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Entretien - René Pallincourt, président de la Fédération nationale de l’immobilier

Propos recueillis par Samantha Lille, le vendredi 18 juillet 2008 à 04:00

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Suite au rapport de l'INSEE sur le logement en France, le président de la FNAIM analyse les nouvelles priorités des acheteurs.

FRANCE-SOIR. La taille moyenne des logements a-t-elle réellement augmenté ?
RENÉ PALLINCOURT.
La réponse diffère selon la catégorie des habitations. Les ménages les plus modestes ne voient pas la superficie de leur maison s’accroître. Au contraire, elle diminue pour les logements de basse et moyenne gamme. Le phénomène s’inverse pour les appartements de classe supérieure. Cependant, ils ne représentent qu’une petite part du marché immobilier. En revanche, avec la colocation, les jeunes peuvent se permettre d’avoir plus d’espace. Avant, ils avaient tendance à louer des studios, aujourd’hui ils s’installent à deux ou trois pour avoir un appartement plus grand avec une pièce commune et plusieurs chambres.

Maison ou appartement, quel type d’habitat les Français préfèrent-ils ?
On vend plus de maisons que d’appartements sur l’ensemble du territoire national. Dans les zones urbaines, on vend beaucoup d’appartements alors que dans les zones rurales les maisons sont très largement majoritaires, ce qui est assez logique. En périphérie urbaine, ils sont de plus en plus nombreux à privilégier les maisons. En France, tout le monde rêve d’être propriétaire d’une maison avec un petit morceau de jardin.

Quels sont les critères privilégiés par les acheteurs ?
La localisation et les éléments de confort sont les critères le plus souvent mis en avant par les candidats à l’accès à la propriété. Ils ont un choix très ciblé pour les biens immobiliers à proximité des transports en commun. Ils sont aussi de plus en plus sensibles à la qualité du logement en matière de performances énergétiques, d’ensoleillement et d’aménagement des cuisines et salles de bains.

Plus de propriétaires veut-il dire plus de crédits ?
C’est vrai qu’il y a une volonté marquée des Français d’accéder à la propriété. Il y a cinq ans, on était à 52-53 %, en 2008 on doit être à 57-58 % de propriétaires et cela va probablement encore augmenter. Or le niveau d’endettement n’a pas évolué, aujourd’hui il doit être à peu près équivalent à 28 % du revenu des ménages. C’est en partie dû au fait que les banques sont devenues plus exigeantes en matière d’octroi des crédits.

Existe-t-il toujours un « stock » de logements ?
Ces derniers temps, il y a un ralentissement assez net de l’activité. L’offre est plus abondante que la demande, donc le stock a pu se reconstituer peu à peu. Le raccourcissement de la durée pour le remboursement des emprunts, les problèmes de liquidités des banques, les conséquences psychologiques de la crise des subprimes dans certains pays européens, le coût des matières premières sont autant de facteurs qui poussent les acheteurs à se méfier.

 


La pierre, une valeur toujours refuge ?

Après une hausse fulgurante de l’ordre de 123 % sur la période comprise entre 1998 et 2006, la hausse des prix de l’immobilier flirte désormais avec les 2 %.

A la lueur de la crise des subprimes, de l’élévation des taux de la BCE et de son corollaire, la « flambée » des coûts du crédit, le placement de bon père de famille a-t-il fait long feu ? Rien n’est moins sûr. La pierre demeure dans l’inconscient collectif une valeur refuge et, au regard de la situation du marché des actions et des obligations, un placement judicieux. Si une légère baisse avait été prévue pour l’année 2007 par le bureau de prévisions et les courtiers de prêts en ligne, les crédits devraient connaître une stabilisation autour de 4,65-4,70 % et ne pas dépasser la fourchette située entre 4,80 et 4,85 %.

Une accalmie en vue ?

Enregistrant leur premier recul en rythme annuel depuis la fin de la crise de 1998, le prix des logements anciens en France accuse une baisse de 3 % en moyenne dans l’Hexagone sur les six premiers mois 2008. Le coût de l’argent emprunté et l’allongement de la durée des crédits ne sont pas étrangers à cet état de fait.
Alors qu’une durée maximale de quinze ans constituait autrefois la règle, 56 % des Français empruntent aujourd’hui sur une durée de vingt ans ou plus. Confrontés à une précarité croissante et à une inflation peu ou non maîtrisée, les primo-accédants tentent d’optimiser leurs achats immobiliers, et jouent sur le coût d’acquisition et la surface des biens disponibles. N’en déplaise aux Cassandre, l’effondrement du marché de l’immobilier n’est pas d’actualité, mais celui-ci est sans nul doute appelé à se stabiliser.

 

Edition France Soir du vendredi 18 juillet 2008 n°19852 page 2

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