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Habitat - Le logement des Français s’améliore et s'agrandit… mais pas pour tous

France Soir, le vendredi 18 juillet 2008 à 04:00

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L’INSEE vient d’établir une véritable radiographie des appartements et maisons en France. La taille moyenne des quelque 43.000 habitations passées au crible s’élève à… 91 m2. Et le nombre de propriétaires ne cesse de croître : ils représentent désormais plus de 57 % des ménages.

Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es. L’Institut national de la statistique a répondu, mi-juillet, à cette question. Plus grand, plus agréable et plus confortable, telles sont les trois tendances majeures qui caractérisent le logement des Français selon une enquête que l’INSEE vient de rendre publique. Les statisticiens ont passé au crible 43.000 habitations, appartements ou maisons durant toute l’année 2006. L’étude dresse donc un tableau exhaustif, avec les derniers chiffres disponibles, du logement dans l’Hexagone. Et les conclusions de l’institut réservent quelques surprises.

Premier enseignement, « la superficie des maisons individuelles est en constante augmentation, alors que celle des appartements stagne depuis vingt-cinq ans », relève l’INSEE. La taille moyenne d’un logement se situe désormais à 91 m2, contre 82 m2 en 1984 ! Concrètement, les pavillons nouvellement bâtis sont plus spacieux. Le nombre de pièces des appartements varie peu, mais celles-ci sont plus grandes.

Sans surprise, mieux vaut résider à la campagne qu’en ville, la superficie par personne étant plus importante dans les communes rurales que dans les grandes agglomérations. De même, les propriétaires sont mieux lotis que les locataires. Enfin, ceux qui habitent les logements sociaux sont en général plus à l’étroit.

Chaque Français a gagné 10 m2

Un chiffre, en apparence paradoxal, pourra surprendre : « Une personne seule dispose en moyenne de 30 m2 de plus qu’un cohabitant ». Et plus l’âge avance, plus l’habitation est grande. Conséquence, explique l’enquête, « avec le vieillissement de la population, les personnes seules sont de plus en plus nombreuses. Il en résulte une augmentation de l’espace habitable par personne : plus de pièces et plus de superficie ». Ainsi donc, sur une période de vingt ans, chaque Français a en moyenne « gagné » 10 m2.

Grands espaces, très verts

Les heureux habitants d’un pavillon vont assurément s’attirer la jalousie des citadins. Et pour cause. Selon l’INSEE, actuellement « la moitié des maisons possèdent un jardin d’au moins 600 m2 ». De quoi faire rêver, d’autant que cette superficie, qui n’est qu’une moyenne, ne cesse de croître au fil des années. Surtout, elle ne prend pas en compte les garages ou vérandas, pas plus que les « terrains à usage professionnel », champs, bois ou forêts.

Le dernier élément étudié par les statisticiens concerne le rêve de beaucoup : l’accession à la propriété. « Une France de propriétaires » n’est pas qu’un slogan de campagne électorale. Car aujourd’hui 57,2 % des ménages sont propriétaires de leur habitation. « Nous nous situons dans la moyenne européenne, décrypte une analyste de l’INSEE. Les propriétaires sont plus nombreux en Espagne, mais moins en Allemagne. » Ces chiffres doivent être pris avec prudence, car environ 20 % des accédants à la propriété, soit un peu plus de 5 millions de ménages, n’ont pas encore terminé de rembourser leur crédit.

L’étude de l’INSEE décrit avec précision une réalité mais ne peut traduire le sentiment de satisfaction, ou non, de résider dans tel ou tel logement. En revanche, l’institut a interrogé les 43.000 ménages. Un sur quatre déclare souhaiter changer d’habitation. Rien d’étonnant que cette volonté de déménager soit surtout exprimée par ceux qui résident dans des immeubles en général et en habitat social en particulier. Mais la dure réalité s’impose et, crise du logement aidant, ce sont aujourd’hui les demandes de logement social qui explosent.

 


Encore trop de taudis

Habitat insalubre, chauffage inexistant et encore 350.000 logements qui manquent du « confort sanitaire de base».

« Si les conditions de logement s’améliorent, elles n’en rendent que plus insupportable la situation des mal-logés », remarque une analyste de l’INSEE en commentant la récente étude. « Surtout, ajoute-t-elle, encore de trop nombreux logements présentent des conditions de vie sommaires. » Premier point noir, le surpeuplement. Plus de 2,4 millions de ménages s’entassent dans des habitations trop exiguës. Concrètement, à deux, trois, voire plus dans 18 m2.
 
Quelque 350.000 logement manquent du « confort sanitaire de base » et, parfois, cumulent le défaut d’équipements. Ainsi, 270.000 habitations ne disposent pas de WC intérieurs et 210.000 n’ont ni baignoire ni douche. Bref, dans ce cas, cuvette et broc d’eau deviennent obligatoires. Pis, certains logements, un « petit nombre » selon l’INSEE, n’ont même pas l’eau courante ! Ces conditions que l’on peut qualifier de spartiates sont le quotidien de personnes seules, retraitées, vivant en milieu rural. Des citadins, bien qu’actifs mais « travailleurs pauvres », les endurent également.
 
Question chauffage, la situation est encore plus catastrophique : 1,6 million de logements n’ont aucun moyen de chauffage ou seulement des installations sommaires (telle une cuisinière chauffante). Plus inquiétant, plus de 1 million d’habitats présentent des installations électriques défectueuses, voire dangereuses.
Reste, pour tous les ménages, la plaie des nuisances sonores en tout genre. Un tiers des Français se plaignent du boucan de leur voisinage. Pour y remédier, quelques travaux d’insonorisation, bien que coûteux, sont bien plus efficaces que les bons vieux coups de balai au plafond.

 

Edition France Soir du vendredi 25 juillet 2008 n°19852 page 2

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