Hasard du calendrier ou ironie du sort, Christian Streiff s’est engagé lundi dernier à ne pas fermer d’usine et/ou mettre en œuvre de plan de licenciement en 2009, en contrepartie d’un prêt bonifié (accordé au taux préférentiel de 6 % sur une période de cinq ans) de 3 milliards d’euros. Confronté à une perte nette historique de 343 millions d’euros sur l’exercice 2008, à comparer à un bénéfice de 885 millions en 2007, PSA avait pris les devants et annoncé dès le mois de novembre la mise en place d’un plan de départs volontaires de 3.550 personnes au sein de la division automobile située sur le territoire français.
Dans un même élan, l’équipementier Faurecia, filiale du constructeur sochalien, faisait état d’un plan de départs concernant 1.215 emplois en France entre 2009 et 2011. Une tendance confirmée à l’échelon européen par les déclarations de la directrice financière du groupe, Isabel Marey-Samper, lors de la présentation des résultats du groupe : « Nous nous attendons à ce que plus de 11.000 personnes quittent le groupe en 2009 dans le cadre des départs volontaires. »
Au regard d’un résultat négatif 2008 à mettre sur le compte de la baisse de ses ventes de l’ordre de 5 % ramené à 3,26 millions d’unités et de charges de restructuration, le président de PSA Peugeot Citroën s’explique. Crise économique oblige, l’entreprise a en effet été contrainte de passer une charge exceptionnelle de 917 millions d’euros dans sa comptabilité. Sur ce montant, les frais de restructuration de la branche automobile s’élèvent à 473 millions d’euros. Ceux passés pour maintenir hors de l’eau son équipementier Faurecia atteignent 431 millions d’euros. « Dans une perspective de récession prolongée, nos priorités sont claires, nous devons concentrer tous nos efforts sur la réduction des stocks et l’utilisation de la trésorerie au travers de notre programme Cash 2009 afin de renouer avec la rentabilité au cours de l’année 2010 », indique Christian Streiff.
Pour le constructeur automobile, numéro deux européen en volume de ventes derrière l’allemand Volkswagen, 2009 s’annonce tout aussi difficile. Après une chute de 7,8 % sur 2008, le marché européen devrait accuser, selon le président de PSA, une baisse de 20 % et un recul significatif à l’échelon international.
Des perspectives limitées
En présentant les résultats, M. Streiff l’a martelé : la priorité des priorités reste de gérer les stocks à fin 2008. S’ils étaient quasiment au même niveau qu’à fin 2007 (628.000 contre 604.000), leur gonflement oblige le groupe à augmenter ses besoins en financement, à l’image du second semestre 2008. Dans les usines, les jours non travaillés s’accumulent et des arrêts sont programmés en février et en mars sur le site de Sochaux.



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