Futurs parents? Comprendre et dépasser vos peurs

Craintes

Futurs parents? Comprendre et dépasser vos peurs

Publié le :

Jeudi 13 Septembre 2018 - 16:48

Mise à jour :

Jeudi 13 Septembre 2018 - 18:01
Le mois de septembre est statistiquement propice aux naissances. Un moment fort pour les nouveaux parents qui peuvent toutefois parfois craindre de ne pas être à la hauteur. Pour France-Soir, le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer explique d'où viennent ces craintes et comment les surmonter.
©Fred Dufour/AFP
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Rodolphe Oppenheimer, édité par la rédaction

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D’après les statistiques de l’institut national des études démographiques INED, le mois de septembre sera marqué par un pic de naissance en France, le 23 septembre étant le jour de l’année où naissent le plus de bébés.

C’est donc le temps idéal pour parler d’un sujet qui concerne tous les nouveaux et futurs parents: les angoisses liées à l’arrivée d’un nouveau-né. De quoi ont-ils peur? Pourquoi ont-ils peur? Et comment faire face à ces peurs?

> Les angoisses des futurs parents: légitimes ou irrationnelles?

Devenir parent est sans doute un grand changement, surtout quand c’est la première fois. Tant de choses se passent durant la grossesse, pendant l’accouchement et après la naissance. L’expérience est nouvelle et difficile aussi bien pour la maman qui porte le bébé en elle que pour le papa qui n’a que son imagination pour essayer de comprendre ce qui se passe.

Les peurs des futurs parents sont en bonne partie légitimes. C’est tout à fait normal de stresser face à cette situation nouvelle qu’est la naissance d’un bébé. Elles peuvent aussi être irrationnelles. Ce qui est encore normal, puisque l’on ne peut pas être totalement logique face à l’inconnu. Mais parfois, les angoisses des futurs parents sont liées à des incertitudes, peurs et blessures du passé. C’est le cas quand le parent qui ressent ces angoisses a grandi dans un environnement familial déséquilibré, qui manque d’amour et d’affection ou même de la présence d’un parent. C’est la peur de devenir comme notre "mauvais" père ou "mauvaise" mère et de faire vivre à notre enfant ce que nous avons vécu.

Voir aussi - Phobie scolaire: comment l’identifier et la traiter?

En général, c’est donc tout à fait normal de se poser des questions: serai-je à la hauteur? Serai-je capable d’aimer mon enfant? Que deviendra ma vie de couple? Ces questions mèneront à d’autres, sensées et insensées, et l’angoisse peut devenir nuisible aussi bien pour le bébé que pour les parents. Comment donc dompter ses peurs et vivre l’agréable expérience de devenir parent?

> Reconnaître et accepter ses angoisses

On a l’habitude d’appréhender les angoisses de la maman et de les justifier. Après tout, le bébé grandit en elle avec toutes les influences que cela peut avoir sur son corps et son esprit: sautes d’humeur, prise de poids, nausées, douleurs, désagréments, etc. Mais on parle beaucoup moins des angoisses des papas.

Un homme n’a pas peur de devenir responsable comme on le présume souvent, mais de ne pas réussir à être responsable, à assurer la sécurité émotionnelle et financière de sa famille. Il a aussi peur de ne pas savoir agir lors de l’accouchement, de ne rien pouvoir faire pour apaiser les désagréments de sa femme enceinte, de ne pas savoir prendre son bébé ou de lui faire du mal, de ne pas pouvoir se lier avec son enfant et l’aimer. Il vit tant de peurs similaires à celles de la maman, conjuguées à celles qui lui sont propres.

Lire aussi: Comment interpréter et répondre aux questions des enfants?

La première astuce pour combattre les angoisses des futurs parents est de les accepter. Légitimes ou irrationnelles, elles sont bien réelles et pesantes. Il faut en parler à ses proches et amis, idéalement ceux qui sont déjà parents et qui peuvent donc vous conseiller, et s’il le faut à un spécialiste. Il n’y a pas que le gynécologue, mais aussi le pédiatre, la consultante en lactation, le psychologue, etc.

> Trouver des réponses et des solutions

Ce n’est pas le fait de se poser des questions qui est stressant, mais de ne pas obtenir des réponses. Que vos angoisses soient liées à l’accouchement qui arrive dans quelques semaines ou au retour au travail de maman d’ici une année, essayez de trouver des réponses à vos questions et de penser à des solutions :

- Suis-je prêt à devenir parent? Serai-je à la hauteur?

Personne ne nait avec des compétences incroyables de parentalité et aucun parent n’est parfait. Tous ces parents "parfaits" sont passés par le même stade que vous, se sont posés des questions, ont fait des erreurs, ont appris des choses et se sont améliorés avec le temps.

- Vais-je me lier avec mon bébé et l’aimer?

C’est parfois difficile pour un futur papa de réaliser l’idée pleinement et de se sentir connecté à son bébé. C’est apparemment plus facile pour une maman parce qu’elle vit la grossesse physiquement. Mais ce n’est pas toujours le cas, et cette connexion déjà formée se brise parfois à cause du "baby blues" ou même de la dépression post-partum. Que vous soyez futur papa ou future maman, sachez que tout s’arrange et qu’on finit (très rapidement) par aimer nos enfants plus que tout au monde.

- Serai-je capable de supporter (financièrement) ma famille?

C’est une question légitime que se posent les futurs parents, surtout les pères. Or la meilleure réponse est de planifier le futur de votre bébé, et le vôtre évidemment, ensemble. Vous pouvez même faire appel à un conseiller financier ou un organisme spécialisé pour élaborer votre budget.

Donner naissance à un bébé, à un être humain, est un vrai miracle. Ne laissez pas les angoisses et les peurs vous empêcher de vivre la joie de devenir parent. Rappelez-vous que la médecine a beaucoup évolué et qu’il y a des experts dans tous les domaines pour vous aider à devenir un bon parent.

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (https://psy-92.net/). Ses deux derniers ouvrages, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) et Se libérer des troubles anxieux par la réalité virtuelle (Ed. Eyrolles) sont disponibles en librairie.

Devenir parents peut provoquer des peurs qu'il faut savoir dépasser.

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