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Dossier - La gastro débarque

Responsable de 50.000 hospitalisations par an en France, 360.000 malades en 15 jours.

Isabelle Horlans, le mercredi 5 décembre 2007 à 05:00

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Une gastro ? Pfuiit, c’est pas grave ! Vrai, à trois conditions : consulter dans les meilleurs délais, hydrater son bébé, protéger sa vieille mamie. Car de la gastro, on peut quand même mourir…

La nouvelle est tombée hier matin, assez discrètement : la traditionnelle épidémie de gastro-entérite effectue un retour en fanfare, avec 332 cas la semaine dernière pour 100.000 habitants. Pour info, le seuil hebdomadaire à ne pas dépasser est fixé à 267 patients. Au-delà, l’Institut de veille sanitaire et son réseau Sentinelles, animé par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), sonne l’alarme. Ce qui fut fait mardi. Car, même si l’on reste loin du chiffre atteint fin 2006, 500.000 malades à la veille des fêtes, la gastro demeure un problème de santé préoccupant. Il y a encore 4 millions d’enfants qui en meurent chaque année dans le monde. Un chiffre qui ne concerne que les pays en voie de développement !

En France, la mortalité n’est pas négligeable : 45 à 80 décès annuels, liés à de graves complications et, surtout, à de sévères déshydratations, parmi les 50.000 individus hospitalisés. D’où l’importance de prévenir la contagion et de réagir dès les premiers symptômes (lire par ailleurs). « Toute la France est concernée, plusieurs zones sont déjà atteintes, confirme le Dr Thierry Blanchon, coresponsable du réseau. Mais ce sont surtout le Nord et l’Est qui sont touchés. »

« Un adulte a 24 heures pour réagir »

« La population la plus vulnérable, ce sont les bébés et les personnes âgées, explique le Dr Elisabeth Forget qui a diagnostiqué une dizaine de gastro-entérites sur la seule journée de lundi dans la Marne. Nous en avons toujours à cette période mais là, oui, on constate une accentuation du phénomène. » Les adultes attendent souvent pour consulter : « Le problème, c’est que les symptômes de la gastro d’origine virale sont les mêmes que ceux d’un coup de froid, que l’on appelle aussi grippe intestinale, ou d’une intoxication alimentaire. On attend en se disant que ça va passer. Dans le cas d’un adulte en bonne santé, il vaut mieux réagir dans les 24 heures, surtout si on passe une nuit aux toilettes. »

La plupart des gens se rétablissent en trois jours. Pour l’instant, les plus concernés par l’épidémie sont des enfants, en majorité des garçons. Sept régions ont dépassé le seuil épidémique dimanche 2 décembre 2007, la Lorraine remportant le pompon avec 777 cas pour 100.000 habitants.

 


Une petite saleté aux causes multiples


La gastro-entérite est une vilaine rencontre que l’on croise généralement une fois par an. Et, à chaque fois, on se pose la question : d’où vient-elle ?

En fait, de partout. Car il existe malheureusement plusieurs sortes de gastros. D’où le danger : l’intensité des symptômes varie selon la cause.

Si l’on parle d’épidémie comme aujourd’hui, l’origine est virale : les virus – il en existe diverses catégories (Norwalk, rotavirus, norovirus pour citer les plus connus) – se logent dans les intestins et y restent entre deux et trois jours. Les risques de contagion sont importants à partir du moment où les symptômes débutent et jusqu’à 48 heures après leur disparition. Les virus attaquent généralement l’hiver, souvent dans cet ordre d’apparition : au Canada, aux Etats-Unis, en Europe.

La gastro-entérite peut être d’origine bactérienne et survient alors en toute saison. La bactérie, en fonction de son petit nom, va jeter son dévolu sur différents aliments. Par exemple, l’escherichia coli apprécie le bœuf haché peu cuit et les légumes verts. Et la vibrio vulnificus préfère les huîtres fraîches.

Attention enfin aux micro-organismes qui provoquent une gastro de type intoxication alimentaire. Ils se trouvent dans l’eau et la nourriture. Pour les neutraliser, bien cuire les viandes, rincer les fruits et légumes consommés frais, bien nettoyer les ustensiles de cuisine et manger de préférence des produits laitiers pasteurisés.

 


Prévention : une hygiène rigoureuse


Si vous devez l’avoir, vous l’aurez. Néanmoins, pour tenter de parer l’attaque, lavez-vous les mains fréquemment, avec soin. Et ne touchez personne !

La bise aux collègues de bureau ? On oublie. Qu’on se le dise : en cas d’épidémie de gastro, notre pire ennemi, c’est le contact ! En quelques heures, nos mains deviennent un redoutable vecteur de transmission de la maladie. Or nos mains traînent partout… Sur notre visage (d’où l’arrêt momentané des bisous, surtout à son enfant), sur les surfaces communes (WC, cuisine, salle de bains) que deux catégories de virus très résistants squattent avec bonheur, et sur les aliments. Par précaution, en période de « crise », il est sage de préparer les repas avec des gants à usage unique. Une mesure à appliquer plutôt deux fois qu’une dans les collectivités.

Quelques conseils précis

– Le nettoyage des mains au savon doit être fréquent et soigneux. Sensibilisez vos enfants qui ont tendance à rechigner au-delà de quatre ou cinq lavages par jour.
– Laver les vêtements souillés par les diarrhées ou vomissements avec un javellisant au chlore dont vous aspergerez aussi toilettes, lavabos, plan de travail, etc.
– Avec le malade, ne partagez rien ! Ni ustensile de cuisine, ni serviette de bain, ni brosse à dents et, surtout, comme déjà précisé, ne l’approchez pas. Sauf si c’est le bébé qui est souffrant… Dans ce cas, lavez-vous les mains deux fois plus, surtout après les changements de couche.

 

Retrouvez l'ensemble du dossier dans les pages de FranceSoir 

Edition France Soir du mercredi 5 décembre 2007 n°19662 page 2

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1 commentaire

Vos commentaires

Benoît Lebeau, le jeudi 6 décembre 2007 à 09:56
Votre article est très informatif et assez complet. Je pense cependant qu'il aurait été intéressant de citer les différentes sources de contamination pour les virus entériques et qu'il existe aujourd'hui des outilsde diagnostics moléculaires permettant de maitriser et prévenir ces risques (voir le site www.ceeram.fr)

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