Rich Media - Les universités et les entreprises s’y intéressent pour demain
Il n’est pas question ici d’un riche média, mais bien d’un média enrichi. Service apparu sur la Toile, le Rich Media permet tout simplement, depuis quelque temps, l’intégration accommodante des différents supports passés maîtres sur le Web, les fichiers sonores, les photos et les vidéos.
La révolution cybernétique n’est pas en marche, en tout cas pas encore. Mais la simplification d’utilisation et l’ergonomie que le Rich Media propose pour mieux apprendre apporte une réelle nouveauté.
L’idée est simple, certes, mais terriblement efficace. Une vidéo enregistrée est accompagnée, pour une meilleure compréhension, de schémas explicatifs, de photos ou par exemple d’une présentation de format Powerpoint.
La Rich Media, humble support, trouve alors le moyen de synchroniser l’ensemble pour que l’interactivité s’améliore. Les documents s’adaptent au discours, apparaissant à la seconde près, les « slides » de la présentation Powerpoint s’épluchent à la vitesse adéquate, et les photos d’illustrations tombent à pic.
Une formation enrichie, simplifiée, facilitée
S’appuyant, en France, sur ses principaux acteurs que sont Momindum, Libcast ou Brainsonic, le Rich Media élargit donc le sillon établi par le e-learning, l’apprentissage par Internet. Mais en comparaison avec son aîné, il gagne en temps et perd en coût. Surfant sur l’explosion de la vidéo sur la Toile, l’enseignement et la formation sont ainsi enrichis, simplifiés, facilités.
Les deux méthodes de mémoire, visuelle et auditive, sont mises à contribution.
Grâce à la méthode du deep-tagging, littéralement le « marquage approfondi », développé par Momindum, la vidéo enregistrée se retrouve indexée et découpée en chapitres identifiables. L’utilisateur peut ainsi retrouver l’instant qui intéresse son apprentissage ou dénicher, par une simple recherche par mot-clé, l’ensemble des passages du discours qui font allusion au sujet qu’il étudie.
Un gain de temps qui laisse rêveur, notamment pour un cours enregistré sur plusieurs heures.
La bibliothèque du savoir
Adieux les monceaux de photocopies, les révisions des étudiants gagnent en productivité et le participatif n’a jamais été autant d’actualité. Les professeurs et les élèves, ou les élèves entre eux, doivent ainsi, pour compléter ce charmant tableau de l’école du futur, « poster » leurs notes, leurs recherches et leur approfondissement du cours de base.
L’université garde alors trace de chaque intervention professorale, se constituant pour la suite une jolie bibliothèque numérique, une base du savoir pour les années à venir.
Et le monde de l’entreprise suit la piste établie. En cette période de difficultés économiques, les directions entendent garder la qualité de leurs formations, mais leurs coûts, évidemment, doivent baisser. L’utilisation du Net s’avère alors tentante, d’autant que l’épidémie grippale amène en surplus, par les possibles empêchements de déplacements, un regard appuyé sur ces techniques d’enseignement et de communication à distance.
Le Rich Media a donc dépassé ses premiers balbutiements, mais entame sa croissance. Et beaucoup, d’ici peu, devraient en entendre parler.
Tanguy de Lamarzelle : “Cela ne va pas remplacer le professeur”
Responsable marketing de la société Momindum, l’un des leaders sur le marché français, Tanguy de Lamarzelle revient pour France-Soir sur les écueils que devra éviter le Rich Media.
FRANCE-SOIR. Le Rich Media, dans l’enseignement, ne va-t-il pas à terme trop éloigner le professeur de ses élèves ?
En France, nous faisons des cours magistraux suivis d’exercices d’application qui ne sont jamais corrigés. Pourquoi ne pas donner des documents et des lectures avant les cours pour mieux les préparer ? Les étudiants verraient ainsi le Rich Media comme un véritable outil d’apprentissage. On ne peut pas jouer sur les mentalités, alors certains l’utiliseront peut-être pour travailler moins. Mais une chose est sûre, le Rich Media ne remplace pas le professeur, il le complète.
L’idée du Rich Media paraît simple. N’avez-vous pas peur que son utilisation soit accessible très vite gratuitement sur Internet ?
Nous allons avoir de plus en plus de concurrents, bien sûr, mais nous avons des brevets. Et, surtout, offrir un tel service pour des institutions, des universités, des entreprises, ça ne s’improvise pas. Il faut une réelle qualité, une qualité professionnelle, pour que l’interface avec l’utilisateur ait vraiment de l’impact.
Les universités et les formations en entreprise sont des cibles larges, mais est-ce suffisant pour se développer ?
Le Rich Media connaît heureusement d’autres applications qui vont se développer prochainement. Certains projets sont ainsi plus originaux, comme la captation vidéo et son développement en Rich Media d’une opération chirurgicale, de cours de massage ou encore d’explication du jeu demandées par les fédérations sportives.
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France Soir
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