Juillet 1951, la mort du maréchal Pétain (VIDEO)

C'était dans "France-Soir"

Juillet 1951, la mort du maréchal Pétain (VIDEO)

Publié le :

Mardi 21 Juillet 2015 - 10:51

Mise à jour :

Jeudi 06 Juillet 2017 - 14:09
Six ans après son procès à la Libération, le maréchal Pétain est mort en captivité à l'île d'Yeu le 22 juillet 1951. Ses avocats n'ont pu obtenir que son corps, comme il le souhaitait, soit transféré à l'ossuaire de Douaumont, près de Verdun, haut lieu de mémoire des soldats de la Première guerre mondiale.
©DR

Auteur : Jean-Michel Comte

 
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C'est à 95 ans, à Port-Joinville sur l'île d'Yeu (Vendée), où il était détenu et où il est toujours enterré, que le maréchal Pétain est mort le lundi 23 juillet 1951. Ce jour-là, dans sa 8e et dernière édition (datée mardi 24), France-Soir titre sobrement: "Pétain est mort à 9h22".

"Au nom de la veuve, les avocats vont demander le transfèrement à Douaumont" du corps du défunt, ajoute le quotidien du 100 rue Réaumur. Une demande qui leur sera refusée, mais que ses partisans continuent encore aujourd'hui de réclamer: "L'illustre soldat repose provisoirement à l'île d'Yeu, en attendant sa réhabilitation et son retour au milieu de ses Poilus à l'Ossuaire de Douaumont où sa place est réservée", expliquait ces dernières années le site internet dédié à sa mémoire.

En 1951, quand s'éteint le maréchal Pétain, le président de la IVe République est Vincent Auriol et le troisième gouvernement Henri Queuille vient de tomber après seulement quatre mois aux affaires, ayant juste eu le temps de décider le lancement de l'emprunt Pinay. Le second gouvernement René Pleven lui succèdera le 11 août.

Philippe Pétain était incarcéré à l'île d'Yeu depuis sa condamnation, en 1945, par la Haute Cour, pour collaboration avec l'ennemi, à la peine de mort, peine commuée en réclusion à perpétuité à la demande de ses juges, en raison de son âge. Détenu dans le fort de Pierre-Levée (surnommé "la Citadelle"), il n'a été autorisé que le 29 juin 1951 à s'installer dans une chambre médicalisée de Port-Joinville, en raison de la dégradation de son état de santé.

Surnommé "le vainqueur de Verdun" en 1916, nommé maréchal de France en 1918, élu à l'Académie française en 1929, ambassadeur de France en Espagne en 1939, Philippe Pétain avait été rappelé aux affaires en mai 1940, au moment de l'invasion allemande, par Paul Reynaud. Il lui succédera comme président du Conseil, avant de signer l'armistice avec l'Allemagne, de se nommer chef de l'Etat et d'installer son régime à Vichy.

Chef de l'Etat le plus âgé de l'histoire de France (il a 84 ans en 1940), Pétain sera à la tête du régime de Vichy du 11 juillet 1940 au 19 août 1944.

Son discours le plus célèbre sera son intervention radiodiffusée du 17 juin 1940 où il appelle l'armée française à cesser les combats et où il annonce faire "don de sa personne à la France" en vue d'installer son régime. Le lendemain, de Londres, De Gaulle lancera son célèbre appel à la résistance.

A la fin de la guerre, emmené contre son gré par les Allemands à Sigmaringen (Allemagne) en août 1944 puis réfugié en Suisse, le maréchal Pétain demandera à rentrer en France en avril 1945. Son procès débutera le 23 juillet et s'achèvera le 15 août.

Il mourra en détention six ans, jour pour jour, après le début de ce procès. Ce 23 juillet 1951, France-Soir ne consacre qu'une partie de sa Une à l'événement. Les deux autres gros titres sont les obsèques, à Amman, du roi Abdallah Ier de Jordanie assassiné trois jours plus tôt, et la 18e étape du Tour de France, Avignon-Marseille, gagnée par l'Italien Fiorenzo Magni sans menacer le maillot jaune du futur vainqueur, le Suisse Hugo Koblet.

(Voir ci-dessous, dans les archives de l'INA, l'ouverture du procès Pétain en 1945):

 

Auteur : Jean-Michel Comte

 
La Une du 24 juillet 1951.

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