Humour - Maxime en 12 rounds
FRANCESOIR. Dans votre one-man-show vous comparez la vie à un ring de boxe, d’où vous vient cette idée ?
MAXIME. Lorsqu’on fait un one-man-show, on se retrouve face au public. C’est un échange permanent, un peu comme un ring de boxe. Et puis, d’une manière générale, dans la vie on doit constamment se battre. L’écriture de mon spectacle a pris deux ans et demi et j’ai dû me battre pour retrouver un producteur. D’où cette métaphore…
Dans un tel spectacle, vous êtes obligé de vous mettre à nu. Vous imposez-vous tout de même des limites ?
Malgré tout, je me cache derrière des personnages, même si ce one-man-show est proche de mes combats dans la vie. Et puis, il y a des limites qui se posent naturellement, sans qu’on s’en aperçoive. J’essaye de ne pas parler de la maladie ou de la religion, mais d’aborder des thèmes plus généraux. J’écris aussi pour moi, je ne cherche pas automatiquement un effet particulier sur le public.
Comment caractériseriez-vous votre type d’humour ?
C’est la question la plus compliquée que l’on puisse me poser. Répondre, ça serait prétendre se connaître et se regarder, c’est le pire défaut que pourrait avoir un humoriste… Je pense sincèrement que dans mon spectacle, il peut y avoir plusieurs niveaux de lecture. Des personnes qui ne veulent pas se prendre la tête s’y retrouveront, celles qui veulent y trouver un message pourront avoir un recul sur la vie. J’évoque des sujets un peu piquants…
Il vous arrive d’attaquer de front des personnes, n’est-ce pas un peu gênant ?
Non. Dans une petite salle, il existe une proximité telle avec le public que lorsqu’un spectateur est un peu turbulent, on le prend un peu de face. Il faut lui faire comprendre que les autres spectateurs ne sont pas là pour écouter ses commentaires. Mais c’est aussi un jeu qui s’instaure avec le public. On est obligé d’être réactif à ce qu’il se dit dans la salle.
Les gens ont-ils suffisamment d’humour ?
Ça dépend des périodes. Lorsqu’on est en hiver et que les impôts tombent, les gens ne sont pas forcément joyeux. Ça dépend des soirs aussi. Pendant les grèves, les gens étaient là sans vraiment y être. Mais ils ont besoin de rire. Ce qui m’étonne, c’est lorsque j’entends des exclamations dans la salle et que les gens sont choqués. A longueur de temps ils entendent des sujets choquants sur les ondes ou à la télévision et ils ne réagissent pas de la même façon lorsqu’on en parle sur scène.
Vous avez vécu une période difficile professionnellement, comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Je suis heureux avec ce spectacle. Perdre mon premier producteur n’a pas été évident financièrement pour monter ce spectacle. J’ai cru ne plus pouvoir monter sur scène. Mais j’ai conservé la rage de vaincre et me suis remis en question perpétuellement… C’est un peu ça aussi, la métaphore du combat de boxe. Dans la vie, il ne faut jamais relâcher la pression. Je suis content de retrouver une légitimité aujourd’hui sur scène. C’est ce qui compte le plus pour moi.
Maxime au Palais des Glaces, jusqu’au 14 juin 2008, 37, rue du Faubourg-du-Temple, 75010 Paris, du mardi au samedi. Tarifs : de 10 à 18 euros. Réservations : 01.42.02.27.17.
France Soir







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