde guerre mondiale.
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©Mark Rogers/Metropolitan FilmExport
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Auteur : Jean-Michel Comte

Quasiment porté disparu des radars hollywoodiens depuis plusieurs années, Mel Gibson fait son grand retour comme réalisateur, dix ans après son dernier film, avec Tu ne tueras point (ce mercredi 9 sur les écrans français), un vibrant plaidoyer pacifiste acclamé au dernier Festival de Venise (hors-compétition) et attendu dans la course aux prochains Oscars en février prochain.

Le film raconte la vie d'un personnage réel, Desmond Doss, premier objecteur de conscience à avoir reçu la Médaille d'honneur américaine pour son courage pendant la Seconde guerre mondiale. Ce héros réel est interprété par Andrew Garfield, connu pour avoir incarné un autre genre de héros dans les deux Amazing Spider-Man en 2012 et 2014.

Adventiste du septième jour convaincu, végétarien, opposé à la violence, pacifiste, Desmond Doss vit en Virginie lorsqu’il s’engage volontairement dans l’armée en 1942 à l'âge de 23 ans, pour servir son pays comme beaucoup d'autres jeunes hommes de son âge. Mais pas pour se battre: il refuse de toucher une arme. Il veut intégrer le personnel médical non-combattant comme infirmier, pour sauver des vies plutôt que de tuer des ennemis.

Pendant son instruction militaire il est ridiculisé et maltraité par ses chefs et ses camarades soldats qui, persuadés qu’il constituerait un danger sur le champ de bataille, essayent par tous les moyens de le faire réformer. Mais Desmond Doss tient bon, obtient devant les tribunaux militaires le droit de rester dans son unité, et est finalement envoyé sur le front avec les autres.

Là, au printemps 1945, dans la célèbre bataille d'Okinawa au Japon, il participe à l'assaut des soldats américains sur la falaise d'Hacksaw Ridge (c'est le titre original du film) où les attendent tirs de mitrailleuses, mines, obus et soldats japonais retranchés dans des grottes et des abris fortifiés. Desmond Doss y fait preuve d'un courage …désarmant. Quand son bataillon bat en retraite, il reste seul sous la mitraille, sans arme, et ira aider, ramener et sauver 75 hommes grièvement blessés sur le champ de bataille qui seraient morts sans son intervention.

Desmond Doss a reçu la Médaille d’honneur des mains du Président Harry Truman en octobre 1945. Il est décédé en 2006 à l'âge de 87 ans, mais a toujours refusé de son vivant de faire l'objet d'un film, à part un documentaire en 2004.

"Lorsque j’ai entendu parler de Desmond Doss, le premier objecteur de conscience à avoir reçu la Médaille d’honneur, la plus haute distinction militaire des États-Unis, j’ai été stupéfait par l’ampleur de son sacrifice. De la manière la plus pure et la plus altruiste qui soit, cet homme a risqué sa vie à maintes reprises pour sauver celle de ses camarades. Desmond était un homme ordinaire, mais il a accompli l’extraordinaire", explique Mel Gibson.

A 60 ans, c'est son cinquième film comme réalisateur, après L'homme sans visage (1993), Braveheart (1995, cinq Oscars), La Passion du Christ (2004) et Apocalypto (2006), et son grand retour au premier plan après avoir été boycotté par Hollywood et malmené par la presse depuis une dizaine d'années à cause de ses nombreux écarts, déclarations polémiques et dérapages dans la vie privée.

Avec un équilibre entre la première partie, qui montre le jeune Desmond Doss avec sa famille et sa fiancée en Virginie, et la seconde partie, faite d'images fortes et sanglantes du champ de bataille, Mel Gibson a réalisé un grand et beau film, pacifiste sans être antimilitariste --ce qui n'est ni facile ni fréquent. Car les soldats qui combattent, tuent et meurent sont autant glorifiés que le héros, objecteur de conscience qui n'a que son courage pour seule arme. Et la fin est bien sûr émouvante, le réalisateur ne se privant pas de lâcher les violons après toutes ces scènes de combat réalistes et éprouvantes.

Un demi-siècle après les faits, "dans un paysage cinématographique dominé par des +super-héros+ fictifs, j’ai pensé qu’il était temps de rendre hommage à ce héros tout à fait réel", expliquait lors du Festival de Venise, dans Le Figaro, Mel Gibson, qui ajoutait avoir voulu réaliser "un film contre la guerre".  

(Voir ci-dessous la bande-annonce du film):

Auteur : Jean-Michel Comte

 
Après Spider-Man, Andrew Garfield interprète ici un vrai héros de la Seconde guerre mondiale.