» S'identifier
Jeudi 09 février, 23:59
Accueil > Dix questions sur les Roms

Dix questions sur les Roms

Publié le 25 août 2010 à 08h23
Mis à jour le 25 août 2010 à 16h38

La polémique sur les Roms n'en finit plus. Les clés pour mieux aborder le dossier.


1. Combien sont-ils ?

Evaluée à environ 10 millions de personnes, vivant essentiellement en Europe de l’Est, la population rome est la première minorité ethnique en Europe.

2. D’où viennent-ils ?

Les Roms qui émigrent en France viennent pour la quasi-totalité de Roumanie et de Bulgarie. La Roumanie en compte en effet 2,5 millions, selon les ONG, quand la Bulgarie en recense entre 700.000 et 800.000, soient 10 % de sa population. Mais il existe aussi d’importantes populations romes en Hongrie (500 à 600.000), Serbie (400.000), Slovaquie (de 350.000 à 520.000) et République tchèque (300.000).

3. Pourquoi quittent-ils leur pays ?

Pour fuir la misère et les discriminations. La Roumanie et la Bulgarie sont en effet les deux pays les plus pauvres de l’Union européenne. Etranglé par la crise depuis 2009, le gouvernement roumain a dû prendre des mesures d’austérité drastiques – notamment des coupes de 25 % dans les salaires des fonctionnaires – afin de respecter les normes de déficit fixées par le Fonds monétaire international en échange d’un prêt. Du coup, de nombreux Roumains – Roms, mais aussi non Roms – tentent leur chance à l’étranger. La plupart des Roms qui partent sont issus des communautés traditionnelles, très pauvres, qui vivent dans les campagnes. Facteur aggravant, les Roms souffrent aussi d’un rejet de la population en Roumanie, comme en Bulgarie. Selon une étude effectuée en 2009 par le gouvernement, 7 Roumains sur 10 ne veulent pas qu’un Rom fasse partie de leur famille.

4. Où vont-ils ?

La France, qui ne compterait que 15.000 Roms, est loin d’être leur principale destination en Europe, la plupart émigrant plutôt en Espagne et en Italie. Madrid, qui ne connaît pas le mot Rom, recense ainsi 700.000 Gitans, alors que 342.200 Roumains vivent en Italie, selon les chiffres officiels (556.000 selon l’organisation Caritas, en forte hausse depuis 2007). La Grèce a également une forte communauté de 300.000 Roms, quand la Suède et la Suisse en recensent chacune environ 50.000, pour moitié d’émigration ancienne.

5. Quelle est l’attitude des autres pays européens ?

Face à la question des Roms, les réponses des pays européens varient, allant de la fermeté à des politiques favorisant l’intégration. Car l’Union européenne ne s’est pas réellement attelée au sujet, même si la Commission a débloqué une enveloppe de 17,5 milliards d’euros sur 2007 -2013 utilisée par douze Etats membres pour promouvoir l’intégration des Roms. La Roumanie, la Bulgarie, l’Italie, la Suède et l’Espagne en font partie. Pas la France.

– Espagne. Le gouvernement a adopté en avril un « plan d’action pour le développement de la population gitane 2010-2012 », doté de 107 millions d’euros sur trois ans, avec des actions en matière d’éducation, de santé, de logement et pour les femmes.

– Italie. Il n’existe pas de politique systématique d’expulsions contre les Roms, mais des aides au retour sont prévues sur une base volontaire.

– Grèce. Les Roms y vivent dans des conditions misérables, souvent victimes d’expulsions arbitraires et de violences policières. Malgré les aides européennes, leur intégration reste lettre morte. En 2008, la rapporteuse de l’ONU pour les droits des minorités, Gay McDougall, s’était alarmée d’une situation « désespérée ».

– Allemagne. Les Roms allemands sont reconnus comme l’une des quatre minorités allemandes. La plupart des autres Roms sont des réfugiés du Kosovo ayant fui la guerre. L’Allemagne les encourage, comme tous les Kosovars réfugiés, à rentrer chez eux avec des aides au retour. Berlin a ainsi annoncé son intention de renvoyer « par étapes » au Kosovo quelque 10.000 Roms.

– Grande-Bretagne. Le gouvernement, qui ne dispose pas de statistiques sur les Roms dans le pays, renforce sa législation pour donner à la police les moyens d’arrêter les occupants illégaux de terrains.

– Suède. Les Roms sont l’une des cinq minorités reconnues. Mais selon un rapport récent, 80 % sont sans emploi et une majorité d’enfants ne termine pas l’école primaire. Une cinquantaine ont été expulsés en 2010 parce qu’ils se livraient à la mendicité.

6. La France est-elle la seule à durcir le ton ?

Non. Le gouvernement italien, qui a applaudi la fermeté française, va demander à l’Union européenne l’autorisation d’expulser des ressortissants d’Etats membres tels que les Roms lorsque leurs conditions de vie sont jugées inadéquates. Bruxelles s’est pourtant déjà opposé à de tels projets en Italie. En 2008, le gouvernement Berlusconi avait commencé à prendre les empreintes digitales des Roms et de leurs enfants avant de reculer partiellement devant une levée de boucliers.

Ce durcissement avait été provoqué par le meurtre sanglant à Rome de la femme d’un officier de marine italien en octobre 2007 par un Roumain d’origine rome. Début 2009, une série de viols impliquant des immigrés avaient entraîné un raid anti-Roumains à Rome, faisant quatre blessés. La même année, obliger les enfants à mendier – avec un texte ciblant à l’évidence la communauté rome – est devenu un délit passible de prison.

7. Quelle est la différence entre Roms et gens du voyage ?

Leurs situations ne sont en rien comparables. Seuls les lient des origines très lointaines : la grande famille des Roms, Tsiganes, Manouches, Gitans et autres Bohémiens serait issue du même peuple nomade qui a quitté le nord-ouest de l’Inde au début du XIe siècle et qui s’est dispersée à travers l’Europe et le reste du monde.

En France, le terme de Roms désigne quelque 15.000 immigrés récents, roumains ou bulgares. Les 400.000 gens du voyage sont en revanche à 95 % français. Ce terme administratif générique désigne simplement une population résidant habituellement en caravanes : forains, marchands ambulants, ou saisonniers. Ils se définissent donc avant tout par leur nomadisme, alors que les Roms, paradoxalement, sont pour l’essentiel sédentarisés depuis les années 1960 ; seuls 10 % en Europe sont encore nomades.

8. Combien reviennent en France après avoir été expulsés ?

Environ les deux tiers, car la liberté de circulation des citoyens européens les autorisent à entrer en France sans formalité particulière et à y rester trois mois sans avoir à justifier d’une activité. Toutefois, ils peuvent être expulsés en cas de trouble à l’ordre public ou « charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale ». Au moment de l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE en janvier 2007, dix Etats (France, Allemagne, Autriche, Belgique, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas et Royaume-Uni), craignant l’impact sur leur marché du travail, ont adopté des restrictions à la liberté de circulation des travailleurs issus de ces deux pays, qui devront être levées le 31 décembre 2013. Ce régime dérogatoire prévoit que, à l’issue du délai de trois mois, Roumains et Bulgares doivent avoir un emploi, suivre des études ou justifier de ressources suffisantes et avoir une assurance maladie pour pouvoir rester en France. Pour exercer une activité professionnelle, ils doivent également détenir un titre de séjour et une autorisation de travail, difficiles à obtenir. Le type d’emplois qu’ils peuvent occuper est par ailleurs limité à 150 métiers connaissant des difficultés de recrutement.

9. A combien en France se monte l’aide au retour ?

L’aide au retour humanitaire (ARH), versée au moment du départ, s’élève à 300 € par adulte et à 100 € par enfant accompagnant. Les frais de voyage sont également pris en charge. En 2009, 12.323 personnes en ont bénéficié dont 10.177 Roumains et 863 Bulgares. A partir de septembre, les bénéficiaires devront toutefois laisser leurs empreintes digitales dans un fichier baptisé Oscar, créé pour empêcher certaines personnes de bénéficier plusieurs fois de l’ARH, comme c’est actuellement le cas.

10. Combien de Roms ont-ils été expulsés cet été ?

Plus de 80 camps illicites occupés par des Roms ont été évacués depuis la fin juillet. Paris a évoqué le chiffre de 850 Roms roumains et bulgares à renvoyer d’ici à fin août mais le nombre de Roms renvoyés de France vers la Roumanie depuis la semaine dernière « ne dépasse pas les 200 », selon le secrétaire d’Etat roumain chargé de l’intégration de cette minorité, Valentin Mocanu.
Par Christine Ollivier
C'est sur France Soir !
 

Réactions à cet article10 commentaires

  • poete, le 25 août à 10:15

    poete
    roms

    je les plains sincerement,mais veulent ils vraiment etre sedentarises?et dis à tous ceux qui sont contre les mesures gouvernementales,, vous avez bien un petit jardin,qui pourrait contenir 2à3 tantes,et le dimanche vous ferez le nettoyage du terrain! là oui,ça serait de l'entraide on s'implique quand on rale sinon on se tait!



  • bambou, le 25 août à 15:44

    bambou
    ROMS

    Je remarque que plus l'état Français aide les minoritées,Plus les files sont longues devant les aides genre ''secours populaire'' -''restaurant du coeur''....(...)



  • bigre, le 25 août à 21:38

    bigre
    roms

    Il faut arrêter de les expulser sinon on ne pourra plus faire laver nos pare-brises aux feux rougesIl ne faut pas empêcher la libre entreprise, bigre alors !



  • PIOUPIOU, le 26 août à 02:49

    PIOUPIOU
    roms suite

    Si dans la région parisienne vous n'avait pas d'argent pour vous acheter du lave-glace cela devient grave



  • Booba, le 17 sep à 17:25

    Booba
    Je confirme arreter de vous

    Je confirme arreter de vous plaindre les parisiens !



  • ariane, le 26 août à 06:27

    ariane
    Enfin!

    Enfin une information complète et très intéressante. Pour la Roumanie, il manque seulement l'historique des Roms. Réduits à l'esclavage au 16ème siècle, cette population a perdu, mise à part quelques rares groupes voyageant à travers le pays en chariots tirés par des chevaux, son droit à l'appelation de gens du voyage. Du temps de Ceaucescu, les Roms travaillaient tant bien que mal. Le pays avait un 2% du chômage. Ensuite, la Révolution a mis à la rue de nombreuses personnes, dont les Roms en premier car totalement analphabets. Une partie des Roms, pas tous, et principalement ceux qui viennent en Europe dans des camps n'ont plus de traditions. Ils sont totalement incultes et c'est là le problème principal. Car les autres sont soit pour une minorité très riches (trafics en tous genres) soit pauvres, mais attachés à leur vie en groupes et oeuvrant dans divers domaines (textiles, fabrication de gouttières pour les maisons etc). Ces derniers n'abandonnent pas leurs enfants. Les autres, dans leur grande majorité les ont placés dans les orphelinats. Aujourd'hui, la Roumanie n'accepte plus le placement systématique en maison d'enfants, sauf lors de maltraitance avérée. Et la situation est aisée à imaginer, surtout que la plupart ne contrôle pas les naissances.



  • Anonyme mistigri, le 26 août à 07:20

    Anonyme mistigri
    les roms en roumanie !

    on n'a pas les moyens d'accueillir toutes les populations du monde,c'est pourquoi les gouvernements de tous les pays doivent prendre en charge leurs ressortissants . stop à toutes les immigrations clandestines.



  • JEF, le 31 août à 13:09

    JEF
    ROMS

    Pour le bien-être des ROMS il faut inviter ceux-ci à s'installer uniquement dans les villes dirigées par des maires socialistes où ils seront certainement les bienvenus sauf biensur dans la ville de Martine Aubry qui préfère les chasser dans les communes voisines. Pourquoi cela s'ils sont si bien....



  • Anonyme kisnif, le 3 oct à 17:13

    Anonyme kisnif
    gens du voyage

    Je crois que les "roms" sont pauvres en FRANCE, ceux que je vois dans ma ville sont sédentarisés, ils essayent de travailler sans trop voler...Ce qui me gêne se sont les "gens du voyage", ceux qui arrivent avec une majorité de véhicules blancs et neufs, de marque plutôt " MERCEDES", j'ai vu des Audi et autres grandes marques etc...

    A la TV "un voyageur" répond à un journaliste-" bien sur qu'une 2cv ne pourrait pas tirer ma grosse caravane, c'est pourquoi j'ai une grosse cylindrée". Voici ma question:ces gens qui voyagent arrivent à trouver du travail quand ils s'arrêtent (alors qu'il y a un paquet de chômeurs dans ma ville),ils arrivent à s'offrir du matériel dernier cri concernant les caravanes et véhicules...QUELLES SONT LEUR VRAIES SOURCES DE REVENU, qui finance leur train de vie??? Personne ne parle de ce sujet, serait-il "secret défense"? J'ai l'impression très nette que les gens du voyage vivent à nos crochets. Qui peut répondre sincèrement à cette question? (je précise que les chaises n'ont plus de paille et que personne ne ramasse les peaux de lapins).



  • mariannkml, le 16 sep à 21:02

    mariannkml
    rome qui sont les cupables

    qui sont les responsablede ce bordel ne serais ce pas les politicien qui ont malgrés notre non a cette euope fait passetr le tritée de force etmaintenant on s'en prends aux victimes de ce que j'appel l'aviditée des puissant afins de mettrzea genous les sallarier protéger desetats "riches' voila les responsables sont ceux qui décides pas ceux qui subissent nous aurions due renvoye nos politicien a notre non pour une euope tjrs aux mains des plus riches et nous les citoyens des pays riches devrions heberger ces roms a l'élysée ou che sarko et les autres voila mon point de vue les responsables dece merdier se sont les politicens ni plus ni moin


Réagissez à cet article

Réagissez avec votre compte Francesoir.fr :

* Champs obligatoires
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR


  • 10
PureShopping

Dernières vidéos

iPad 3 : Un écran signé Sharp pour Apple ?

» Voir toutes les vidéos
France-Soir sur Facebook

Les membres les plus actifs

Quiz

Testez vos connaissances

Mallaury Nataf