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Emploi - Attention aux abus du travail saisonnier oppourtun

Virginie Belle, Audrey Dreillard, le jeudi 14 août 2008 à 04:00

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Les 2 millions de contrats saisonniers signés en France sont autant d’occasions de découvrir des horizons professionnels multiples. Mais, attention, les abus restent nombreux. Et les sanctions sévères.

En France, où le tourisme est roi, de nombreuses opportunités professionnelles sont proposées dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration pendant les vacances d’été. Mais le secteur le plus gourmand en main-d’œuvre estivale reste de loin le monde agricole, qui embauche environ 800.000 personnes. Nombre d’étrangers viennent également pallier les difficultés de recrutement des secteurs en tension, environ 20.000, selon l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations.

Jusqu’en septembre pour les métiers liés au tourisme et jusqu’en octobre pour les cueillettes ou les vendanges, de nombreuses offres sont accessibles, même sans diplôme. Les saisonniers en quête d’emploi peuvent d’ailleurs orienter leurs recherches en Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur, où le manque de main-d’œuvre se fait cruellement sentir. Les centres de loisirs et de vacances, pour les titulaires du Bafa, sont également un bon créneau pour l’été. Nombre d’étudiants profitent de cette période pour épargner avant la reprise des cours, ou vivre une expérience professionnelle dans leur branche. Au total, 75 % d’entre eux ont une activité rémunérée pendant l’été, selon le Conseil économique et social.

Heures supplémentaires non payées

Si les expériences sont généralement positives, les saisons riment pour beaucoup avec précarité, abus… En effet, 25 % des employés déclarent n’avoir pas été rémunérés pour les heures supplémentaires effectuées, selon la CFDT.

D’autre non pas eu la chance de signer de contrat de travail et, enfin, quelques autres sont simplement dédommagés. On ne parle plus ici de travail mais d’exploitation. L’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale, organisme de l’Urssaf, s’est saisie du problème et « a décidé de frapper fort ». Elle vient de rendre publiques les nouvelles sanctions, particulièrement sévères, auxquelles s’exposent les employeurs indélicats (lire ci-dessous).

Pour toute personne non déclarée, par exemple, l’employeur devra s’acquitter de cotisations sociales calculées sur une base forfaitaire de près de 8.000 euros. De quoi ramener les patrons peu scrupuleux à la raison…

 


Marek, exploité par son employeur

 

Arrivé depuis peu en France, Marek, un jeune Slovaque, est tombé entre les mains d’un patron peu scrupuleux à La Rochelle


Les saisonniers sont parfois victimes d’abus de la part de leurs employeurs. L’exemple de Marek, relaté par le quotidien Sud-Ouest, est éloquent. Arrivé en début d’été à La Rochelle pour y poursuivre ses études à la rentrée prochaine, ce jeune Slovaque de 21 ans décide de chercher un emploi saisonnier afin de se faire un peu d’argent. Diplômé de l’académie hôtelière de Slovaquie, il trouve une place de serveur dans un restaurant de La Rochelle.
Pendant près d’un mois, le jeune homme va travailler douze heures par jour, sans repos, et sans qu’aucun contrat ne soit signé.
 
Au bout de la première quinzaine, il recevra la modique somme de… 350 euros ! Pis encore, lorsqu’un matin un inspecteur du travail débarque dans le restaurant, sa patronne ordonne à Marek d’aller se cacher dans la cave, où elle l’enferme à clef. Ereinté et en proie à une très faible tension, le jeune serveur finit par aller chercher de l’aide auprès de Force ouvrière en Charente-Maritime, sur les conseils d’un ami. Grâce au soutien du syndicat, qui l’a soutenu dans sa démarche juridique, Marek espère faire requalifier son départ en licenciement.

 

 

Edition France Soir du jeudi 14 août 2008 n°19875 page 2

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