Paris - Services supprimés à l’hôpital Saint-Joseph
Fin novembre, le service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Joseph fermera ses portes. Un coup dur, notamment pour les quelque 500 patients séropositifs qui y étaient suivis. « La direction n’a même pas eu la décence de prévenir directement ses patients, qui l’ont appris par leur médecin, se révolte Xavier Rey-Coquais, coordinateur de l’association Actif-Santé pour la défense des patients. Et dire que certains ne doivent pas encore être au courant… Il suffit qu’un patient ne consulte que tous les deux mois pour qu’il ne sache pas encore que son service ne va plus exister. » Sous l’impulsion d’Actif-Santé, les patients ont monté le Collectif Saint-Joseph pour protester contre cette fermeture. Parmi eux, certains y sont suivis depuis plus de dix ans par le même médecin. « C’est un grand bouleversement pour eux, confirme Xavier, surtout qu’aujourd’hui les consultations VIH à Paris sont saturées. » Alors pourquoi cette suppression ? « Abandon des spécialités fortement déficitaires », et ce pour « conduire l’hôpital vers un équilibre durable », se justifie la direction, qui a supprimé également le service pédiatrie en juillet dernier.
Tarification qui fâche
Depuis que la tarification à l’activité, dite T2A, a été mise en place par le ministère de la Santé, une consultation pour un patient séropositif est moins bien remboursée qu’un acte chirurgical. D’où des choix « stratégiques » qui poussent certaines directions à sacrifier des services. « On met les hôpitaux dans l’obligation de rentabilité et non de santé publique. Cette tarification est délirante ! » dénonce Xavier Rey-Coquais, lui-même séropositif. A Saint-Joseph, en lieu et place des quatre médecins qui s’occupaient de ces patients peu rentables, un chirurgien en cardio-vasculaire va être embauché. Un secteur déjà fort bien représenté en Ile-de-France… Cherchez l’erreur.
Mise en place progressivement, c’est en 2012 que la tarification T2A sera appliquée dans l’ensemble des hôpitaux. Saint-Joseph, considéré comme un laboratoire d’expérimentations dans le milieu hospitalier, n’a pas attendu pour l’appliquer. « Ce que l’on craint, c’est que cet hôpital préfigure ce qui va se passer demain. Que certains services ferment parce que jugés pas assez rentables. Que les patients doivent changer d’hôpital et de médecin après des années de suivi », explique le collectif Saint-Joseph, qui prépare plusieurs actions de protestation pour la mi-novembre. Et de garder jalousement secret ce qui est prévu : « C’est une surprise, mais ça promet d’être croustillant… »
France Soir







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