Déconfinement : l’impossible retour en arrière…

Déconfinement : l’impossible retour en arrière…

Publié le 04/05/2020 à 12:03 - Mise à jour à 12:04
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Auteur(s): Xavier Brunschvicg pour FranceSoir

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POINT DE VUE : Le Gouvernement menace de repousser la date du 11 mai pour le déconfinement si toutes les conditions ne sont pas remplies. Cette menace est-elle crédible ou est-ce un aveu d’impuissance ?

Le 28 avril dernier, devant l’Assemblée Nationale, Edouard Philippe a dévoilé le plan de déconfinement prévu pour le 11 mai prochain. Il annonçait également que cette date pourrait être repoussée si certaines conditions n’étaient pas remplies et si les Français faisaient preuve de relâchement. Olivier Véran a rappelé lui aussi ce week-end que le déconfinement n’était pas acquis. Cette menace est-elle crédible ou s’agit-il simplement d’une piqûre de rappel pour maintenir la pression ?

cette menace n’est tout simplement pas crédible et il paraît très improbable que le Gouvernement fasse marche arrière. Et ce pour 4 raisons.

Un risque d’explosion sociale.
Le confinement a été une rude épreuve, en particulier pour les catégories sociales les plus défavorisées. L’annonce du déconfinement a permis de relâcher la pression en offrant une perspective, un espoir. Repousser cette date, c’est prendre le risque de rompre ce consentement au confinement. Les Français ont joué le jeu, mais cela ne vaut qu’un temps. Le confinement ne peut être que transitoire et déjà, des signes de relâchement apparaissent. Cette situation sera aggravée par les images des autres pays européens qui, pour beaucoup, ont déjà entamé leur déconfinement. Le risque d’émeutes et d’explosion sociale ne peut être écarté.

Un risque de comportements individualistes délétères.
Le confinement est un dispositif prescriptif, contraignant et collectif. Il implique le consentement et la participation active de la population. Si le déconfinement est repoussé, on risque de voir se multiplier des comportements individuels irresponsables et dangereux pour la collectivité. C’est le syndrome du passager clandestin. Il suffit que quelques-uns ne respectent pas les consignes pour que tous les bénéfices de l’effort collectif soient réduits à néant.

Un prix à payer, économique et sanitaire, beaucoup trop élevé.
Le confinement, circonscrit dans le temps, a incontestablement permis de sauver des dizaines de milliers de vies. Mais, son prolongement pourrait entraîner un nombre de morts bien plus élevé encore. Combien de malades chroniques qui n’ont pas été correctement suivis et dont l’état de santé s’est gravement détérioré ? Combien de malades du cancer qui n’ont pas pu observer leurs traitements ? Combien de dépistages de maladies diverses qui n’ont pu être réalisés et dont la prise en charge tardive constitue un risque vital pour les malades ? Combien de personnes en grande détresse psychologique ? Quant aux effets du confinement sur l’économie, ils sont ravageurs. Ses conséquences seront violentes en termes de chômage et de pauvreté dont on connait l’impact sur la santé mentale et physique des populations.

Repousser le déconfinement constituerait un aveu d’échec pour le Gouvernement.
Si le déconfinement est repoussé, cela signifiera que le Gouvernement a failli. Les commentateurs mettront en cause le manque de masques et de tests, l’impréparation du Gouvernement, les consignes contradictoires… Alors que la crise de confiance entre la population et le pouvoir est à son paroxysme, il est fort peu probable que le Gouvernement veuille assumer un tel échec qui achèvera de le décrédibiliser.

Alors pourquoi brandir une telle menace si personne n’y croit ?

Il s’agit en réalité d’une piqûre de rappel pour maintenir la pression et, quelque part, d’un cri de désespoir du Gouvernement. C’est la dernière cartouche…

 

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