Afghanistan - Après les combats du Helmand, c’est Kandahar qui est visée
« Sans aucun doute, il y a une évolution positive, mais je dirais qu’il est encore très tôt » pour se prononcer, a déclaré M. Gates. Les forces internationales et afghanes doivent s’attendre à de « très âpres combats » et à « des jours encore très difficiles », a-t-il dit. Il faut « faire encore plus ». L’Otan et l’armée afghane ont déclenché il y a trois semaines l’opération « Mushtarak (Ensemble) » à Marjah, dans la province du Helmand, un bastion taliban dans le sud du pays. Cette démonstration de force a entraîné le déploiement de 15.000 soldats des troupes internationales et afghanes. Le 25 février, à Marjah, les autorités afghanes ont hissé un drapeau en signe de victoire. Depuis, les combats y sont très sporadiques, mais les centaines de bombes artisanales posées par les insurgés empêchent un retour à la vie normale.
D’ici au début de l’été
C’est la première visite du chef du Pentagone depuis le lancement de l’opération « Mushtarak », la plus vaste offensive de l’Otan et de l’armée afghane depuis la chute des talibans en 2001. Le général Stanley McChrystal a confirmé qu’après Mushtarak, l’Otan déclencherait une offensive l’été prochain à Kandahar dès que toutes les troupes nécessaires seraient déployées. « Nous allons bien évidemment sécuriser Kandahar », a déclaré le général McChrystal. Selon M. Gates, l’Otan devrait disposer de l’ensemble de ses moyens militaires d’ici au début de l’été.
Plus de 30.000 soldats américains supplémentaires doivent être déployés en Afghanistan d’ici à août 2010, 6.000 étant déjà arrivés. Ces renforts s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle stratégie de contre-insurrection décidée par le président Barack Obama en décembre dernier. Robert Gates a également rencontré le président afghan Hamid Karzai, qui s’était rendu dimanche pour la première fois à Marjah, où il a promis la construction d’écoles, de routes et d’hôpitaux.
Un passé encombrant
Le secrétaire américain à la Défense a indiqué qu’il allait discuter avec lui du passé judiciaire du représentant de l’Etat nommé à Marjah. « La question est la suivante : si l’homme a commis un crime et purgé sa peine de prison, est-que cela l’exclut automatiquement ? Je ne connais pas la réponse à cette question », a déclaré M. Gates, interrogé sur les antécédents d’Abdul Zahir, nommé par le gouvernement afghan pour diriger l’administration locale. Selon la presse allemande et américaine, M. Zahir a en effet passé quatre ans en prison pour tentative de meurtre.
Un porte-parole du parquet d’Offenbach (ouest de l’Allemagne), Axel Kreutz, a assuré qu’un certain « Abdul Zahir, né le 10.01.51 », avait été « condamné par le tribunal de grande instance de Darmstadt en 1998 à quatre ans et neuf mois de prison pour tentative de meurtre sur son beau-fils en 1997 ». De son côté, Zahir affirme qu’il a vécu légalement en Allemagne pendant les quinze dernières années, travaillant dans un hôtel et dans une laverie. « Ce sont des rumeurs sans fondement pour me diffamer. Je suis aimé par mon peuple. Je sers mon peuple avec honnêteté », a-t-il dit sans nier complètement des violences sur son beau-fils. « J’ai peut-être giflé mon fils, mais pour l’éduquer correctement », s’est défendu M. Zahir.
France Soir







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