Comment interpréter et répondre aux questions des enfants?

Comment interpréter et répondre aux questions des enfants?

Publié le :

Mardi 10 Juillet 2018 - 16:55

Mise à jour :

Mercredi 11 Juillet 2018 - 15:47
Les enfants posent des questions qui parfois nous désarçonnent. Craintes existentielles, interrogations sur la reproduction, peur de la mort ou de la maladie, les plus jeunes se livrent à leurs parents parfois bien démunis pour leur apporter une réponse. Pourtant ce phénomène est normal et ne doit susciter de l'inquiétude que dans des cas précis. Pour France-Soir, le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer livre ses conseils.
© ED JONES / AFP/Archives
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Rodolphe Oppenheimer, édité par la rédaction

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Pourquoi? Comment? Quand? C’est quoi? Les enfants posent de nombreuses questions au quotidien et les parents se trouvent dans l’embarras de donner des réponses que, parfois, ils ne connaissent pas!

> Pourquoi les enfants posent-ils des questions?

Se poser des questions est tout à fait normal pour un enfant. Tout ce qu’il voit, entend ou sent est nouveau pour lui et il a besoin d’en savoir plus. S'interroger est donc pour lui un moyen de comprendre ce qui l’entoure. C’est également un moyen pour résoudre un problème intérieur ou extérieur.

Scientifiquement, les questions sont un outil essentiel dans le développement cognitif de l’enfant. Elles ne sont surtout pas à négliger!

> À quel âge et à quelle fréquence?

Les enfants commencent à poser des questions, principalement à leurs parents, dès l’âge de trois à quatre ans. Les questions "pourquoi" et "comment" sont les plus fréquentes à cet âge, tout simplement parce que les enfants sont curieux de tout et que leur vocabulaire et leurs connaissances ne sont pas assez développés. À partir de cinq ans, la nature des questions varie et les nuances sont plus profondes.

Une étude réalisée en 2017 en Angleterre a montré que les enfants posent 75 questions en moyenne par jour. Que votre enfant vous pose des questions toute la journée ne devrait donc pas vous inquiéter. Mais qu’en est-il du contraire? C'est-à-dire si votre enfant ne pose aucune question?

Voir aussi: A cause des écrans, les enfants auraient du mal à tenir correctement un stylo 

Comme évoqué, c’est entre 36 et 48 mois que les enfants commencent à poser des questions. Si le votre ne le fait pas du tout ou que rarement, cela peut indiquer un problème de développement soit linguistique (amélioration du langage) ou cognitif (se rappeler partiellement des histoires, mieux comprendre la notion du temps, imaginer avec plus de créativité, etc.). Ce sont d’ailleurs les questions qui permettent de développer ces capacités et plusieurs autres.

> Comment interpréter les questions de votre enfant?

Votre enfant ne vous pose pas des questions pour vous ennuyer ou seulement pour attirer votre attention (c’est parfois en partie le cas). Il le fait pour comprendre quelque chose, résoudre un problème, savoir plus à propos d’un sujet et parfois être rassuré.

Voici quelques-unes des questions les plus fréquentes: pourquoi les gens meurent? Maman, est-ce que tu vas mourir aussi? Comment on fait les enfants? C’est quoi Dieu? Pourquoi le ciel est-il bleu? Pourquoi dois-je aller dormir tôt et pas vous? Pourquoi les gens tombent-ils malades?

Avant tout, il est important de prêter attention à votre enfant pour essayer de comprendre sa question. Il faut penser aux motifs derrière cette question, si elle peut être liée à un évènement qu’il a vécu, à une personne de son entourage, à une conversation qu’il a entendue, etc. Si par exemple il vous demande pourquoi les gens tombent malades, il ne suffit pas de lui expliquer qu’on peut attraper des virus ou être infectés par des bactéries, il faut le rassurer que les maladies des enfants sont souvent faciles à soigner et lui expliquer que les bonnes habitudes d’hygiène et d’alimentation peuvent les prévenir.

Les enfants posent beaucoup de questions à propos de la mort (les adultes aussi). L'interrogation "est-ce que maman va mourir" implique aussi une inquiétude sur ce qui va devenir de l’enfant et qui va s’en occuper.

En principe, les questions des enfants ne sont pas inquiétantes. Qu’il vous demande s’il va mourir ou si la mort est douloureuse ne devrait donc pas vous alarmer. Mais si, malgré votre explication, il ne pense plus qu’à ça, fait des cauchemars ou présente d'autres signes d’anxiété, c’est qu’il traverse probablement une crise et qu’il faut l’aider d’abord en lui parlant et si nécessaire en faisant appel à un spécialiste.

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (https://psy-92.net/). Ses deux derniers ouvrages, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) et Se libérer des troubles anxieux par la réalité virtuelle (Ed. Eyrolles) sont disponibles en librairie.

Les enfants n'hésitent pas à poser des questions sur la maladie ou la mort.


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