"Conversation avec M. Poutine": le documentaire (très) complaisant d'Oliver Stone sur le maître du Kremlin fait polémique

"Conversation avec M. Poutine": le documentaire (très) complaisant d'Oliver Stone sur le maître du Kremlin fait polémique

Publié le :

Mardi 27 Juin 2017 - 10:55

Mise à jour :

Mardi 27 Juin 2017 - 11:27
Le réalisateur américain Oliver Stone signe une série d’entretiens consacrés à Vladimir Poutine. France 3 a diffusé les deux premiers épisodes de la série qui en compte quatre lundi soir. L'exercice revêt un caractère presque hagiographique.
© MAXIM SHIPENKOV / POOL/AFP/Archives
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Maxime Macé

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On a rarement vu portrait plus flatteur de Vladimir Poutine diffusé à la télévision française, d'autant plus sur une chaîne du service public. Lundi 26, France 3 avait programmé les deux premiers épisodes de la série d'entretiens que le réalisateur américain Oliver Stone a réalisé entre 2015 et 2017, intitulé Conversation avec monsieur Poutine.

Oliver Stone affirme avoir cherché à montrer un autre Poutine. "Si Vladimir Poutine est le plus grand ennemi des États-Unis, alors nous devons au moins essayer de le comprendre", avait-il expliqué.

La première chose qui frappe dans ce documentaire c'est l'admiration que semble vouer le réalisateur quatre fois oscarisé au dirigeant russe, allant même jusqu'à la complaisance voire même la flatterie. "Vous êtes un excellent directeur général d’entreprise", déclare-t-il à son interlocuteur, sans la moindre ironie ou distance apparente. 

L'entretien dérape parfois sur des blagues d'un goût douteux à l'image de cette saillie du maître du Kremlin: "Je ne suis pas une femme. Donc je n'ai pas de mauvais jours". Et de poursuivre sur un ton faussement penaud devant son interlocuteur amusé: "Je ne veux insulter personne. C'est juste la nature des choses. Il y a des cycles qui sont naturels".

De la situation des droits de l'Homme en Russie, pas un mot. Des crimes de guerre commis par l'armée russe en Tchétchénie lors des deux guerres, le sujet n'est même pas abordé. Les attenants commis par les djihadistes tchétchènes sur le sol russe? Commandités par les Etats-Unis.

Concernant le conflit avec la Géorgie en 2008, la responsabilité incomberait uniquement au président géorgien Mikheil Saakachvili. Alors même que Vladimir Poutine avait soutenu le contraire en 2012: "il y avait un plan, ce n'est pas un secret… C'est dans le cadre de ce plan qu'a agi la Russie. Il a été préparé par l'état-major général, fin 2006 ou début 2007. Il a été approuvé par moi et convenu avec moi".

Le président russe n'est jamais contredit pas le réalisateur quand il expose des contre-vérités, ni même une seule fois poussé dans ses retranchements. Les deux hommes brocardent d'ailleurs de concert et à la moindre occasion (c'est à dire souvent) l'impérialisme américain.

Les deux derniers épisodes seront respectivement diffusés le mercredi 28 et le jeudi 29 juin, à 23h35. Selon les médias qui les ont déjà vus, Oliver Stone durcit le ton et pousse Vladimir Poutine dans ses retranchements sur des dossiers épineux comme la Syrie ou la Crimée.

France 3 a diffusé lundi les deux premiers épisodes du documentaire "Conversation avec monsieur Poutine".


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