
Théâtre - Un récit de Stefan Zweig adapté à la scène
Marie-Eve Wilson-Jamin, le jeudi 2 octobre 2008 à 04:00
Le récit de Stefan Zweig se passe en 1865 à Monte-Carlo. Mrs. C. (Laure Meurisse), aristocrate anglaise, 40 ans, veuve, voyage beaucoup. Elle fréquente souvent les casinos. Elle y passe des soirées entières à observer les mains des joueurs, leurs mouvements expressifs, leurs gestes nerveux… Un soir, au casino de Monte-Carlo, elle est fascinée par les mains magnifiques d’un jeune homme. C’est un Polonais, d’environ 24 ans. Il est en train de perdre tout son argent. Il est anéanti. Quand il sort précipitamment du casino, ruiné, Mrs. C. comprend immédiatement que ce jeune étranger songe au suicide. Elle décide de tout entreprendre pour le sauver. Ainsi commencent vingt-quatre heures de combat, de passion, de larmes, d’ivresse, qui marqueront à jamais Mrs. C.
« Tout dans la pudeur »
« Ce rôle est très intéressant, car avec les contraintes vestimentaires de la période cela permet de connaître les carcans de l’époque, explique Laure Meurisse. Tout était dans la pudeur et l’éducation très stricte. » L’intérêt pour l’actrice, c’est de s’apercevoir qu’aujourd’hui encore il est compliqué d’envoyer tout valser et de faire fi de tout ce que l’on a appris. « Le regard de l’autre est important et nous avons tous besoin d’une reconnaissance sociale. »
Et changer de vie, elle sait ce que c’est. En 2004, après huit années passées à un poste de contrôleur de gestion, elle décide d’utiliser ses compétences artistiques et sa connaissance du monde de l’entreprise pour développer des outils de performance professionnelle et une école de théâtre. Elle crée la structure ToiledeScène. « Paul a toujours dit qu’il ne fallait pas faire ça. C’est un métier difficile, mais d’un autre côté j’ai conscience que ça peut s’arrêter très vite. »
Danièle Darrieu en 1968 et Agnès Jaoui en 2001 ont interprété ce rôle au cinéma. « Ce sont des femmes au talent fou, je suis toute petite à côté, reconnaît Laure Meurisse, également metteur en scène. Il faut aller chercher chez les gens leurs émotions et leur talent. Tout le monde peut faire du théâtre. Quand on est metteur en scène, on a la satisfaction du devoir accompli, une fois le spectacle donné. »
Edition France Soir du jeudi 2 octobre 2008 n°19917 page 24




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