"Soumission": Michel Houellebecq se défend de toute provocation à l'égard des musulmans

"Soumission": Michel Houellebecq se défend de toute provocation à l'égard des musulmans

Publié le :

Dimanche 04 Janvier 2015 - 11:27

Mise à jour :

Lundi 05 Janvier 2015 - 11:45
Dans une interview publiée samedi par la revue littéraire américaine "Paris Review", Michel Houellebecq se défend d'avoir voulu provoquer les musulmans de France. Son dernier livre, à paraître mercredi 7, évoque leur arrivée au pouvoir en 2022.
©Ginies/Sipa
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Michel Houellebecq se défend de toute "provocation" ou de "satire" dans son dernier livre, Soumission (Ed. Flammarion), dans lequel il raconte l'accession au pouvoir en France d'un parti musulman. Ce n'est, affirme l'écrivain dans une interview accordée au magazine américain Paris Review, qu'une "accélération de l'Histoire".

Dans son 6e roman Soumission, que Flammarion doit publier ce mercredi 7 janvier, Michel Houellebecq imagine qu'en 2022, à la fin d'un second quinquennat de François Hollande à l'Elysée, Marine Le Pen est battue au second tour de la présidentielle par le candidat d'un parti intitulé la Fraternité musulmane. Le nouveau chef de l'État, Mohammed Ben Abbes, nomme alors François Bayrou Premier ministre.

"Bon, Marine Le Pen cela me paraît tout à fait vraisemblable en 2022 –déjà en 2017...", explique Michel Houellebecq dans cette interview, accordée au journaliste de France Culture Sylvain Bourmeau et dont le site Mediapart publie la version française.

Mais pour l'arrivée au second tour de la présidentielle d'un candidat d'un parti musulman, "je suis d’accord, c’est peu vraisemblable", ajoute-t-il, notamment parce qu'"il faudrait d’abord que les musulmans réussissent à s’entendre entre eux". Cela "prendrait plusieurs dizaines d’années" pour qu'ils accèdent au pouvoir en France, selon lui.

Au journaliste qui lui demande si ce livre est une provocation, Michel Houellebecq répond que non: "je procède à une accélération de l’Histoire mais, non, je ne peux pas dire que c’est une provocation, dans la mesure où je ne dis pas de choses que je pense foncièrement fausses juste pour énerver. Je condense une évolution à mon avis vraisemblable".

L'écrivain reconnaît cependant avoir joué sur la peur des Français vis à vis du fondamentaliste islamique. "Peut-être oui. Oui, il y a un côté peur. J’utilise le fait de faire peur", concède-t-il, affirmant par ailleurs que "l’islamophobie n’est pas un racisme. S’il y a un truc qui est devenu évident, c’est bien cela".

De la même façon, "je crois que l’antisémitisme n’a rien à voir avec le racisme", dit-il dans cette longue interview.

Michel Houellebecq, 58 ans, s'était fait connaître du grand public par ses romans Extension du domaine de la lutte (Ed. Maurice Nadeau, 1994), Les particules élémentaires (Ed. Flammarion, 1998) et surtout Plateforme (Ed. Flammarion, 2001). Il a reçu le Prix Interallié en 2005 pour La possibilité d'une île (Ed. Fayard) et le Prix Goncourt en 2010 pour La carte et le territoire (Ed. Flammarion).

 

Michel Houellebecq se défend de céder à l'art de la provocation, dans lequel il est pourtant passé maître

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