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Entretien - Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants

Propos recueillis par Maud Guillaumin, le lundi 14 juillet 2008 à 04:00

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Le secrétaire d’Etat chargé de la Défense et des anciens combattants, transfuge du PS, revient sur les critiques émises par certains militaires concernant la réforme de l’armée.
FRANCE-SOIR : Pour les militaires, c’est un 14 juillet un peu particulier. La présentation prochaine de la carte militaire inquiète en effet beaucoup la « grande muette ». Quel est votre sentiment ?
J-M Bockel. La plupart des cadres et des militaires ont compris le sens et l’utilité de la réforme, même ceux qui la critiquent. La majorité pense d’ailleurs que c’est une bonne réforme. Mais supprimer 54.000 postes, cela se traduit par des suppressions de régiments. Ce n’est neutre ni pour les militaires concernés, ni pour les communes. Je comprends les inquiétudes des élus : en tant que maire, j’ai également vécu le départ d’un régiment. Notre travail avec Hervé Morin et Hubert Falco, c’est de proposer une aide, des fonds de restructuration à ces communes.

Les élus de 128 communes de Moselle ont annoncé leur intention de démissionner en bloc. Comment prenez-vous cette menace ?
Pour moi, c’est un appel au secours. Ils protestent contre le possible départ de Dieuze du 13e régime de Dragons parachutistes. Des parachutistes dont les déplacements sont très coûteux et lourds. Or il est impératif de mutualiser certains moyens, y compris au niveau des états-majors. Quatre états-majors, c’est beaucoup trop : nous devons développer les forces interarmées. De plus, l’organisation actuelle de notre armée est obsolète. En effet, la professionnalisation est passée par là… Il fallait donc tout revoir. C’est l’objectif du Livre blanc, fruit d’un travail collectif de neuf mois.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de vouloir baisser la garde ?

Tout l’enjeu de la réforme est au contraire de moderniser notre défense pour qu’elle dispose des moyens nécessaires à ses missions : c’est pourquoi cette réforme se fera sans baisse du budget de la défense. Je suis colonel de réserve : je m’intéresse depuis toujours à l’armée et aux soldats. Ce sont des gens engagés, mus par un idéal. La réforme vise à moderniser les équipements souvent anciens et à améliorer les conditions des militaires.

Nicolas Sarkozy n’a pas rendu visite au contingent français de la Finul en poste au Liban et cela a été mal vécu. En ces temps difficiles avec l’armée, n’aurait-il pas été préférable de faire un geste envers les militaires ?
Cette déception a prouvé l’attachement des troupes envers le Président. Mais il ne faut pas croire que le chef de l’Etat soit réticent vis-à-vis de l’armée. Il l’a prouvé au Tchad lors du dîner organisé avec les troupes, dans le grand hangar, où il s’est rendu avec son épouse. C’était un moment très fort, très chaleureux. Il ira donc visiter les militaires de la Finul. Mais il raisonne sur cinq ans !

Autre sujet de tension : la visite de Bachar al-Assad. On évoque le dépôt « sauvage » par certains soldats d’une gerbe en hommage aux militaires français décédés dans un attentat imputé au régime syrien en 1983 ?
La conception euroméditerranéenne que promeut Nicolas Sarkozy se fonde sur une stratégie géopolitique avec l’idée de renforcer la paix et faire reculer le risque de guerre. Tout le monde peut comprendre que si l’on ne s’appuie que sur des démocraties apaisées, on manquera de partenaires pour bâtir pas à pas l’Union pour la Méditerranée. Il est nécessaire de parler avec tout le monde. Et à l’occasion de la fête nationale, on n’allait pas faire une sélection parmi les chefs d’Etat invités au sommet. Mais je tiens à le souligner, la réconciliation n’est en aucun cas l’oubli.

Edition France Soir du lundi 14 juillet 2008 n°19848 page 5

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