"Jesus Strikes Back: Judgment Day": le jeu vidéo raciste pour suprémacistes blancs

"Jesus Strikes Back: Judgment Day": le jeu vidéo raciste pour suprémacistes blancs

Publié le :

Mercredi 05 Juin 2019 - 08:49

Mise à jour :

Mercredi 05 Juin 2019 - 08:59
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La rédaction de France-Soir

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"Jesus Strikes Back: Judgment Day" est un jeu vidéo qui fait polémique et pour cause, il reprend l'ensemble des codes des suprémacistes blancs. Il permet notamment d'incarner Adolf Hitler.

Les développeurs du jeu vidéo ont beau le présenter comme une "parodie satirique", il n'en reste pas moins que Jesus Strikes Back: Judgment Day est particulièrement polémique car il reprend l'ensemble des codes des suprémacistes blancs et des néo-nazis. Il permet au joueur d'incarner Jésus Christ revenu sur Terre, décrit comme "le plus grand ennemi du Nouvel Ordre mondial", qui doit lutter contre "un régime communiste" mis en place par "George Sorrows et Mark Cuckerberg" soit George Soros et Mark Zuckerberg dans lequel "les hommes hétérosexuels conservateurs" sont envoyés dans des "camps de la mort". Tout un programme…

Le joueur va devoir "faire équipe" avec nuitamment Adolf Hilter que Benito Mussolini mais aussi Vladimir Poutine, Javier Bolsonaro, Napoléon ou encore l'auteur de l'attentat de Christchurch, le terroriste d'extrême droite Brenton Tarrant.

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Le but est de tuer toute une série d'adversaires honnis par les militants d'extrême droite: des féministes, des militants LGBTQI+, des migrants, des antifascistes et même des médecins pratiquants l'avortement… Sont également présents "des banquiers au long nez Nouvel ordre mondial". Les différents niveaux du jeu se déroulent dans une mosquée, une discothèque gay, une rédaction ou encore à la frontière américano-mexicaine. Les réfugiés y sont décrits comme des "envahisseurs (qui) franchissent librement les frontières et se déplacent de ville en ville pour se livrer à des pillages, viols et massacres le long de leur chemin".

Bref ce jeu vidéo transpire le conspirationniste, le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie, la transophobie, etc.

Même son prix relève de la provocation car il est vendu 14,88 dollars. Le chiffre 14 renvoie aux "fourteen words" du théoricien suprématiste américain David Lane, complice de l'assassinat d'un animateur de radio juif. Ces quatorze mots sont les suivants: "Nous devons préserver l'existence de notre peuple et l'avenir des enfants blancs" (ainsi que "Car la beauté de la femme aryenne blanche ne doit pas disparaître de la terre ") et le chiffre est devenu un signe de ralliement des racistes américains. Quant au 88, il fait référence à la 8e lettre de l'alphabet soit "HH" pou "Heil Hitler". Il fait également référence au "88 préceptes" établis par David Lane qui renvoit quasiment systématiquement à la "pureté de la race".

Le jeu est fabriqué par 2 Genderz Productions en association avec First Amendment Studios & Facts et Logic inc. Un déni de responsabilité figurant sur le site web du jeu souligne qu'il s'agit d'une "satire" et qu'il ne doit pas être interprété comme "une déclaration politique".

Une pétition a été mise en ligne pour demander l'interdiction de ce jeu vidéo.

Voir:

Les suprémacistes blancs refoulés des réseaux sociaux

Les identitaires autrichiens en contact étroit avec Tarrant (Christchurch)

"Grand remplacement" et "génocide blanc": le manifeste de Brenton Tarrant, le tireur de Christchurch

"Jesus Strikes Back: Judgment Day" reprend l'ensemble des codes des suprémacistes blancs.


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