
Santé - Plus de 60 % des médicaments vendus par les pharmacies en ligne sont des faux
Christophe-Emmanuel Lucy, le mercredi 2 juillet 2008 à 04:00
Un risque patent
Parmi les médicaments contrefaits d’origines multiples et variées figurent des molécules prescrites dans le traitement des maladies graves à l’image des affections cardio-vasculaires et respiratoires, les troubles neurologiques et les maladies mentales.
Face à la multiplication d’officines illégales en ligne, véritables antennes de la criminalité organisée, le risque de voir des médicaments contrefaits atteindre les patients est patent. Les internautes pas ou peu conscients des conséquences potentiellement mortelles de l’achat en ligne de médicaments multiplient leurs commandes, sans ordonnance ni consultation d’un professionnel de santé.
Le consommateur ne maîtrise ni le process, ni les éléments constitutifs des produits qu’il reçoit et ignore si les remèdes réceptionnés sont bénéfiques pour sa santé. En 2007, les saisies opérées dans ce domaine par les douanes ont progressé de 50 % par rapport à l’année précédente.
La mort en ligne ?
Peu économes de leurs efforts, les auteurs du rapport ont procédé à une analyse approfondie de plus d’une centaine de pharmacies en ligne et commandé des médicaments sur ordonnance couramment utilisés. Tous ces médicaments leur ont été livrés sans avoir eu besoin de joindre le moindre certificat médical.
A la lueur des analyses visuelles et chimiques des médicaments délivrés via Internet, il est apparu que le risque de recevoir un médicament de contrefaçon ou de qualité inférieure s’élève à 60 %. Seuls 38 % des médicaments réceptionnés se sont avérés d’authentiques produits de marques, 16 % étaient illégaux (produits importés illégalement dans l’Union européenne depuis un pays extérieur à la Communauté) et 33 % n’étaient pas accompagnés de leur notice.
Pour lutter contre ce fléau, lié à la criminalité organisée, le rapport préconise que les moteurs de recherche les plus usités éliminent des résultats de recherche les pages Web qui proposent des médicaments de contrefaçon.
Une charte éthique européenne
Depuis le 1er juillet 2008, les entreprises européennes de la santé adhèrent à un code de déontologie censé régir les relations entre les patients et les associations qui les représentent et favoriser les droits des malades.
Mise en place par les entreprises du médicament, cette charte s’articule autour de principes fondamentaux comme l’indépendance des associations, l’absence de promotion pour les médicaments qui doivent être délivrés sur ordonnance, ou encore la diversité des modes de financements des associations.
Edition France Soir du mercredi 2 juillet 2008 n°19838 page 2




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