
Consommation - Sur une année 4,1 % d’augmentation des prix
Christophe-Emmanuel Lucy, le vendredi 5 septembre 2008 à 04:00
A la lecture de l’enquête rédigée par le cabinet précité pour le compte de l’hebdomadaire spécialisé dans la grande distribution, les produits alimentaires de grandes marques ont moins augmenté que leurs équivalents en premier prix et en marque de distributeur. Ainsi, les premiers prix Winny chez Cora, Eco+ chez Leclerc ou Bien Vu chez Système U croissent de 6,5 % sur une année, les MDD (marques de distributeur) augmentent de 4,3 % et les grandes marques de 3,6 %.
A titre d’exemple, les amateurs de sucres lents encaissent de plein fouet la hausse du prix des pâtes premier prix qui a explosé de 50 % sur un an alors que le croissance du coût se « limite » à 22 % pour les MDD et les grandes marques.
Une responsabilité partagée
La baisse des cours de certaines matières premières agricoles semble avoir peu d’impact sur les prix dans les magasins, mais des distributeurs promettent des réductions dès l’automne, à condition que les fournisseurs acceptent de réviser leurs tarifs.
Les associations de consommateurs déplorent que le recul des prix des matières premières depuis juillet ne se répercute pas encore sur les étiquettes, dénonçant une hausse de plus de 4 % des prix alimentaires depuis le début de l’année. Selon les auteurs de l’étude, le coût des matières premières pèse davantage sur le prix des marques de distributeur et des premiers prix, alors que sur les grandes marques il se trouve dilué dans les coûts liés au marketing et au merchandising (mise en place sur les linéaires). Les prix des produits qui augmentent le plus sont aussi ceux qui, d’un mois à l’autre, varient le plus souvent. Mais, malgré le caractère spectaculaire de quelques hausses et de quelques baisses (cf. notre infographie en page 3), les variations restent, dans leur majorité, d’ampleur modérée selon les derniers relevés mensuels de prix effectués par l’INSEE sur cinq produits de grande consommation choisis comme exemples : la baguette, la bavette, les pâtes, le beurre et le lait.
Entre février 2007 et février 2008, les prix alimentaires croissent de 5 % en France et de façon similaire chez les principaux pays européens (+ 5,8 % pour la zone euro, + 6,6 % pour l’ensemble de l’Union européenne). La hausse est particulièrement forte pour les produits à base de céréales et plus encore pour les produits laitiers. Ainsi, pour le poste « lait, fromage et œufs », les prix augmentent en France de 9,8 % entre septembre 2007 et février 2008 alors même que la hausse n’avait été que de 2,1 % au cours des six années précédentes (septembre 2001-septembre 2007). Pour le poste « huiles et graisses », qui inclut le beurre, l’évolution est comparable.
Le nombre réduit des fortes hausses sur les produits de marque serait-il lié à leur impact psychologique négatif sur la clientèle ?
Une logique schizophrène
Les acheteurs attendent le meilleur des deux aspects du commerce actuel. D’un côté, nous sommes tous naturellement et potentiellement des chasseurs d’affaires et recherchons le meilleur rapport qualité-prix des produits ; de l’autre, nous comptons sur les distributeurs pour proposer un large choix de produits et marques de qualité équivalente (les marques distributeur) pour nous permettre de nous offrir ponctuellement notre extra favori.
Dans un environnement fortement concurrentiel, il devient crucial pour les distributeurs d’appliquer les tarifs appropriés aux marques. Etant donné que les commerçants accordent de plus en plus d’importance à la pratique des bas prix au quotidien ainsi qu’aux promotions, récession oblige, il devient primordial pour le fabricant d’utiliser des outils précis et adaptés pour positionner une marque sur les rayonnages.
Autopsie d’une baisse annoncée
La loi de modernisation de l’économie (LME), entrée en vigueur cet été, contribuera à ces baisses, selon les distributeurs, puisqu’elle autorise ces derniers à négocier plus librement les tarifs des industriels. Pourtant Carrefour, Système U et Intermarché vont plus loin, tablant sur des baisses dans leurs magasins dès cet automne.
Ils ont remis sur la table des négociations les contrats qui les lient aux fournisseurs, réclamant de meilleurs tarifs en raison de l’accalmie des cours du pétrole, du blé et du riz. Les baisses obtenues seront répercutées en faveur des consommateurs, promettent les enseignes.
Gageons qu’il ne s’agira pas d’un nouvel effet d’annonce. En début d’année, les fournisseurs de produits à base d’œufs, de riz, de blé ou de lait n’avaient-ils pas présenté, selon les distributeurs, des hausses de tarifs de plus de 10 % pour prendre en compte la flambée des cours agricoles ? Il se révèle indéniable que le marché de la distribution accuse une baisse en volume, il se trouve désormais confronté à une chute des prix inévitable s’il veut retrouver le chemin de la croissance.
IPC et inflation, un tandem indissociable
Edition France Soir du vendredi 5 septembre 2008 n°19894 page 2




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