Idir, chantre de la culture kabyle, d’ici et d’ailleurs, à jamais dans nos cœurs

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Idir, chantre de la culture kabyle, d’ici et d’ailleurs, à jamais dans nos cœurs

Publié le 03/05/2020 à 15:58 - Mise à jour à 16:30
Idir
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Auteur(s): Rabah Aït-Hamadouche pour FranceSoir

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Le chanteur Idir, chantre de la culture kabyle, est mort à 70 ans.  C’est par un post lapidaire, empli d’émotion, posté par sa famille sur son compte officiel, que la triste nouvelle est tombée.

« Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père (à tous), Idir le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix papa. »

Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet, est décédé samedi soir vers 21h30 à l’hôpital parisien Bichat-Claude-Bernard, des suites d’une fibrose pulmonaire, maladie contre laquelle il se battait depuis plusieurs années.

Ingénieur agronome de formation, tombé dans le chaudron de la musique presque par hasard, Idir avait su s’imposer comme l’un des meilleurs auteurs compositeurs algériens, signant à partir des années 70 de nombreux tubes dont son célèbre « A vava Inouva » une berceuse folk kabyle et l’un des premiers tubes internationaux africains. Le premier à être joué sur les radios françaises, hors des cercles de l’immigration algérienne.

Né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, en Algérie : un village perché de Kabylie, ce fils de berger savait allier mélodies pleines de nostalgie et chants poétique. Un cocktail qui avait séduit bien au-delà de sa communauté d’origine. Ce pionnier de la world music respecté par ses pairs, en Algérie comme à l’international, a notamment signé de nombreux duos avec des stars de la musique comme Charles Aznavour, Manu Chao ou encore Maxime le Forestier, qu’il avait fait chanter en kabyle.  Patrick Bruel avec qui il avait collaboré également déclare aujourd’hui :

« La grande voix de la Kabylie s’en va… J’avais eu l’honneur de partager avec cet homme de paix “les larmes de leurs pères”. Nous avions évoqué nos racines communes. Ce duo et cette rencontre resteront gravés. Au revoir Monsieur.»

Personnalité emblématique de la culture kabyle, il était devenu, lui qui vivait depuis si longtemps en France, un porte-voix de la diaspora algérienne. Tant et si bien que le sociologue Pierre Bourdieu disait de lui :

« Ce n’est pas un chanteur comme les autres. C’est un membre de chaque famille ». 

En revanche il ne s’immiscera que très rarement en politique : « Je ne cherche pas à livrer un message militant, je fuis les idéologies. Je veux faire des choses qui suscitent des émotions. » assurait-il même s’il a salué l’an dernier les manifestations en Algérie les qualifiant de « bouffées d’oxygène ».

Une identité Kabyle chevillée au corps, qu’il n’a eu de cesse de promouvoir selon Mohamed Saadi, président de la chaine de télévision Berbère télévision et ami proche du chanteur : 

« C’est une perte immense pour la berbérité il a servi de passerelle pour faire revivre tout le patrimoine ancestral transmis oralement et beaucoup de poèmes anciens oubliés ont été remis au gout du jour grâce à lui. Idir pour moi c’était une lumière empreinte d’humanité. Il était empreint de sagesse et des valeurs ancestrales kabyles comme la bienveillance, l’écoute, le partage. Je l’ai accompagné partout en concert, à Montréal, à Bruxelles, à Londres notamment. Après ses concerts il pouvait rester patiemment avec son public pendant de longues heures. »

Affable, humble et discret, cultivant la proximité avec ses admirateurs, c’est avant tout une personnalité attachante que ceux qui l’ont bien connu décrivent aujourd’hui. Une simplicité qui n’est pas sans rappeler une autre icone d’origine berbère dont il était proche : le footballeur Zinedine Zidane :

« En février dernier, avec Smail Zidane, son père, venu spécialement de Marseille, nous nous sommes rendus chez lui dans le Val d’Oise lui rendre visite car son état de santé se dégradait. Il lui a passé son fils au téléphone avec lequel il s’est longuement entretenu » raconte avec émotion Mohamed Saadi. Zinedine Zidane qui vient d’ailleurs de poster un hommage vibrant sur son compte instagram déplorant la disparition « d’un homme que nous aimons profondément »

Depuis l’annonce de son décès, l’hommage est partout unanime et les réactions sont nombreuses dans le monde artistique (l’écrivain Yasmina Khadra, le chanteur Oxmo Puccino, l’acteur Medi Sadoun), politique (François Hollande, Rachida Dati, Valérie Boyer, Jean-Christophe Lagarde) mais aussi institutionnel et gouvernemental (Unesco, SOS Racisme, Marlène Schiappa.)

Une émotion également partagée de l’autre côté de la méditerranée, en Algérie, son pays natal. Algérie où il s‘est produit en concert pour la dernière fois en 2018 et dont le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune a présenté ses condoléances dans un tweet, dès la nouvelle connue.

Auteur(s): Rabah Aït-Hamadouche pour FranceSoir


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