"Un nouveau jour sur Terre": c'est beau la Nature (critique)

"Un nouveau jour sur Terre": c'est beau la Nature (critique)

Publié le :

Mardi 04 Septembre 2018 - 09:50

Mise à jour :

Mercredi 05 Septembre 2018 - 17:32
CRITIQUE – La planète Terre et la beauté de sa faune: 38 espèces d'animaux de 22 pays sont filmées, entre le lever et le coucher du soleil, dans le documentaire "Un nouveau jour sur Terre", coproduit par la BBC et commenté par Lambert Wilson, qui sort ce mercredi.
©Paramount Pictures/BBC Earth
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Jean-Michel Comte

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SORTIE CINÉ – Elle est belle, la planète. Et il est encore temps de la sauver. C'est l'une des réflexions qui vient à l'esprit quand on voit le superbe documentaire animalier Un nouveau jour sur la Terre, qui sort ce mercredi 5 septembre sur les écrans français.

Le film est une coproduction britannico-chinoise de BBC Earth, qui avait déjà produit en 2007 Un jour sur Terre, documentaire retraçant le parcours de trois espèces animales (l’ours polaire, l’éléphant d’Afrique et la baleine à bosse) en l’espace d’une année. Cette fois-ci, il s'agit de raconter une journée, du lever au coucher du soleil, de 38 espèces dans 22 pays.

Pendant une heure et demie vont donc défiler de magnifiques images d'animaux filmés dans leur environnement naturel: le panda qui dort et qui s'éveille, des grues, des raies, des gnous et zèbres en troupeaux, des singes à tête blanche des montagnes chinoises, un paresseux qui nage, un serval sauteur en hauteur au milieu des herbes hautes, des lions qui dorment au soleil de midi, des cachalots qui font la sieste à la verticale, des ours qui se grattent en se frottant aux arbres, des manchots par dizaines de milliers sur un îlot volcanique battu par les flots, des requins, des scarabées, des vers luisants aux fils de soie imprégnés d'un mucus collant.

Il y a aussi les images des décors naturels qui montrent la beauté de la planète Terre: des forêts, des déserts de sable, des océans, des banquises, des bambous qui poussent d'un millimètre par minute. Mais aussi des ratons-laveurs sur les toits d'immeubles de Toronto…

Filiale de l'audiovisuel public britannique, BBC Earth s'est alliée à des producteurs chinois pour ce film, comme le fait parfois ces dernières années son grand rival américain en matière de documentaires animaliers, Disneynature, qui a coproduit récemment Nés en Chine ou L'empereur (du Français Luc Jacquet).

Lire les critiques:

> Nés en Chine: pandas, singes, panthères de l'Empire du Milieu

> L'empereur: les manchots de Luc Jacquet ne baissent pas les bras

Les réalisateurs de ce Nouveau jour sur Terre sont donc un Chinois et deux Britanniques: Lixin Fan, Richard Dale et Peter Webber. Les deux premiers sont spécialistes des documentaires, le troisième a réalisé des films de fiction comme La jeune fille à la perle (2003, avec Colin Firth et Scarlett Johansson en début de carrière) et Hannibal Lecter: les origines du mal (2006, avec Gaspard Ulliel et la sublime Gong Li).

Les images sont superbes, filmées avec des drones, une caméra numérique capable de filmer plus de 1.000 images par seconde (pour les éphémères de Hongrie), des caméras ultra-légères ou des "pièges photographiques", dispositifs abrités dans des boîtiers résistants aux intempéries, contrôlés à distance et dont le capteur est activé par les déplacements des animaux. Certains ont été installés en pleine nature et équipés d’une batterie suffisamment puissante pour filmer en continu pendant trois mois. Une centaine de techniciens ont participé aux 142 jours de tournage étalés sur trois ans, dont 37 cameramen crédités au générique.

Une voix off commente les images: Robert Redford dans la version originale et Lambert Wilson dans la version française. Ils permettent d'alterner le sérieux, l'humour, les événements heureux ou plus angoissants –la beauté ou la cruauté de la Nature. Ainsi un bébé zèbre échappe à la noyade en résistant au courant du fleuve grâce aux encouragements de sa mère, et un autre échappe à un jaguar toujours grâce à la protection de sa mère. Le mulot de la savane africaine échappe au serval et le rat des champs européen à une chouette effraie.

Mais un fragile et élégant colibri vert de la taille d'un pouce est attaqué par des abeilles (voir l'affiche ci-dessus), des bébés iguanes des Galapagos qui font la grasse matinée au soleil se font attraper (et manger) par des serpents coureurs à langue rouge, une mouche est avalée par une plante carnivore et les éphémères d'une rivière hongroise voient leur courte vie (ils naissent, s'accouplent, pondent et meurent en une journée) abrégée par les poissons ou les oiseaux.

Et puis il y a cet étonnant combat de girafes mâles à grands coups de tête (extrait à voir ici), un des moments forts du film.

Le film suit le rythme du soleil, de son lever à son coucher, et qui dit soleil dit réchauffement climatique. Le film est donc l'occasion, sans trop insister et sans virer au pamphlet politique, de rappeler les enjeux écologiques actuels. La voix off de Lambert Wilson rappelle que "l'avenir de toute forme de vie repose entre nos mains" et qu'"il n'y a rien de plus urgent à protéger que notre unique maison". Elle est trop belle, la planète.

Comme dans tout film animalier qui se respecte, il y a un panda dans "Un nouveau jour sur Terre", coproduit par la Chine.


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