Pop-confinement : Une maman à la maison avec sa fille

Pop-confinement : Une maman à la maison avec sa fille

Publié le 01/05/2020 à 09:33 - Mise à jour à 11:23
Aurélie Balan
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Auteur(s): Aurélie Balan pour FranceSoir

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TEMOIGNAGE : Covid-19, maladie, confinement, masque, gel hydroalcoolique, distance de sécurité, fermetures, école à la maison, chômage partiel, actes de bravoure, prises de risque, pays clos, économie en berne, libertés entachées, familles séparées… voici les nouveaux mots de notre quotidien depuis plusieurs semaines. Plusieurs semaines enfermées chez nous alors qu’en temps normal, je vis à 300% !

La vie est détonante !

Au début de ce confinement, j’avais l’impression d’être scotchée au micro-ondes, regardant les grains de maïs exploser ! Chaque annonce du gouvernement, chaque chiffre recensant les décès me sautait au visage sans filet de sécurité. La vie me semblait être un énorme paquet de pop-corn ! Sauf que je n’aime pas ça et qu’en tant que femme et maman, j’avais plutôt envie de fuir tout cela et couper l’électricité, que de continuer à être spectatrice de cette explosion ! J’avais peur, c’est certain, et je ne comprenais pas ce qu’il se passait, ce que l’on attendait de moi, de nous !

Après plusieurs jours à s’organiser, il a fallu rebondir ! Ce confinement m’a permis et a permis à beaucoup de gens, je pense, de se découvrir de nouvelles facettes. Rester à la maison, non, c’est mort ! La situation m’a appris que c’était plutôt sortir qui appelait la mort, alors, chez moi, nous avons adopté un confinement strict ! 

La casquette « maman à la maison » me seyait plutôt bien finalement, cuisiner pour régaler les papilles, prendre le temps de s’émerveiller d’un sourire, d’un rire…je n’avais plus vraiment le temps avant alors là j’en ai profité ! Mon pop-corn effrayant du début du confinement prenait une autre coloration, celle de la douceur de leurs yeux et de leurs câlins matinaux !  

Ma famille, mon pop-corn vivant !

 Une question incessante : à quoi allait ressembler le quotidien ?

Le matin, école pour ma fille, oui ! Être instit’ pour son enfant n’est pas la chose la plus simple, je pense être encore plus exigeante avec elle, ma petite courageuse !   

Quoi d’autres ?

Je suis moi-même enseignante mais ayant ma fille de 6 ans, je n’ai pu donner les cours par visio que mon école proposait ! Organisation impossible à mettre en place ! Ne pas pouvoir aller travailler… une grande première !

Et encore ?

Je suis aussi orthopédagogue, je travaille donc en face à face avec mes élèves pour les aider dans leurs apprentissages et accompagner au mieux leur scolarité. En temps normal, je me déplace chez eux, mais avec le confinement bien évidemment je ne peux plus le faire.  Comment faire pour ne pas les abandonner ? Continuer à les aider ? Ne pas arrêter les bilans ? Devoir mettre en stand-by mon activité d’orthopédagogue serait un crève-cœur, mais de la même façon que pour l’organisation générale, j’ai rebondi ! Accompagner mes élèves, c’était possible autrement, en les écoutant bien sûr et surtout en restant une ressource solide pour le travail qui leur était demandé.  C’est ce que j’ai fait ! J’ai donc gardé le lien avec eux par mails, messages, zoom...en faisant au mieux quoi qu’il arrive.

Et puis ?

Cela fait des mois que je me plains de ne pas pouvoir écrire, de ne pas donner une suite à M.A.U.X mon premier roman. Alors GO ! Quel bonheur de pouvoir se remettre à faire ça ! « Mon choix » sera mon prochain roman et j’espère qu’il fera du bien !

Mais encore ?

La peur je l’ai toujours, pour les miens, pour l’Homme en général, pour notre futur à tous ! Je ne saisis toujours pas vraiment ce que nous devons faire pour poursuivre notre vie. Les masques, là, pas là, à fabriquer, à acheter, s’en passer…? Pourtant on est plusieurs à la maison à essayer de comprendre ! Mon « pop-confinement », comme j’aime à l’appeler, m’aura orienté encore davantage vers ce que j’aimais déjà faire : accompagner les enfants, en apprendre encore et toujours sur leur fonctionnement (avec mes collègues français et canadiens).

Mon « mot » avant confinement était « enfant », il le sera encore après

Aurélie Balan est enseignante, orthopédagogue et romancière.

 

 

 

Auteur(s): Aurélie Balan pour FranceSoir


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