Pierre Rabhi sur les attentats à Paris: "nous n'avons pas évolué"

Pierre Rabhi sur les attentats à Paris: "nous n'avons pas évolué"

Publié le :

Mercredi 28 Janvier 2015 - 09:13

Mise à jour :

Mercredi 28 Janvier 2015 - 12:43
Pierre Rabhi était l'invité de France Inter ce mercredi matin. Issu d'une double culture, musulmane et chrétienne, l'écrivain et agriculteur a fait part de sa vision du monde et est revenu sur la montée des conflits de nature religieuse en France.
©YP-BO/Sipa
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Les attentats à Paris

"Nous n'avons pas évolué. Nous n'avons pas compris que la violence n'est pas ce qu'il y a de mieux à vivre sur cette planète".

"L'ensemble de la planète est convulsé par un état d'esprit qui est dualiste. Il y a des nationalismes qui exacerbent la violence. Aujourd'hui, on consacre beaucoup plus de moyens aux armes qu'à éradiquer la faim dans le monde ou des problèmes humains très importants".

"Il n'est pas surprenant, dans cet état général de l'humanité, qu'il puisse y avoir des malaises très importants".

"Le progrès matériel ne résout pas le problème humain".

 

Menace de l'obscurantisme

"Nous avons tellement de talents… pourquoi les mettre au service de la destruction et de la mort?".

"Nous avons beaucoup d'aptitudes mais elles ne sont pas gérées par une intelligence. L'intelligence est une question de clairvoyance. Apprendre à coopérer serait quand même mieux qu'apprendre à s'opposer".

 

Montée des conflits de nature religieuse

"Le soufisme (la doctrine de l'Islam, NDLR) prêche la non violence".

"J'ai pu vivre dans ma chair les contradictions du monde actuel. Toutes ces contradictions ne sont pas innocentes dans la convulsion que subit le monde aujourd'hui".

"Je n'appartiens à aucune religion organisée. Mais c'est pas pour autant que je renie le message d'amour qui est celui du Christ".

 

Comportement des zadistes

"Je continue à dire qu'il faut aménager les territoires en prenant en compte le fondement de la vie. On ne peut pas vivre dans du béton. Il faut bien de la terre pour se nourrir".

"On doit prendre en compte dans l'aménagement ce qui est pourvoyeur de vie. Je suis d'accord avec eux. On ne doit pas faire n'importe quoi".

"Il faut transmettre aux générations futures un monde vivable".  

 

Dimension de la beauté

"Nous sommes dans un monde qui est laid".

"Il n'y a pas de beauté. Tout est pratico-pratique. Ca nous fait oublier que l'on est aussi des consommateurs de beauté dans nos environnements".

"Cette rationalité exclue cette dimension dont on a besoin".

"J'aime bien que les choses aient une âme. Je suis émue par des monuments anciens. Aujourd'hui, j'ai l'impression que tout est fabriqué dans une exigence d'efficacité".

 

Pierre Rabhi était l'invité de France Inter ce mercredi matin.


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