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Report OM-PSG : Marseille abasourdie après des scènes d’émeute

La préfecture des Bouches-du-Rhône demeure sous le choc après les vagues d’affrontements survenues à la suite de l’annulation du « clasico ». Plusieurs témoins livrent à France-Soir leur récit d’un après-midi de chaos et d’angoisse.

Colère et consternation. Tels sont les sentiments qui dominent, aujourd’hui, dans les rues de Marseille au surlendemain des émeutes urbaines qui ont éclaté à la suite de l’annulation, dimanche 25 octobre, du « clasico » OM-PSG.

La ville s’est réveillée, hier, comme groggy à l’issue d’affrontements dévastateurs entre plusieurs centaines de supporteurs parisiens classés parmi les « indépendants », les fans de l’OM et les forces de l’ordre, soucieuses de contenir le véritable désordre semé dans les principales rues du centre-ville de la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Violentes, les hostilités sporadiques commencent avant-hier en début d’après-midi, sitôt officialisée l’annulation de la rencontre par la Ligue de football professionnelle (LFP) à six heures seulement du coup d’envoi « du match de l’année », comme le désigne la bouillante clameur du Vélodrome. Plus moyen pourtant de canaliser les indépendants parisiens, échappant par définition à tout contrôle du club de la capitale et des autorités locales, prises de court par la décision de reporter la rencontre.

Les redoutables fans parisiens, libres de tout contrôle, arrivés la plupart sur la Canebière la veille, voire le matin même, circulent déjà dans le centre de la cité phocéenne. En outre, dès 14 h 30, aux abords de la gare Saint-Charles, des rixes sont signalées. Pas le temps de se perdre en conjectures, les assaillants font route vers le centre-ville et le Vieux-Port, concentrant les bars et restaurants, autant de points de ralliement périlleux…

La tension monte encore d’un cran vers 15 heures. Les affrontements redoublent du côté du cours Jean-Ballard, où magasins, voitures et débits de boisson sont vandalisés sans distinction. Tandis que passants et touristes sont méchamment secoués par des individus masqués et insaisissables.

« Nous sommes tranquillement sur le Vieux-Port lorsque j’aperçois un Parisien que je connais à la terrasse d’un bistrot. Je le salue, il me repousse et me demande de dégager. Le serveur, livide, me prie de déguerpir. Quand, tout à coup, près de 30 supporteurs du PSG se lèvent, me balancent des verres, des cendriers, des chaises… tout ce qu’ils ont à portée de main », relate à France-Soir, encore décontenancé, Gilbert Tur, le responsable parisien des Yankees, filiale de l’association homonyme de Marseille.

Ni une ni deux, il prend ses jambes à son cou. Oblique vers la rue Venture, l’adresse du local des Yankees, situé à quelques encablures du cours Jean-Ballard. Essoufflé mais sain et sauf, Gilbert Tur sonne l’alerte. Les responsables Yankees prennent aussi sec les premières mesures de sécurité. Femmes et enfants s’enferment, toute grille métallique baissée.

Dehors, la quasi-guérilla urbaine semble à son apogée. Le balai ininterrompu des véhicules de police, sirènes hurlantes, rythme les échauffourées et les jets de pierre et d’objets contondants en tous genres. « On a l’impression de lever de véritables tranchées pour contenir les attaques des indépendants parisiens », explique Timothé à France-Soir, toujours stupéfait par les charges adverses. Dans la hâte, le minibus des Yankees est mis à contribution, bloquant, au cas où, l’une des ouvertures donnant sur le local. Parallèlement, ils essaient de joindre, à plusieurs reprises, leurs habituels contacts auprès des forces de l’ordre. Sans succès. Les autorités sont débordées, prises au dépourvu par la décision tardive et sans appel de la LFP.

« Aucun signe distinctif »

Toujours est-il que sur le Vieux-Port les altercations redoublent. « Les indépendants parisiens évoluent par petits groupes de 10 à 15 personnes. Ils tapent sur tout ce qu’ils peuvent. Je n’ai jamais vu autant de violence et de haine depuis vingt-deux ans que je suis aux Yankees », souligne Lionel Tonini, le président de l’association, encore éberlué par l’animosité qu’il dit avoir vue sur le cours Jean-Ballard.

« Ce déploiement de haine est sans commune mesure avec ce que j’ai pu connaître, jusque-là, en Europe, au cours de nos très nombreux déplacements, s’indigne-t-il. C’est miraculeux qu’il n’y ait pas eu de mort », compte tenu « des scènes de guérilla urbaine opposant les CRS et leurs Flash-Ball aux indépendants parisiens ». Et Michel Tonini, son frère, le vice-président des Yankees, de fustiger « une bande d’inconscients n’ayant rien à voir avec le football ».

Pour lui, « il ne s’agit pas d’affrontements entre supporteurs mais de gens venus à Marseille pour tout casser. Que le match n’ait pas eu lieu n’est d’ailleurs pas un problème pour eux, puisqu’ils sont seulement venus pour en découdre ! » L’aîné des Tonini dénonce un état de fait qui profite, selon lui, une fois encore aux fauteurs de troubles masqués derrière le sulfureux label d’« indépendants ». « Mis à part un coup de matraque ou quelques gaz lacrymogènes, ces gens-là ne risquent rien, car ils ne présentent aucun signe distinctif. Bref, tant que la justice ne fera pas son travail, ce problème de sécurité va persister. »

Les deux bus d’adhérents parisiens des Yankees – une centaine de personnes environ – ont, quant à eux, finalement pu regagner Paris, hier vers 5 h 30, sans encombre, à l’abri de toute attaque intempestive sur l’autoroute du retour.

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