Mars 1962, la fin de la guerre d'Algérie (VIDEO)

C'était dans "France-Soir"

Mars 1962, la fin de la guerre d'Algérie (VIDEO)

Publié le :

Samedi 21 Mars 2015 - 18:53

Mise à jour :

Vendredi 10 Février 2017 - 18:09
Le mot "cessez-le-feu" est à la Une de "France-Soir" et de tous les quotidiens français en ce 19 mars 1962, au lendemain des accords d'Evian qui mettent fin officiellement à la guerre d'Algérie. Mais les combats et la violence ne cesseront que quelques mois plus tard.
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Auteur : JmC

 
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Le 18 mars 1962, les accords d'Evian mettent fin à la guerre d'Algérie. Le général de Gaulle l'annonce solennellement à la télévision et, le lendemain, un cessez-le-feu met un terme à huit années de conflit.

Tous les journaux français de l'époque, bien sûr, consacrent leur première page à cet événement. Le premier d'entre eux, France-Soir"le seul quotidien français vendant plus d'un million", comme l'affirme son sous-titre–, barre toute sa Une du lundi 19 mars (datée mardi 20) d'une manchette annonçant la nouvelle.

"ORDRE A L'ARMEE. Cessez-le-feu à midi dans toute l'Algérie", titre le quotidien de Pierre Lazareff.

Sous ce titre, le journal reproduit une affiche montrant deux enfants, une petite fille algérienne et un petit garçon français, avec ces deux mentions: "Pour nos enfants. La paix en Algérie". "Editée par le gouvernement français, cette affiche va être placardée sur les murs de métropole et d'Algérie", précise France-Soir.

Les accords d'Evian-les-Bains (Haute-Savoie) sont le résultat d'une série finale de négociations menées à la mi-février et début mars entre une délégation du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA, émanation politique du FLN) et des représentants de l'Etat français, dont trois ministres (Louis Joxe, Robert Buron, Jean de Broglie).

Ces accords d'Evian, ouvrant la voie à l'indépendance de l'Algérie, seront approuvés par 91% des électeurs métropolitains lors d'un référendum le 8 avril suivant.

Mais, après huit ans de guerre, 300.000 morts côté algérien et 30.000 côté français, ils ne mettront pas fin immédiatement aux violences.

Dès ce 19 mars, France-Soir s'inquiète de ce climat d'incertitude qui va suivre le cessez-le-feu, en rapportant, sous le titre "Angoisse à Alger", que "200 tonnes d'armes (dont 209 bazookas et 83 mitrailleuses lourdes)" ont été "volées à Oran".

Dans les jours suivants, l'OAS, favorable à l'Algérie française, commettra des attentats et prendra les armes à Bab-el-Oued, le quartier français d'Alger, et à Oran. Le 26 mars, l'armée ouvrira le feu sur une manifestation de partisans de l'OAS devant la Grande Poste de la rue d'Isly à Alger, faisant 46 morts.

Côté algérien, les enlèvements et massacres de dizaines de milliers de harkis commenceront, et se poursuivront après l'indépendance officielle du pays, le 5 juillet. Ce climat de revanche conduira à un exode massif de ces Français de religion musulmane, ainsi que de centaines de milliers de Pieds-Noirs.

Plus de cinquante ans après, les cicatrices ne sont pas refermées, d'un côté comme de l'autre. En témoignent la controverse et les vifs débats qui ont accompagné, en novembre 2012, l'approbation finale par le Sénat de la proposition de loi socialiste consacrant le 19 mars journée nationale du souvenir "des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie".

(Voir ci-dessous, dans les archives de l'INA, la semaine qui a suivi le cessez-le-feu):

 

Auteur : JmC

 
La Une du 19 mars 1962 (datée 20 mars).

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