Drogue - Deux Françaises piégées aux Caraïbes ?
Elles rêvaient de s’offrir un voyage paradisiaque dans les Caraïbes. Elles ne rêvent désormais que d’en revenir. Depuis le 15 juin dernier, Sarah Zaknoun et Céline Faye, 18 et 19 ans, originaires de Besançon, sont retenues à la prison de Rafey-Santiago en République dominicaine.
Les deux étudiantes ont été interpellées par la police le jour de leur retour, à l’aéroport de Puerto Plata. Cocaïne, héroïne ? Si les autorités locales n’ont pour l’instant pas confirmé la nature du produit, plus de 5 kg de drogue auraient été retrouvés dans les valises de Sarah et Céline. Celles-ci ont été placées en détention provisoire pour une durée maximale de trois mois.
« C’est le temps dont dispose le procureur dominicain pour présenter un acte d’accusation », explique maître Emmanuel Marsigny, avocat parisien de Sarah et Céline.
Dix-sept Français incarcérés
Pour les familles, les raisons de l’interpellation ne font aucun doute « elles ont été piégées ». « Elles sont toutes les deux très naïves. Céline m’a dit qu’avant son départ, elle avait retrouvé sa valise sans dessus-dessous. Elle a cru que quelqu’un lui avait volé des affaires mais n’a pas vérifié les doublures de sa valise », explique Pascale Jackson, la maman de Céline.
Nabyla Zaknoun, la sœur de Sarah, s’inquiète pour la santé de ses deux filles : « J’ai eu Sarah au téléphone récemment. Les conditions sont difficiles, surtout au niveau de la nourriture. On leur donne toujours la même chose. Pour elles, tous les produits à acheter sont plus chers. Et quand elles veulent téléphoner, elles ont moins de temps que les autres. »
Un photographe indépendant français originaire de Besançon a pu apercevoir Sarah et Céline dans la prison, le 2 juillet dernier. Fabrice Barbier était en vacances en République dominicaine quelques jours après l’arrestation des deux Bisontines. « Ils ont fait sortir les filles pour me les montrer à une dizaine de mètres. Je leur ai fait passer un sac avec des produits d’hygiène et des vêtements. La prison a l’air assez moderne et entretenue.
Curieusement, par la suite, j’ai pu discuter avec une autre détenue française qui m’a parlé des problèmes de violence, des cris et des difficultés liées à la chaleur. Il y aurait 90 femmes dans cette prison. »
Fabrice Barbier a également rencontré le consul de France à Saint-Domingue, Didier Lagueny. « Il m’a dit que dix-sept Français sont incarcérés en République dominicaine : un pour pédophilie et seize pour trafic de drogue. » Piégés eux aussi ? Rien n’est moins sûr. Et dans tous les cas, comme le souligne maître Emmanuel Marsigny : « Ce genre d’affaire est compliqué car il est toujours difficile de faire preuve de sa bonne foi. »
France Soir
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