L'interview uniformisée et relue d'Emmanuel Macron refusée par La Voix du Nord et Le Télégramme

L'interview uniformisée et relue d'Emmanuel Macron refusée par La Voix du Nord et Le Télégramme

Publié le :

Mardi 21 Mai 2019 - 09:07

Mise à jour :

Mardi 21 Mai 2019 - 09:11
© ludovic MARIN / AFP
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La rédaction de France-Soir

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La presse régionale a été invitée lundi 20 à l'Elysée pour une interview d'Emmanuel Macron sur l'Europe, celle-ci devant aboutir à un texte unique et au préalable relu par la présidence. La Voix du Nord et Le Télégramme ont décidé de décliner l'invitation.

Equilibre de traitement pendant une campagne présidentielle ou plus simplement opposition à diffuser un entretien "caviardé": La Voix du Nord et Le Télégramme ont refusé de publier l'interview accordée lundi par Emmanuel Macron et publiée dans une cinquantaine de titres de la presse régionale quotidienne.

La convocation des journalistes à l'Elysée aurait été faite sous condition de relecture, pratique courante notamment lorsqu'il s'agit du président de la République ou de membres du gouvernement, mais pas systématiquement acceptée. Les deux journaux ont décidé de décliner l'invitation en raison notamment de cette condition imposée. "Une préférence" et pas "une exigence", assure un membre de l'entourage présidentiel au Monde.

Voir: Européennes - Macron dit être "acteur" pour ne pas que l'Europe "se disloque"

"Les participants devaient s’engager à coécrire sur place une version unique des réponses présidentielles, puis à la soumettre à la relecture de l’Élysée avant toute publication du texte validé", relate le quotidien nordiste. Celui-ci considère que donner une version unique s'oppose à la logique de diversité éditoriale et de pratiques des nombreux titres régionaux.

Même son de cloche pour Hubert Coudurier, directeur de l'information et administrateur du Télégramme qui "n’a pas souhaité se plier à l’interview collective du Président Emmanuel Macron dont le principe est une négation de l’identité des titres de la presse régionale et des territoires qu’ils représentent".

Patrick Jankielewicz, rédacteur en chef de La Voix du Nord soulève également un autre problème: le fait d'accorder une telle tribune au président de la République à cinq jours des élections européennes, alors que celui-ci s'est clairement engagé dans la campagne de La République en Marche et que l'Europe est au centre de l'entretien en question.

Depuis janvier, le quotidien, lassé des interviews "caviardées" par les bureaux des politiques, a décidé de ne plus soumettre ses articles à relecture. "La relecture est devenue un exercice de réécriture pour la plupart", avait expliqué Patrick Jankielewicz.

Déjà en avril 2018, plusieurs rédactions s'étaient élévées contre cette tendance après que Les Echos avainet décidé d'annuler la publication d'une interview d'Elizabeth Borne qui n'avait plus grand-chose à voir avec l'originale une fois relue.

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"La Voix du Nord" et "Le Télégramme" ont choisi de ne pas diffuser l'interview d'Emmanuel Macron.

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