
Qui veut la peau de Bernard Thibault ?
Menaces, pressions, exactions…
Isabelle Horlans, le vendredi 23 novembre 2007 à 05:00
Bernard Thibault n’est pas homme à se plaindre, encore moins à s’épancher sur ses joies et soucis intimes. Une allusion à sa famille ou à son train de vie le met en boule. Quant aux menaces dont il est la cible, pas de commentaire, il ne s’agit que des aléas du quotidien d’un leader syndicaliste. « Voyez Chérèque, lui aussi s’en prend plein le nez », minimise-t-on. Certes le secrétaire général de la CFDT n’est pas à la fête, mais personne encore n’a poussé l’attaque jusqu’à son domicile. Bernard Thibault, lui, a des raisons de s’inquiéter. D’où l’armada de gardes du corps qui ne le lâchent plus et qui sourient (nerveusement) deux fois par an.
Sur le pavé, on les sent limite agressifs. A leur décharge, le boss a des ennuis. Il y a d’abord eu l’épisode de la tête de porc aimablement déposée sur le pas de sa porte. Il y a eu les lettres d’intimidation. Et, plus grave, son chat a été égorgé récemment. La police, saisie de l’affaire, ne pense pas qu’il s’agisse de l’acte isolé de voyous du quartier.
Motus et bouche cousue
Une chape de plomb s’est abattue sur ces incidents. La symbolique est pourtant violente. Le sujet reste tabou, y compris dans la presse. Seul le député européen Jean-Louis Bourlanges (UDF-ADLE) a fait une allusion à la mort du chat, sur France Culture, dimanche 18 novembre : « J’ai été horrifié par l’idée que ce pauvre Thibault avait eu son chat égorgé… Cela prouve un degré de haine de la part de certaines personnes qui est assez préoccupant. » Aucune réaction dans le studio. « Beaucoup de Français ont été horrifiés par ce crime », ajoute le député.Beaucoup de Français ? Comment être atterré par un geste dont ils n’ont pas eu connaissance ? « L’info n’intéresse personne, rétorque-t-on à la CGT, elle est du domaine privé ! » Comme les menaces de mort, « qui ne sont pas vraiment des menaces de mort ». Quoi alors ? « C’est pour lui faire peur. » Au siège de la CGT, à Montreuil, l’attaché de presse Jacques Delallée relaie la consigne : « On ne collabore pas à un article sur la vie de Bernard Thibault. »
« La trahison engendre la violence »
Une attitude qui attise la curiosité. « Non, il n’a rien à cacher, assure l’un de ses proches, c’est juste un homme discret dévoué à une cause qui, elle seule, mérite l’attention des médias. » Rien à cacher, soit. Et surtout pas cette fameuse paire de chaussures à 500 euros qu’il n’a jamais portées. Depuis des mois, la rumeur lui prête des signes extérieurs d’une richesse puisée dans le trésor de guerre de la CGT. Pas son genre, pour ceux qui le connaissent. Sous couvert d’anonymat, on reconnaît cependant qu’il est au moins « victime d’une campagne insidieuse de dénigrement. Une poignée d’extrémistes veut le pousser vers la sortie avant la fin de son mandat en 2009 ».
Pas sûr qu’il s’agisse d’un simple groupuscule incontrôlé. Une partie de la base ne lui fait plus confiance, « pas seulement à cause de sa position dans le conflit sur les régimes spéciaux, explique un avocat de cégétistes. Le divorce est depuis longtemps consommé ». Il remonterait à 2001 quand les « LU » se débattaient pour conserver leur emploi chez Danone. « A Évry, on prévoyait 420 licenciés. Thibault habitait à côté, il n’avait qu’un pont à traverser pour les encourager. Il n’est pas venu. Pourquoi s’étonner de ce qui lui arrive ? La trahison engendre la violence, voilà tout… »
Combien de temps résistera-t-il aux pressions ? Dans les hautes sphères de la CGT, où la grogne gagne aussi du terrain, certains jugent sa position intenable. Si insupportable qu’il ne fait aucun doute que Bernard Thibault jettera le gant avant 2009. Seuls les plus fidèles, conduits par le secrétaire confédéral Jean-Christophe Le Duigou, jurent que le patron ne démissionnera pas.
Thibault en quelques dates
Bernard Thibault est né à Paris le 2 janvier 1959, dans une famille originaire du Morvan. Quinze ans plus tard, il entre au centre d’apprentissage de la SNCF de Noisy-le-Sec et décroche un CAP de mécanique générale. Embauché au dépôt de la Villette, il adhère un an plus tard à la CGT, qui lui confie la responsabilité de la commission des jeunes. A 24 ans, il est élu secrétaire des cheminots CGT Paris-Est.
Consigne de vote
Les grèves de 1986 vont asseoir son autorité. En 1987, il entre au PCF et intègre le bureau fédéral des cheminots CGT. Dix ans s’écoulent, le héraut du grand conflit de 1995 est récompensé par son admission au bureau confédéral. En 1999, consécration au 46e congrès : il succède à Louis Viannet à la tête de la puissante confédération. Il prend ses distances avec le PCF.
Le XXIe siècle sera moins clément. Des adhérents lui reprochent de ne pas assez les soutenir. L’enquête sur les comptes du comité d’entreprise d’EDF, qui paierait sa secrétaire, sème le trouble. Survient enfin l’affaire du référendum de 2005 : Thibault se refuse à donner une consigne de vote, il est désavoué par le conseil national qui recommande de voter non à la Constitution européenne.
Palace cannois
En mai 2007, il prête le flanc à de vives critiques lorsqu’il monte les marches du Palais des festivals à Cannes. Invité par le président Gilles Jacob, il fête simplement la 60e édition d’une manifestation que son syndicat a contribué à créer. Robert Hue l’y avait précédé, sans susciter autant de commentaires. Les grincheux affirmeront même que sa nuit dans un palace cannois, payée « un demi-smic », l’a été par le CE d’EDF. Un coup bas : c’est le festival qui l’avait invité, nourri et logé. Depuis, on l’a vu, sa vie ne s’écoule pas comme un fleuve tranquille. Bernard Thibault est l’auteur d’un passionnant ouvrage intitulé Ma voix ouvrière, paru chez Stock en 2004.
La sciatique qui pourrit sa vie
On l’a comprise, la règle dix fois répétée en deux jours : on ne parle pas de la vie de Bernard Thibault. Ni des menaces, ni de ses douleurs dorsales, qui relèvent pourtant du secret de Polichinelle. Qui, l’ayant approché, ne l’a pas vu d’un coup se contracter, voire s’éclipser d’une manifestation qui venait de débuter, comme mardi dernier. Les mauvaises langues soulignent qu’il ne marche jamais jusqu’au bout parce que ça l’ennuie.
La cause de ses « défections » est autrement plus sérieuse. Le secrétaire général souffre d’une sciatique chronique très invalidante. Les traitements et les séances de kinésithérapie ne suffisent plus à le soulager. Parfois il ne peut même pas sortir de chez lui. Ses absences seraient de plus en plus fréquentes, au point de lui être reprochées à Montreuil. Ses fidèles, eux, espèrent juste que sont état de santé, effectivement préoccupant, n’écourtera pas son mandat.
Retrouvez l'ensemble du dossier dans les pages FranceSoir
Edition France Soir du vendredi 23 novembre 2007 n°19652 page 2


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Vos commentaires
Le Président de la République est médiatisé comme aucune vedette du show bizz ne l'a jamais été, toujours son meilleur profil et le Secrétaire Général de la CGT est jeté en pature.
1/ Krazu habitait un HLM parisien, il était connu de tous dans le quartier. Au début des années 80, il avait reçu beaucoup de menaces à son domicile. J'ai fait partie des adhérents de la CGT qui ont été "monter la garde" devant chez lui. Henri avait toujours un petit mot pour nous remercier. Un soir, voyant que j'étais malade, il m'a fait monter chez lui pour boire quelque chose de chaud et a demandé que je sois remplacé.
2/ Cela m'amène à la deuxième anecdote. Etant entré chez Krazu, je peux témoigner qu'il ne vivait pas dans un palace. L'appartement était comme tous les appart' en HLM. A une différence près : le nombre de livres et de disques ! Je me suis rendu compte ce soir-là que Krazucki était à la fois un homme simple et un homme très cultivé. Cela n'a pas empêché quelques journalistes complaisants de faire des papiers sur "l'HLM de complaisance de Krazucki" en 1986 ! Il s'agissait alors d'allumer un contrefeu aux premières affaires qui sortaient sur la gestion de la Ville de Paris par un certain Chirac...
Aujourd'hui, Thibault est attaqué ainsi parce qu'il a pris ses responsabilités dans leconflit des régimes spéciaux : il a évité l'enlisement de la grève tout en obligeant Sarkozy a reconnaître que les cheminots et les traminots ne sont pas des nantis.
gib
Vas y Bernard!!! N...E les!
Arrêtez la calomnie, allons au fond des problèmes. Mettons "sur la table" les richesses créées par les Travailleurs, comment, pourquoi et pour qui elles sont utilisées, et luttons pour un monde meilleur.
Je salue fraternellement mon Camarade Bernard THIBAULT, tout en rappelant qu'à la CGT il n'y a pas de "chef" et que les décisions sont collectives et démocratiques...
"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent".
ces derniers jours .Je suis trés fière d'avoir un secrétaire Général ayant du carisme devant le gourvernement et pour moi il obtiendra sastifaction pour les négociations actuelles et futurs.Bernard je te salue fraternellement.
Pour chaque député non réélu les Français devront payer :
- les 6 premiers mois 100% de l'indemnité 32 401,92 € soit 5400€ /mois
- les 6 mois suivants 70% de l'indemnité 22 681,34 € soit 3780€ /mois
- les 6 mois suivants 60% de l'indemnité 19 441,15 € soit 3240€ /mois
- les 6 mois suivants 50% de l'indemnité 16 200,96 € soit 2700€ /mois
- les 6 mois suivants 45% de l'indemnité 14 580,86 € soit 2430€ /mois
- les 6 mois suivants 40% de l'indemnité 12 960,76 € soit 2160€ /mois
- les 6 mois suivants 35% de l'indemnité 11 340,67 € soit 1890€ /mois
- les 6 mois suivants 30% de l'indemnité 9 720,57 € soit 1620€ /mois
- les 6 mois suivants 25% de l'indemnité 9 100,45 € soit 1516€ /mois
- les 6 mois suivants 20% de l'indemnité 6 480,38 €, soit 1080€ /mois et à l'issue des 5 ans , ils percevront "à vie" ce traitement.
Donc des pompes à 500 euros ont s'en fout .
Des preuves SVP
Pauvres MÉDIAS, A la recherche de l'argent et aux bottes du Pouvoir !
Et vous connaissez des gens irréprochables? Vous êtes irréprochables?
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