Culture

Théâtre - Palatine, une femme hors norme

Marie-Eve Wilson-Jamin, le vendredi 10 octobre 2008 à 04:00

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Marie Grudzinski est seule sur scène pour interpréter la princesse Palatine, belle-sœur de Louis XIV, à la cour de France.

Ce spectacle, qui redonne vie à la princesse Palatine, auteur d’une correspondance dont la liberté de ton, la drôlerie et la sensibilité à fleur de peau n’ont pas fini de nous surprendre, est aussi une étonnante performance de comédienne. En une heure quinze, sans filet, en s’aidant seulement du costume et des coiffures, Marie Grudzinski vieillit imperceptiblement sous l’œil du spectateur. Palatine, de son vrai nom Charlotte-Elisabeth de Bavière, arrive à la cour de Versailles à tout juste 19 ans. « On a dû se moquer d’elle avec son accent allemand et ses formes avantageuses. C’est grâce à son humour et à l’écriture qu’elle a réussi à se sauver. »

Pour une actrice, incarner un tel personnage est une expérience intéressante. Marie Grudzinski explique : « C’est vraiment un cadeau formidable car il y a toutes les couleurs à jouer. C’était terrifiant au départ. On la voit se transformer et les spectateurs se sentent complices. »

Seule sur scène

Elle est donc seule sur scène pour incarner ce personnage. « Je ne me sens pas seule, il y a un jeu direct avec le public. Les spectateurs sont attentifs. Cependant, il ne faut rien attendre d’eux, s’ils ont ri à un moment donné et que le lendemain, ils ne rient pas, cela ne veut pas forcément dire qu’ils n’apprécient pas le spectacle. Chaque soir, le public est différent. Ainsi, on ne s’ennuie jamais. »

La pièce est construite autour de la correspondance de cette femme, auteur de plus de 50.000 lettres. Avec humour, à travers la description des chambres et antichambres du pouvoir, elle fait revivre un Versailles inattendu, bien loin des clichés de nos manuels scolaires.

« Le metteur en scène (Jean-Claude Seguin, NDLR) a fait un travail énorme. Ce n’est pas une simple lecture de lettres, il y a un vrai jeu, des surprises », explique Marie Budzinski.

Cette Allemande arrive à Paris et raconte ce qu’elle y découvre dans ses différentes lettres. L’actrice raconte : « Le public apprécie aussi le fait qu’on lui présente Versailles sous un autre angle, celui des coulisses. » 

Théâtre de Nesle. Rés. : 01.46.34.61.04.

Edition France Soir du vendredi 10 octobre 2008 n°19923 page 25

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