Journée de la femme - L’engagement politique au féminin : un défi !
La Journée internationale de la femme a cent ans. Un siècle qui a vu naître le travail des femmes, le droit à l’avortement, l’avènement du féminisme et le recul de quelques inégalités. Toutes ? Non. Certaines résistent encore et toujours aux envahisseuses, et la politique est l’une des plus coriaces. Malgré la loi sur la parité votée en 2001, on ne trouve encore, à ce jour, que 18 % de femmes à l’Assemblée et 13,8 % de femmes maires (8,5 % dans les communes de plus de 3.500 habitants) ! Y aurait-il moins de candidates que de candidats à des postes à hautes responsabilités ? Bien sûr que non. « Un poste donné à une femme est un poste de moins pour un homme », observe Janine Mossuz-Lavau, politologue, ancien membre de l’Observatoire de la parité, et auteure de Guerre des sexes : stop ! Pas étonnant, dès lors, que ces messieurs ne voient pas d’un très bon œil leur pré carré se féminiser et tentent par tous les moyens de barrer la route à leurs concitoyennes.
Une histoire pluriséculaire : « La loi salique (qui interdisait aux femmes l’accès au trône) remonte au XIVe siècle, rappelle Janine Mossuz-Lavau. Pendant la Révolution, on a créé la citoyenneté… réservée aux hommes puis, en 1848, le suffrage dit « universel », mais sans les femmes. Ce n’est qu’au sortir de la seconde guerre mondiale qu’elles ont obtenu le droit de vote, en même temps que celui de se présenter aux élections. On comprend que, même pour elles, les choses n’aillent pas encore de soi. »
Des ministères « féminins »
La route est longue et semée d’embûches. Plus que les hommes, elles doivent prouver leurs compétences et n’ont aucun droit à l’erreur (lire nos témoignages). D’abord cantonnées dans les ministères dits de « Care » (santé, personnes âgées, droit des femmes, familles…), ce n’est que très récemment, à l’exception de l’historique et controversée nomination d’Edith Cresson à Matignon, qu’on a vu des Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et autres Christine Lagarde accéder aux fonctions régaliennes telles que la justice, l’armée, l’intérieur ou l’économie. Malgré cela, les femmes politiques restent en butte aux persiflages sexistes. On se souvient du fameux « la présidentielle n’est pas un concours de beauté ! », lancé par Jean-Luc Mélenchon à Ségolène Royal lors de sa campagne de 2007. « Lorsqu’elles jouent de leur féminité, les femmes ne sont pas prises au sérieux, commente la politologue. Mais lorsqu’elles n’en jouent pas, on leur reproche d’oublier qu’elles sont femmes ! »
Pourtant du côté des électeurs, les sondages sont sans équivoque : 89 % des Français souhaitent voir plus de femmes dans la vie politique. Alors, messieurs, à bon entendeur…
© Rama Yade / © SIPA
France Soir
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