Culture

Archéologie - L'Égypte suspend sa coopération avec le musée du Louvre

Actu France Soir, le mercredi 7 octobre 2009 à 17:50

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L'Egypte a décidé de "cesser toute coopération" archéologique avec le musée du Louvre tant que des éléments d'une stèle pharaonique ne lui auront pas été restitués, a déclaré mercredi le chef des antiquités égyptiennes. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, est d'accord pour restituer les fragments s'il s'avère que leur sortie du territoire égyptien est illégale.

"Nous avons pris la décision de cesser toute coopération avec le Louvre en attendant la restitution" de pièces archéologiques "volées", provenant d'une tombe située près de Louxor (700 km au sud du Caire), a annoncé le chef des antiquités égyptiennes M. Hawass.

Cette décision affecte des conférences organisées avec le musée français, ainsi que les travaux menés par le Louvre sur le site archéologique de Saqqara, près du Caire. Il faut rappeler que la France, avec ses 47 missions archéologiques opérant sur le territoire égyptien, occupe le premier rang en terme de coopération archéologique, devant les Américains et les Canadiens. Le Louvre est l'un des principaux opérateurs français présent à ce titre en Egypte.

Selon M. Hawass, cette décision, qui n'avait pas été rendue publique jusqu'à présent, a été prise "il y a deux mois". Elle ne serait donc pas liée à l'échec de la candidature du ministre de la Culture égyptien Farouk Hosni pour prendre la direction de l'Unesco, le mois dernier.

La France est ouverte à la restitution

La direction du musée du Louvre a d'ores et déjà précisé qu'elle était "ouverte" à la restitution de cinq fragments de fresques issus du tombeau égyptien et revendiqués par Le Caire, "dans le respect des procédures" françaises. Le ministère de la Culture, quant à lui, a annoncé mercredi après-midi que les fragments seront rendus, s'il s'avère que leur sortie d'Egypte est illégale.

Les fragments de peinture murale d’un tombeau d’un prince de la XVIIIe dynastie égyptienne ont été "acquis de bonne foi" par le Louvre en 2000 et 2003, indique le communiqué du ministère. Ce n’est qu’en novembre 2008 que "des doutes sérieux" sont nés sur la légalité de leur sortie du territoire égyptien, à la suite de la redécouverte par des archéologues du tombeau dont ces fresques semblent provenir. Le Conseil suprême des antiquités égyptiennes a alors saisi le ministère de la Culture d’une demande de restitution. Depuis lors, des échanges "permanents et approfondis" ont eu lieu entre le Conseil suprême des antiquités égyptiennes et le ministère de la Culture, selon le ministère.

Sur la base de ces éléments, Frédéric Mitterrand a convoqué vendredi 9 octobre la commission scientifique nationale des musées de France afin que celle-ci émette un avis sur la provenance des fresques et leur éventuelle sortie des collections du musée du Louvre. Il se déclare "prêt, si la commission devait émettre un avis favorable", à restituer "sans délais" les fragments de fresques aux autorités égyptiennes, conformément à la Convention de l'Unesco de 1970 visant à lutter contre le trafic de biens culturels.

La France a ratifié en 1997 cette convention. Depuis cette date, elle a "scrupuleusement mis en oeuvre les stipulations de la convention et s’est, notamment, interdit d’intégrer aux collections nationales des oeuvres illégalement exportées de leurs pays d’origine", ajoute le ministère.

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